©Shane McCauley

🔊 Ce nouveau Boys Noize : du miel entre les turbines

+/-, le nou­v­el album de Boys Noize sort aujourd’hui sur Boys Noize Records.

Chronique issue du Tsu­gi 143 : Garnier/Limiñanas, disponible le 8 sep­tem­bre en kiosque et en ligne.

Hasard du cal­en­dri­er, le nou­v­el album de Boys Noize sort dans la foulée de ceux de Para One (juin), Gas­pard Augé (mai) et Mod­e­se­lek­tor (avril). Il y a une quin­zaine d’années, ils incar­naient de part et d’autre du Rhin une généra­tion de pro­duc­teurs qui ame­na un nou­veau souf­fle aux musiques élec­tron­iques. S’ils n’œuvraient pas tous dans le même style, on pou­vait alors aisé­ment tiss­er des liens entre eux. Logique­ment, avec le temps, les tra­jec­toires ont divergé, leurs musiques ont évolué, et à tra­vers leurs nou­veaux dis­ques, on serait bien en peine de retrou­ver un fil con­duc­teur com­mun. On ne pour­ra blâmer Boys Noize pour cela. Il est celui qui est resté le plus fidèle à la musique qu’il pro­dui­sait à ses débuts, celui qui s’est le moins assagi.

Art­work

À l’écoute de son cinquième album, qui arrive cinq ans après May­day, on a d’ailleurs par­fois le sen­ti­ment d’entendre un adulte qui refuse de vieil­lir, voulant prou­ver qu’il en a encore sous la pédale, tel un quadra qui se lancerait dans l’ascension d’un col hors caté­gorie, par défi. De l’électro-house acérée comme on en fai­sait dans les années 2000, des boucles acid, des bleeps, des bass­es com­pressées et des escapades à plus de 140 BPM, +/- (pronon­cer « Polar­i­ty ») n’est claire­ment pas un disque pour chiller. Mais l’album ne s’intitule pas ain­si sans rai­son. Si on asso­cie sou­vent son auteur au dance­floor, il a prou­vé ces dernières années être autant à son aise dans l’univers de la pop et du R&B, pro­duisant pour Mark Ron­son, Lady Gaga, A$AP Rocky ou Frank Ocean, col­lab­o­rant avec Skrillex et Ty Dol­la Sign. Une incli­nai­son qui s’entend.

Il y a du miel entre les tur­bines, par­fois un peu trop comme sur ce « Ride Or Die » qui glisse dan­gereuse­ment vers l’EDM, mais quand le dosage est bon, cela donne les meilleurs titres de l’album (« Girl Crush », « Polar­i­ty », « Affec­tion », « All I Want »), ceux qui syn­thé­tisent le mieux les dif­férentes aspi­ra­tions du pro­duc­teur allemand.

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