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© The Lot Radio - Nia Archives
18 avril 2023

Portrait : Nia Archives, l’étoile montante de la jungle n’a déjà plus rien à prouver

par Marion Sammarcelli

« I came with the name of Nia Archives and I’m playing jungle for the next hours. » (« Je suis venue en tant que Nia Archives et je vais jouer de la jungle pour les prochaines heures ») Clame-t-elle au micro de la radio new-yorkaise The Lot Radio. Du haut de ses 24 ans, cette jeune chanteuse et productrice britannique est devenue, en peu de temps, une figure incontournable de la jungle. Ascension fulgurante ! Tsugi a donc décidé de lui tirer le portrait.

À en croire les nombreux commentaires sous sa Boiler Room filmée à Londres en octobre 2022, Nia Archives met tout le monde d’accord. Ses sets sont capables de nous faire remonter le temps. En un instant, on se retrouve directement dans les années 1990, en rave, à Manchester, berceau des musiques électroniques underground. 

 

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Et pour cause, même si elle grandit à Leeds, Nia Archives déménage à Manchester à l’âge de 16 ans et participe à ses première raves. La machine est lancée. Et ce n’est pas par hasard. La jeune productrice possède la rave culture dans le sang. Ses parents eux-mêmes organisaient des fêtes dans leur jardin de Leeds, mélangeant les influences électroniques britanniques ainsi que la dub et les sonorités reggae issues de leurs racines jamaïcaines. Un bon héritage musical pour Nia. Mais elle ne s’arrête pas là : en plus de son sens du rythme, elle possède une voix singulière, inspirée de la soul d’Amy Winehouse et de la pop de Rihanna. Voix qu’elle a su dompter grâce aux messes Gospel auxquelles elle assistait avec sa famille. « Cela m’a vraiment ouverte à écouter des harmonies. Cela a été mon introduction à la musique » explique-t-elle au magazine NME. 

 

La jungle qui coule dans les veines

Summum du cool. Pantalon cargo, chemises oversize, piercing au septum, grillz, tatouages, ongles de cinq centimètres de long… Le style parfait pour une personne qui voudrait aller danser des heures devant un sound system jungle. Entre confort et hype, Nia Archives représente une nouvelle génération de ravers qu’elle porte au travers de sa musique et son esprit DIY. Seule à Manchester à l’âge de 16 ans, elle s’est faite la main en prenant le micro dans des soirées house. Mais surtout en rencontrant des DJs ainsi que les nouvelles sonorités de la scène locale. Au début, Nia voulait juste chanter, comme sur le morceau « Patience » qu’elle réalise en collaboration avec Mall Grab. Mais les producteurs avec qui elle travaillait ne respectaient pas sa vision de la musique. Alors elle a pris le contrôle. « Fuck This ». C’est ainsi qu’elle s’est mise à apprendre, d’elle-même, le beatmaking. Son premier morceau « Sober Feels » voit le jour en 2020. 

Si vous tendez l’oreille, dans ses productions comme dans ses sets, Nia Archives ne cesse de rendre hommage aux légendes de la jungle. À l’image de la nouvelle génération, elle va piocher dans le passé pour créer sa propre musique du futur. Par exemple, elle compose le morceau « Baianá » issu de son dernier EP Sunrise Bang Ur Head Against Tha Wall, en hommage à ses héros brésiliens DJ Patife et DJ Marky, pionniers de la samba-jungle. Comme pour le morceau -coup de cœur- « That’s Tha Way Life Goes« , aux influences sud-américaines marquées. Il n’y a également qu’elle pour débuter son passage sur les ondes de The Lot Radio avec « Inner City Life » de la légende des années 90, Goldie. 

En ajoutant sa voix typiquement british au cœur de la jungle, Nia Archives la rend accessible à un plus large public. C’est la raison pour laquelle on a pu la voir mettre le feu sur une scène du célèbre festival californien Coachella. Cependant, l’esprit underground et communautaire de sa scène ne la quitte jamais. Lors de sa Boiler Room à Londres, on la voit se retourner vers le public, danser dans la foule avec un sourire accroché rudement à son visage. Elle réussit à créer une énergie commune autour de la jungle. Comme cela a pu se faire dans les raves, avant même qu’elle naisse. 

 

Le phénomène Nia Archives 

Et justement, parlons-en, de cette Boiler Room à Londres. À environ 38 minutes de set, Nia Archives décide de dévoiler son remix jungle du track « Burn Dem Bridges » composé par le producteur Skin On Skin. Un moment qui a littéralement retourné la salle, on pense que la personne qui filmait le public n’a pas dû en sortir indemne. Un remix d’une justesse remarquable donc, sorti sur le label FFRR, qui a notamment signé Goldie auparavant. La boucle est bouclée. Et ce moment l’a envoyée directement au rang d’étoile montante de la scène jungle britannique. Figure audacieuse, elle n’hésite pas à prendre le micro lors de sa Boiler Room pour chanter ses chansons, notamment « Forbidden Feelingz » issu de l’EP du même nom sorti en 2022. 

Un projet qui symbolise sa consécration, puisqu’il l’aura amenée à recevoir plusieurs prix, dont celui de ‘Meilleure Productrice de l’année 2022’ par le magazine NME, ainsi qu’une nomination en tant que ‘Étoile Montante de l’année 2022’ aux iconiques Brit Awards. Pas étonnant que son nouvel EP, Sunrise Bang Ur Head Against Tha Wall, ait été très attendu. Et Nia Archives n’a plus rien à prouver, tant ce projet est une vitrine de ses influences et témoigne de son côté pluridisciplinaire. Elle est définitivement une jeune artiste à suivre de très -très- près. Et si un album est en chemin, on signe directement. 

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