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19 juin 2015

Rencontre avec Kem Lalot, programmateur des Eurockéennes

par rédaction Tsugi

Le festival des Eurockéennes de Belfort met tout le monde d’accord avec une programmation toujours très aboutie. Depuis 1989, le site de Malsaucy, en Franche-Comté, vit au rythme de la musique durant les premiers jours de l’été.  Le début du festival approche à grand pas et on a donc été à la rencontre de Kem Lalot, le programmateur qui, avec Christian Allex le co-programmateur, prépare chaque année avec grand soin des scènes qui n’ont rien à envier à celles des voisins anglais.

On imagine que tu es fier de l’ensemble de la programmation qui vous demande un très long travail chaque année. Cependant, il doit bien y avoir un artiste ou un groupe que tu es particulièrement fier d’annoncer cette année ?

Royal Blood, on s’est battus pour les avoir l’année dernière quand c’était encore un petit groupe. On a fait des pieds et des mains pour qu’il puisse venir mais leur agenda ne collait pas alors cette année on n’a pas voulu les rater. Au début c’était très bien parti mais après il y avait les Foo Fighters qui les voulait absolument en première partie de leur tournée américaine alors une fois de plus leur venue était incertaine. Mais on s’est accroché, on a bataillé avec l’agent français et on est vraiment content de les avoir. Je suis ravie car c’est un groupe de power rock qui propose une formule intéressante avec basse/batterie.

Peux-tu nous parler de la collaboration avec le Japon que vous inaugurez cette année ?

On a été contacté par une fille qui s’appelle Yoko Yamada et qui s’occupe de développer des groupes japonais en France et en Europe pour Creative Man. Ils gèrent le festival Summer Sonic, un des plus gros festivals au Japon, et du coup ils avaient envie qu’on fasse un échange de groupes. Ce n’était pas des groupes imposés, on a eu le choix de choisir. Je suis parti au Japon fin décembre pour choisir les groupes durant le Countdown (autre grand festival) pour y faire mon marché. Je suis revenue avec trois groupes dont the Bawdies qui est un groupe plutôt rock’n’roll mais avec une voix particulière. Il y a aussi Bo Ningen qui eux sont un groupe complètement frapadingue qui mélange la noise, le free jazz, l’électronique à la japonaise très extrême. Et puis un artiste electro , Seiho, qui ressemble un peu à Cashmere Cat et dont la particularité est de jouer en live avec ses claviers. Ce n’est pas encore une Star au Japon contrairement à The Bawdies qui sont des vrais star là bas mais je pense qu’il ne va pas tarder à exploser.

Et quels sont les groupes français que tu as envoyé au Japon ?

The Do, qui n’avait jamais joué au Japon, ont été très ravis qu’on leur propose ce projet. Carbon Airways, pour lesquels on a un attachement particulier car ils sont originaire de Franche Comté comme les Eurocks et on est ravis de les envoyer jouer la bas. Le troisième artiste c’est Valy Mo qu’on accompagne avec le dispositif d’accompagnement Iceberg (projet franco-suisse d’artiste lancé en 2013 par les Eurockéennes et la fondation cma) et qui ,jusque là, n’avait jamais fait de dates en dehors de la France et l’Allemagne donc il est comme un fou à l’idée de jouer dans ce pays. 

Peux-tu nous parler des Plasticiens Volants ?

Ce sera notre spectacle de cloture. Généralement, on clôture le festival par un feu d’artifice mais aussi avec un spectacle de théâtre de rue assez monumentale. Cette année, on a choisi de s’adresser à cette compagnie qui propose des structure volantes en forme de personnages et d’animaux qui sont manipulées depuis le sol. C’est assez féerique, une fois que Sting aura fini les marionnettes volantes seront en place et accompagneront le public.

Cela fait maintenant trois ans que vous préparez la programmation de la scène de la plage du samedi avec un artiste. Après Pedro Winter et Brodinsky, ce sera au tour des Shoes. Ca va se passer comment ?

Déjà, ils étaient vraiment ravis de s’adonner à cet exercice de style. La journée sera découpée en trois volet avec une première partie rock pop, la second sera axée plutôt hip hop et on terminera sur une élection électro. Ils présenteront leur nouveau spectacle pour la première fois. La sélection est vraiment très variée: Rae Sremmur en hip hop, Julio Bashmore, et même Sleaford Mods qui est la nouvelle sensation anglaise mélangeant le punk et hip hop. On est vraiment un parti un peu tout azimut et ça se terminera par Rone qui présentera son superbe live.

Sur la programmation, c’est parfois le choc des cultures, comme avec l’annonce de Die Antwoord et Sting...

On est ravis d’avoir Die Antwoord et Sting sur cette prog’, ça va être une belle rencontre intéressante entre les publics. Sting ça reste une icône pop intemporelle et les gens qui vont venir le voir vont en même temps découvriront ce que les jeunes de maintenant écoutent. C’est aussi ça l’enjeu du festival, faire découvrir l’inattendu.

En parlant d’inattendu, le show de Batida ce sera un sacré moment du festival…

Batida c’est un collectif Angolais portugais et ils nous ont vraiment scochté quand on les a vu sur scène. Avec une musique tel le kuduro Angolais mixé à de l’électronique, ils emportent vraiment n’importe quel public avec une puissance de folie. Ce sera vraiment la grosse fiesta.

Comment as-tu fait pour programmer Todd Terje And The Olsens ?

J’ai vu ce projet au festival Øya en Norvège l’année dernière et c’était censé être une représentation unique. C’était une demande du programmateur du festival qui voulait présenter Todd Terje sur la grande scène mais ne pouvait pas le présenter juste lui en live avec ses machines. Pour cela, il devait monter un projet plus conséquent donc il a conçu un spectacle spécialement pour ce festival. Donc, j’étais là bas et j’ai vu ça. J’ai été voir le programmateur que je connais bien et je lui ai dit : « je veux ce projet, je ne veux pas faire Todd Terje tout seul « . Il m’a dit que c’était un projet unique mais j’ai insisté pendant un moment et puis finalement ils se sont mis sur la route pour quelques dates dont deux en France. C’est vraiment un projet magnifique, avec les musiciens sur scène ça donne une toute autre dimension à la musique de Todd Terje et je pense que ça va être génial.

photos: Stéphanie Durbic

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