© Thierry Charlois

Rave-party non déclarée” et cafouillage : retour sur les manifestations de samedi

Same­di 16 jan­vi­er, env­i­ron 80 rassem­ble­ments ont eu lieu à tra­vers la France, dans le cadre de la “marche des lib­ertés”, réu­nis­sant 34 000 per­son­nes selon la police et 200 000 selon les organisateurs. 

Les man­i­fes­tants revendi­quaient “le droit à l’information, con­tre les vio­lences poli­cières, pour la lib­erté de man­i­fester et con­tre la sur­veil­lance de masse”, suite à l’ap­pel de la coor­di­na­tion d’associations et syn­di­cats mobil­isés con­tre la propo­si­tion de loi “sécu­rité glob­ale”. Cette loi vise à lim­iter la dif­fu­sion d’im­ages des forces de l’or­dre, et sera désor­mais exam­inée au Sénat en mars prochain. Cette marche réu­nis­sait égale­ment les man­i­fes­tants “pour le droit à la cul­ture” et con­tre la “répres­sion dis­pro­por­tion­née” après la rave-party illé­gale du Nou­v­el An à Lieu­ron, qui a réu­ni env­i­ron 2 400 per­son­nes. La semaine dernière, en amont de la man­i­fes­ta­tion, un appel à y par­ticiper de tous les sound sys­tems de France avait été lancé.

 

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Same­di 16, le rassem­ble­ment parisien a con­nu une com­pli­ca­tion : la pré­fec­ture de police a blo­qué plusieurs chars et camions qui devaient se mêler au cortège, dont cer­tains avaient pour rôle de dif­fuser de la musique, pré­tex­tant sur Twit­ter “empêch­er la tenue rave-party non déclarée à prox­im­ité de la man­i­fes­ta­tion”. Un geste salué par le min­istre de l’In­térieur Gérald Dar­manin. Le cortège parisien réu­nis­sait 6 500 per­son­nes selon la police, 15 000 selon les organisateurs.

Or, selon les organ­isa­teurs (dont l’Union des Col­lec­tifs Fes­tifs LGBTQ+, le Syn­di­cat des organ­isa­teurs cul­turels libres et engagés (Socle), le Col­lec­tif Sound-Systems IDF et le Comité de Sou­tiens à la Maska­rade), les chars fai­saient bien par­ti de la man­i­fes­ta­tion et avaient été déclarés. Cepen­dant, la police affirme n’avoir reçu qu’une seule déc­la­ra­tion ne men­tion­nant qu’un seul camion sono en fin de manifestation.

Dimanche, les organ­isa­teurs se sont défendus à tra­vers un com­mu­niqué : “Les déc­la­ra­tions en pré­fec­ture ne men­tion­naient ni les numéros d’immatriculation des véhicules ni leur nom­bre pré­cis. Par ailleurs, alors que la pré­fec­ture avait été prév­enue directe­ment par l’or­gan­i­sa­tion que d’autres chars que les véhicules syn­di­caux allaient se join­dre à la man­i­fes­ta­tion, elle n’a jamais repris con­tact avec les déclarant.es pour deman­der plus de pré­ci­sions.”

Frédéric Hoc­quard, l’ad­joint à la Mairie de Paris en charge du tourisme et de la vie noc­turne, présent à la man­i­fes­ta­tion, a affiché son sou­tien aux organ­isa­teurs via dif­férents tweets : “Quand des jeunes veu­lent défil­er dans une man­i­fes­ta­tion autorisée dernière un camion sono avec de la musique, le min­istre de l’intérieur qual­i­fie cela de rave-party et le fait inter­dire. Quelle place voulons-nous laiss­er à la jeunesse et à la cul­ture dans ce pays ?

 

[COMMUNIQUÉ]

Com­mu­niqué de presse de l’ Union des col­lec­tifs fes­tifs Lgbtq+, du Syn­di­cat des Organ­isa­teurs Cultures…

Pub­liée par Union des col­lec­tifs fes­tifs Lgbtq+ sur Dimanche 17 jan­vi­er 2021

 

Dans le reste de la France, les rassem­ble­ments se sont glob­ale­ment bien déroulés et on ne relève pas d’in­ci­dent majeur. On remar­quera qu’à Lille par exem­ple, la man­i­fes­ta­tion s’est trans­for­mée en “teuf géante et bataille de boule de neige”, selon Lille Actu.

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