Rencontre avec Molly, ambassadrice du BPM Prix Sacem 2017

Le BPM Con­test célèbre sa 7ème année d’ex­is­tence, et s’as­so­cie pour l’oc­ca­sion avec la Sacem — Société des Auteurs, Com­pos­i­teurs et Edi­teurs de Musique — pour devenir le BPM Prix Sacem 2017. On vous par­lait déjà cet été de ce trem­plin qui s’at­tache à dénich­er les pro­duc­teurs de musique élec­tron­ique et les nou­veaux tal­ents de demain. Au terme d’un proces­sus de sélec­tion de 16 artistes par un jury com­posé de pro­fes­sion­nels — présidé par notre émi­nent et glo­rieux directeur des rédac­tions, Patrice Bar­dot (oui on fay­ote) — les final­istes se départageront lors de cinq soirées BPM de sep­tem­bre à décem­bre à tra­vers la France. Et aujour­d’hui, Mol­ly, rési­dente du Rex Club, vient d’être annon­cée ambas­sadrice du con­cours. En atten­dant le lance­ment du BPM Prix Sacem 2017 le jeu­di 14 sep­tem­bre à Mar­seille, dans le cadre de la pre­mière édi­tion du MMX (Mar­seille Music Expéri­ence) sur le Parvis de la Major de la cité phocéenne, nous avons eu l’oc­ca­sion d’in­ter­view­er Mol­ly. Entre ses débuts en tant que DJ, et sa rési­dence Head_On au Rex, jusqu’à dernière­ment son pre­mier EP et le lance­ment de son label, Mol­ly nous partage son expéri­ence à tra­vers son par­cours et ses inspi­ra­tions.

Tu viens d’être annon­cée ambas­sadrice du BPM Prix Sacem 2017, que penses-tu de ce genre d’événement ?

Quand ils ont démar­ré, j’étais un peu scep­tique de voir la façon dont ils allaient abor­der ce genre de con­cours. Et puis, j’ai pu voir l’évolution petit à petit et la manière dont ils ont réus­si à crédi­bilis­er cette démarche. Sachant qu’aujourd’hui, être DJ peut s’apprendre de chez soi, je trou­ve que c’est une bonne démarche d’aller chercher les gens qui restent dans leur cham­bre et qui n’ont pas la pos­si­bil­ité ou les con­nais­sances de pou­voir se dévelop­per. Et en sélec­tion­nant unique­ment des pro­duc­teurs, cela nous per­met aus­si de décou­vrir les tal­ents de demain.

Selon toi, qu’est-ce que ce trem­plin peut apporter à ces jeunes pro­duc­teurs ?   

Une vis­i­bil­ité, une expéri­ence. Le BPM peut les aider à répon­dre à toutes les ques­tions qu’ils se posent en leur per­me­t­tant de ren­con­tr­er des pro­fes­sion­nels. C’est plus sim­ple de trou­ver des dates et de ren­con­tr­er des gens quand on habite dans une grande ville, mais quand on habite en province et qu’il n’y a pas de soirées autour, sans per­son­ne pour nous encadr­er et nous don­ner des petits con­seils, c’est dif­fi­cile.

Quels sont les con­seils que tu pour­rais don­ner aux par­tic­i­pants du BPM juste­ment ?

Il y’en a plein ! Il faut faire ce que l’on aime et ne pas oubli­er d’où on vient.

Une fois que les 16 pro­duc­teurs final­istes du BPM sont sélec­tion­nés, ils devront s’af­fron­ter avec de mix­es de 30 min­utes.  Et toi, com­ment tu t’y prends pour pré­par­er un mix ?

La spon­tanéité ! Ça ne doit pas se pré­par­er, en tout cas c’est un de mes con­seils. On ne peut pas prévoir dans sa cham­bre ce que le pub­lic va aimer dans le con­texte d’une soirée sachant qu’il y a pleins de fac­teurs qui ren­trent en con­sid­éra­tion. La salle, le son…

Com­ment s’est passé ta pre­mière fois offi­cielle ? Où était-ce ?

Ça devait être à Toulouse, où exacte­ment je ne peux pas te dire. Com­ment c’était ? Je pense que j’étais en panique !

Tu as bossé comme respon­s­able de la com­mu­ni­ca­tion au Rex Club, com­ment t’es-tu retrou­vée rési­dente là-bas?

Je mix­ais avant déjà, et c’est venu d’eux. Ils savaient que je mix­ais et je com­mençais à avoir des dates sur Paris. Jusqu’au jour où ils ont eu besoin de quelqu’un pour un warm-up. Ils m’ont mise à l’es­sai, puis m’ont placé sur des dates jusqu’à ce qu’ils me pro­posent d’être rési­dente.

Tu as ensuite enfilé la cas­quette d’or­gan­isatrice avec ta rési­dence “Head_On”. Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

C’était quelque chose que je savais déjà faire en tra­vail­lant dans les bureaux. Ça m’a per­mis d’inviter des artistes avec qui j’avais envie de jouer, et de partager les platines le temps d’une soirée. J’ai pu voir com­ment cela fonc­tion­nait, du cachet des artistes à la pro­mo­tion et de savoir tenir un bud­get. Ça per­met aus­si de savoir ce que l’on ne veut pas pour soi et de voir com­ment cela se passe des deux côtés. Je pense que c’est impor­tant.

Ce sont ces ren­con­tres qui t’ont amenée à créer dernière­ment ton label Réc­it De Voy­age ?

Tout à fait. Je ren­con­trais pas mal de gens qui écoutaient de la bonne musique, et j’avais aus­si ma pro­pre idée de ce que je voulais faire. Je m’étais tou­jours dit que je lancerais mon label le jour où j’arrêterais de tra­vailler au Rex. Et une fois que j’ai arrêté, j’ai pu me con­cen­tr­er pleine­ment là-dessus.

Tu sor­tais en juin ton pre­mier EP, SB Relief, sur le label AKU. Qu’est ce qui t’as poussé à com­mencer à pro­duire ?

Je pro­dui­sais déjà avant, mais je n’étais pas très assidue, surtout par manque de temps. En tra­vail­lant tous les jours, c’est com­pliqué de ren­tr­er chez soi et de se met­tre der­rière un ordi­na­teur toute la nuit pour pro­duire. Donc je fai­sais ça de manière ponctuelle pour des com­man­des de remix­es. Et puis une fois que j’ai arrêté de tra­vailler au Rex, je me suis lais­sée quelques mois pour me rep­longer dans la pro­duc­tion dans mon stu­dio. Et cet hiv­er, je suis par­tie aux États-Unis faire une grosse tournée et j’en ai prof­ité pour pro­duire. C’est à ce moment-là que j’ai créé les morceaux de mon EP.

Sur ton morceau “Cycle”, issu de ton EP, on retrou­ve un peu l’éven­tail de tes inspi­ra­tions, un beat min­i­mal puis­sant tech­no, mais aus­si des gros claps et une mélodie qui rap­pel­lent la house. Tu te situes où entre les deux ? Est ce que ton label sera tourné plus vers l’un ou l’autre ?

J’aime les deux. Dans mes sets, je joue aus­si bien de la house que de la tech­no, tout dépend du morceau et de mon humeur. Pour le label, c’est vrai que les pre­mières sor­ties sont très deep, et la troisième le sera égale­ment. Mais glob­ale­ment je vais me diriger vers de la house aus­si bien que de la tech­no, les deux ori­en­tées U.S.

Un morceau pour com­mencer un set ?

Celui-là :

Et pour finir, un autre pour un clos­ing tout en beauté ?

Celui-ci :

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