Redbull Music Festival 2019 © Jacob Khrist

Red Bull a assemblé le sound-system le plus culte des nuits new-yorkaises : on y était

On a tous rêvé un jour d’avoir le sound-system opti­mal pour notre chez-soi. Si cer­tains ont gardé ce rêve dans un coin de leur tête, Sébastien Deswarte lui a don­né vie. En 20 ans et au fur et à mesure de ses recherch­es, ce Dunkerquois s’est con­stru­it un sound-system inspiré par les deux plus grands clubs new-yorkais de l’Histoire : le Loft et le Par­adise Garage. C’est donc tout naturelle­ment que Red Bull, après l’avoir fait con­naître au pub­lic lors d’une inter­view en début d’année, l’a invité lui et son sound-system pour une après-midi au 104 en guise de clô­ture du Red Bull Music Fes­ti­val Paris. Autant l’avouer tout de suite : on ne s’est pas fait prier pour aller y faire un tour.

© Jacob Khrist

Arrivé au 104, on cherche les pan­neaux Red Bull qui finis­sent par nous men­er à une petite salle en con­tre­bas de la nef prin­ci­pale. Au bout du couloir et de la petite ter­rasse où s’affairent les fumeurs, on décou­vre une petite salle car­rée. La déco­ra­tion est sobre : un grand rideau noir sur­mon­té d’un logo Red Bull lumineux, des boules à facettes sus­pendues au pla­fond et un DJ-booth dis­cret, au ras du sol, comme pour rap­pel­er qu’ici ce n’est pas tant le DJ que l’on célèbre mais les enceintes et les cais­sons dis­posés aux qua­tre coins de la pièce. C’est Sébastien Deswarte qui mixe. Sous son alias Seb le Vinyl, il enchaîne une sélec­tion funk, soul, house et dis­co dont les tex­tures pren­nent forme à la sor­tie du sound-system. On se sur­prend à pos­er la main déli­cate­ment sur le bois des enceintes, comme pour touch­er une part d’histoire. À com­mencer par les deux cais­sons de bass­es Bertha posés à même le sol, cais­sons qui ambiançaient rien de moins que les soirées de DJ Har­vey à Hawaï. Boost­ées par un fil­tre basse acheté à un proche de Gary Stew­art, les fréquences des morceaux dis­co du Dunkerquois pren­nent une ampleur plus pro­fonde et vien­nent caress­er les mol­lets. Après plus de 2h de mix, il laisse la place sous les applaud­isse­ments à un invité de mar­que en la per­son­ne de James Mur­phy. Le leader de LCD Soundsys­tem s’installe der­rière les platines et entame un set de 4h don­nant à voir toute la force de l’installation sonore. Per­cus­sions, cuiv­res, bois, cordes, tous les instru­ments et tous les styles y passent. De “She’s a Lady” de Tore au “I’m So Green” de Can, de “Tsakan” de Paul Ndlovu à l’afrobeat du “Ye Ye De Smell” de Fela Kuti, l’atmosphère se charge en inten­sité au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent, et on se sur­prend de plus en plus à danser face aux enceintes et non face aux DJs. On ter­min­era cette soirée sur un dernier set, celui de Colleen ‘Cos­mo’ Mur­phy, dont le men­tor n’était autre qu’un cer­tain David Man­cu­so. Tout sourire aux platines, elle ne cache pas son plaisir en lançant ses pre­miers dis­ques et en tour­nant les potards de la Bozak. Ça groove, ça danse, le tout illu­miné par les éclats des boules à facettes qui éclairent briève­ment les sourires ravis des pas­sion­nés encore présents tard sur le dance­floor ce dimanche soir. Mais quand on aime le son, on ne compte pas les heures.

© Jacob Khrist

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