Pornhub se lance dans les documentaires. Sérieux ?

Pour la pre­mière fois de son his­toire, le site Porn­hub va dif­fuser une vidéo non pornographique. Il s’ag­it de Shake­down, un doc­u­men­taire revenant sur le club de strip-tease du même nom, pen­sé avant tout pour les les­bi­ennes afro-américaines de Los Ange­les.

Porn­hub la plate­forme de vidéos pornographiques aux mul­ti­ples caté­gories (pas besoin de les lis­ter vous les con­nais­sez déjà non ?) voudrait-elle con­cur­rencer les chaînes Nation­al Geo­graph­ic ou Planète, voire Arte ? Pas la peine de ren­gain­er vos kleenex pour autant. Si le site cana­di­en annonce bien la dif­fu­sion en avant-première (et disponible en stream­ing gra­tu­it depuis le 4 mars) du pre­mier doc­u­men­taire non porno de son his­toire, il ne s’agit pas non plus d’un film sur l’architecture des Aztèques ou la cul­ture de la cour­gette au Sahara Occi­den­tal. Shake­down, le doc en ques­tion qui date de 2018, se passe dans un mythique club de strip-tease de Los Ange­les créé par et pour des les­bi­ennes afro-américaines.

Shake­down, ça sec­oue

Ce film s’attache à décrire l’histoire et les rap­ports unis­sant trois per­formeuses du club : Mahogany, l’ancienne, la mère de la scène, Egypt une des strip teaseuses, et Jazmyne la reine de Shake­down, que la réal­isatrice Leilah Wein­raub a suiv­ies pen­dant plus de quinze ans. Proche par instants d’une per­for­mance d’art vidéo con­tem­po­rain dans sa réal­i­sa­tion, sans le côté abscons, Shake­down a d’ailleurs été présen­té dans les cadres pres­tigieux du MOMA à New York, de l’Insti­tute of Con­tem­po­rary Arts de Lon­dres ou de la Berli­nale 2018. À la fois assez onirique et bru­tal (on par­le du quo­ti­di­en pas tou­jours rose de tra­vailleuses du sexe), ce moyen métrage mixe inter­views, séances live dans le club et moments back­stages où l’on se marre quand même beau­coup. Wein­raub, qui a shooté la bagatelle de 400 heures de rush­es, a vrai­ment cen­tré son pro­pos sur les rela­tions per­son­nelles qui ani­ment ces trois femmes touchantes. Il faut sig­naler aus­si une bande-son sec­ouante, qui, quand elle n’a pas été spé­ciale­ment com­posée par Tim Dewitt de Gang Gang Dance, zigzague entre hip-hop cafardeux, ghetto-tech pois­seuse et r’n’b solaire.

À pri­ori large­ment de quoi combler les souhaits de son auteure qui a déclaré : “J’aimerais qu’il soit éti­queté comme un film black ! J’aimerais pou­voir l’ajouter au cat­a­logue de l’histoire du ciné­ma black.” On la ras­sure. La per­ti­nence de Shake­down l’in­scrit même bien au-delà. Mer­ci qui ? Mer­ci Porn­hub.

Disponible en stream­ing gra­tu­it

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