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Le Badaboum a rouvert le 26 août dernier. © Lily Rault
24 septembre 2021

đŸ€ Retrouvailles : le Badaboum repart, plus Ă©colo, abordable et inclusif qu’avant

par Tsugi

À l’instar du Rex ou de la Machine du Moulin Rouge, le Badaboum a lui aussi laissĂ© passer l’étĂ© pour rouvrir dans les meilleures conditions le 26 aoĂ»t. Portant ainsi la fermeture Ă  531 jours consĂ©cutifs, soit 18 mois. Un temps immense, mais que l’équipe a mis Ă  profit pour repenser le projet et rĂ©affirmer ses valeurs.

« On a repensĂ© ce qu’on voulait reprĂ©senter dans la fĂȘte, ce qu’Ă©taient nos valeurs, notre identitĂ©. Ça nous a permis de continuer d’avancer. »

©Lily Rault

Comment se sont passés ces 18 derniers mois, pour vous ?

On a fermĂ© quelques jours avant le premier confinement, dĂ©but mars 2020. On Ă©tait abasourdis, on ne savait pas oĂč ça irait, combien de temps ça durerait. On s’est prĂ©parĂ©s plusieurs fois Ă  rouvrir, notamment en septembre 2020, et chaque fois on s’est fait couper l’herbe sous le pied. On a dĂ» annuler beaucoup de soirĂ©es, rapatrier l’argent qui Ă©tait dehors, reporter, rembourser tout le monde. C’Ă©tait dur moralement, ne pas avoir de vision nous donnait l’impression de travailler pour rien. Pour tenir, on a dĂ©veloppĂ© d’autres activitĂ©s dans le lieu. Par exemple, on accueilli le tournage d’une vingtaine de clips, avec des artistes comme Crystal Murray ou Heuss L’EnfoirĂ© et Vald. Ça nous a permis d’entretenir le lieu, qui menaçait d’ĂȘtre Ă  l’abandon. Le Badaboum est gĂ©rĂ© par Bonjour Bonsoir, une agence qui gĂšre d’autres lieux, et faire partie d’un groupe nous a aidĂ©. Mais cela n’empĂȘche que le groupe est endettĂ©, et on va devoir rembourser ça. Et ce qui nous a fait tenir, c’est surtout la perspective de rouvrir, bien sĂ»r. Le fait de rĂ©flĂ©chir Ă  ce qu’allait devenir le Badaboum nous a aidĂ© aussi. On a repensĂ© ce qu’on voulait reprĂ©senter dans la fĂȘte, ce qu’Ă©taient nos valeurs, notre identitĂ©. Ça nous a permis de continuer d’avancer. Les annonces du 21 juin nous ont redonnĂ© confiance, c’Ă©tait la lumiĂšre au bout du tunnel mĂȘme si on n’y a vraiment cru que le jour mĂȘme de la rĂ©ouverture.

 

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Une rĂ©ouverture qui a fini par arriver le 26 aoĂ»t. Qu’est-ce que vous avez souhaitĂ© mettre en avant pour cĂ©lĂ©brer cela ?

On a rouvert un jeudi, et on s’est dit qu’il fallait faire un gros week-end, et Ă©galement d’emblĂ©e acter les changements du Badaboum, nĂ©s des rĂ©flexions menĂ©es pendant la fermeture. On voulait remettre les valeurs au centre de la fĂȘte. Trois sujets nous tenaient Ă  cƓur. Le premier, c’Ă©tait l’Ă©cologie. On a travaillĂ© sur la rĂ©duction des dĂ©chets, la rĂ©utilisation des accessoires, comme les gobelets Ă  usage unique ou les pailles, on a changĂ© de fournisseur d’Ă©lectricitĂ©, on essaie de programmer des artistes locaux et essayer d’avoir des programmations moins polluantes. D’une maniĂšre trĂšs symbolique, on voulait l’exprimer dĂšs la soirĂ©e de rĂ©ouverture, en collaboration avec le mouvement DJs For Climate Action, qui incite les artistes Ă  engager leur communautĂ© sur les problĂ©matiques Ă©cologiques. La seconde valeur importante, c’Ă©tait la crĂ©ation d’un safe space. On a travaillĂ© avec l’association Consentis pour Ă©tablir une charte de bon comportement et de consentement Ă  l’intĂ©rieur du Badaboum. Ça a trĂšs bien marchĂ©, le public y a Ă©tĂ© rĂ©ceptif. Enfin, on a tenu Ă  montrer que le Badaboum voulait devenir beaucoup plus inclusif et paritaire. On a cherchĂ© cette paritĂ©, on a beaucoup de DJs rĂ©sidentes fĂ©minines et queer. Pour ça, on a invitĂ© le collectif GoĂ»ter de Nuit pour la soirĂ©e du dimanche. On voulait signifier que le Badaboum est ouvert Ă  tout le monde. Ce week-end Ă©tait une concentration de tout ce qu’on voulait remettre au centre de la fĂȘte. Et on va continuer Ă  dĂ©velopper ça, de belles soirĂ©es nous attendent.

 

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« On a d’ailleurs voulu baisser le prix des entrĂ©es, pour ĂȘtre plus abordables. D’autant que les gens ont dĂ©veloppĂ© d’autres moyens de faire la fĂȘte derniĂšrement, dans des open airs, des warehouses, ou des fĂȘtes dites clandestines. »

Au-delĂ  de ces rĂ©flexions, y a-t-il eu d’autres changements dans le club ?

Les Ă©quipes ont Ă©tĂ© pas mal renouvelĂ©es pendant cette annĂ©e et demie. Mais surtout, on a toute cette modification RSE [ResponsabilitĂ© SociĂ©tale des Entreprises, soit la prise en compte d’enjeux Ă©cologiques, sociaux ou Ă©thiques], qui a nĂ©cessitĂ© qu’on modifie certaines choses dans l’organisation. On a aussi transformĂ© l’Ă©tage du Badaboum. Avant, le rez-de-chaussĂ©e et l’Ă©tage Ă©taient trĂšs distincts, maintenant on veut crĂ©er un club global, dans lequel on peut se dĂ©placer. Sinon, la politique du Badaboum reste globalement la mĂȘme, colorĂ©e et costumĂ©e, on va reprendre des formats traditionnels, comme la fĂȘte d’Halloween. On essaie d’ĂȘtre le plus ouverts possible (d’ailleurs, mieux vaut arriver tĂŽt, on est un petit lieu et il y a du monde Ă  l’entrĂ©e !). On a d’ailleurs voulu baisser le prix des entrĂ©es, pour ĂȘtre plus abordables. D’autant que les gens ont dĂ©veloppĂ© d’autres moyens de faire la fĂȘte derniĂšrement, dans des open airs, des warehouses, ou des fĂȘtes dites clandestines.

©Lily Rault

©Le Viet Photography

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