Rencontre avec J.A.C.K à l’occasion de la sortie de son nouvel EP

J.A.C.K, ce nom ne devrait pas vous être étranger. Remixeur émérite, le jeune homme nous mon­tre son tal­ent depuis quelques années déjà. Stro­mae, C2C, Dis­clo­sure et même Tal­is­co, ils ont tous lais­sé à J.A.C.K carte blanche pour des remix­es offi­ciels qui n’ont pas tardé à faire par­ler de lui.

F r a g m e n t s, son pre­mier EP, sort aujour­d’hui et nous avons sauté sur l’oc­ca­sion pour aller à sa ren­con­tre. Avant de com­mencer la lec­ture, lancez l’é­coute de l’In­tro que nous vous pro­posons de décou­vrir ci-dessous en exclusivité.

Tu as été for­mé au con­ser­va­toire et tu as d’abord fait tes débuts dans un réper­toire plutôt rock. Com­ment s’est fait la tran­si­tion vers la musique électronique ?

Assez naturelle­ment à vrai dire, prin­ci­pale­ment via des groupes comme Ratatat que j’ai décou­vert au lycée, qui mélangeaient indie rock/harmonie de gui­tare à la Queen etc.. avec de l’electro. Et aus­si pour le coté pra­tique de la musique élec­tron­ique, ne plus avoir à faire de com­pro­mis comme dans un groupe lamb­da, un ordi ne pose pas de ques­tion, il exé­cute. Je n’ai pas vrai­ment l’impression d’avoir changé de style de musique, c’est juste le moyen de la faire qui a changé, et puis ce n’est pas vrai­ment un genre à pro­pre­ment par­ler, mais plutôt un procédé.

Tu as fait beau­coup de remix­es offi­ciels pour dif­férents artistes. C’était ta manière de te faire remar­quer avant de pré­par­er un EP plus personnel ?

  Oui, c’était aus­si un bon exer­ci­ce, ca m’a égale­ment per­mis d’expérimenter des trucs, de faire des erreurs que je ne referai plus sur mes pro­pres prods. Cela dit, cer­taines tracks de l’EP sont issues de chutes provenant de ver­sion de remix­es avortées, donc je ne sais pas si on peut par­ler d’un EP plus « personnel ».

Tu as une com­mu­nauté der­rière toi qui te suit après tes dif­férents remix­es remar­qués. Tu pens­es qu’ils vont être sur­pris par cet EP ? 

Je ne sais pas, si ils s’attendent à quelque chose de sim­i­laire à ce que j’ai pu faire avant, oui sûre­ment. Je pense que Mag­el­lan a refroi­di pas mal de monde, j’ai eu quelques retours du style « ou sont passé les sam­ples cutés et la dis­to ?! » C’est aus­si ma manière de dire ne m’attends nulle part, demain je reviens avec un album de reg­gae ou de black met­al si j’ai envie.

En tant que grand remixeur, tu pens­es quoi du fait de se remix­er soi-même ? Comptes-tu le faire ? 

Je ne suis mal­heureuse­ment pas encore assez sou­ple pour réus­sir à sucer ma pro­pre queue.

Quel est l’artiste/groupe que tu aimerais remix­er prochainement ? 

J’en pré­pare un actuelle­ment pour Bavoog Avers, un groupe super promet­teur, sinon per­son­ne en particulier.

Envisages-tu la pré­pa­ra­tion d’un album ? 

J’hésite entre le 2éme EP et l’album, pour le moment je ne sais pas, je ferais bien un sec­ond EP avec des rappeurs, j’y réfléchis.

Quelle sont tes plus grandes influ­ences musi­cales ? 

C’est com­pliqué de savoir ce qui t’influence vrai­ment musi­cale­ment, j’ai aimé telle­ment de groupes… Et puis j’ai vrai­ment com­mencé par le fond de la poubelle, j’vais pas jouer au mec qui écoutait les Pink floyd ou les Doors au col­lège, non, (j’ai décou­vert les Floyd y’a 6 mois, j’ai pris une claque de malade en écoutant Echoes, le pas­sage vers 18 min­utes) moi au col­lège j’écoutais pas mal sum 41/ linkin park etc, j’ai beau cracher dessus autant que je veux aujourd’hui, ca reste des molards affectueux. Mal­gré tout le mal qu’on peut en dire ces groupes m’ont mar­qué, c’est à cette époque là, entre la 6éme et la 5éme que t’es le plus vul­nérable à la musique, et puis ça a douce­ment évolué. J’ai saigné Nir­vana pen­dant des années comme un dingue.

Après, j’ai eu ma péri­ode Babyshambles/Strokes/The Kooks etc, et puis le pas­sage à l’electro avec des groupes comme Ratatat, Jus­tice ou Daft Punk, qui sont des groupes à la musique telle­ment référencée que ce sont des puits sans fond vers de plus vieux groupes com­pléte­ment géni­aux que je ne con­nais­sais pas très bien, genre Queen, (énorme claque Queen aus­si) ou bien les Bea­t­les, bref de décou­vertes en décou­vertes, en pas­sant par des trucs plus ou moins pointu ou bar­ré genre Igor­rr (qui sam­ple Chopin dans “Oœsophage de tourterelle”) ou Sir­ius­mo qui m’a amené à Radio­head (énorme gifle égale­ment), SBTRKT, Chilly Gon­za­les (Gogol/Overnight) qui t’amène vers Erik Satie, j’en suis arrivé à la source du truc, y’a un moment où tu te rends compte que l’intégralité de la musique occi­den­tale est résumé par les travaux de Bach et Beethoven, « plus rien ne m’étonne plus rien ne me fait ban­der » comme dit si bien Doc Gyneco dans “Nir­vana”. 

En ce moment j’écoute pas mal Bil­lie Hol­i­day et des vieux freestyles de Hayce Lem­si, les 2 n’ont absol­u­ment rien à voir et pour­tant ca m’influence aus­si, for­cé­ment, je suis en con­stante diges­tion de tout ces trucs, je les tran­spire en musique mais ca ne cesse d’évoluer. Je ne pour­rais pas te dire laque­lle pré­domine, mais tout ce qui est liée à la ten­dre enfance passé un cer­tain âge, il n’y plus que ca qui te touche.

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