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© Lucile Lafièvre
24 janvier 2020

Soeurs Malsaines : le collectif qui fait la fête à poil

par Tsugi

Depuis sept ans, le collectif des Soeurs Malsaines organise des soirées à Paris, et bientôt dans toute la France, dont le maître mot est « liberté ». Leur objectif simple, affiché dès la page Facebook : « Tétons partout, soutif nulle part ». Un programme réalisé dans des soirées aux noms géniaux comme Club Tétons au Rex, ArmageBOOBS, La Croisière ça m’use au Petit Bain, ou Ni Moule Nichons à Marseille. À chaque fois, ces Soeurs apportent leur « franche touche » : on s’y met à poil, on s’y maquille les tétons, on y fait la fête sans se juger. Mais ne vous arrêtez pas à leur communication débridée, ce collectif aussi festif que militant sait très bien ce qu’il fait. Emilie et Lucile, sœurs et fondatrices du collectif, nous expliquent comment est-ce qu’elles comptent foutre la France à poil.

 

« On porte la shlagance en étendard mais surtout du BOOBS DU BOOBS DU BOOBS, et un peu de cul aussi. »

Racontez-nous un peu l’histoire de votre collectif ?

Il y a sept ans, on se faisait souvent chier en club et on avait envie d’une autre proposition ; on a donc créé les teufs qu’on attendait, c’est-à-dire des soirées avec de la vie. À l’époque, il y avait beaucoup moins de collectifs et donc beaucoup moins d’effervescence créative et innovante. Il était nécessaire d’apporter un accompagnement et de la sensibilisation, ainsi qu’une touche onirique aux soirées électroniques techno qui sont souvent froides et impersonnelles. Il y a toujours eu des événements undergrounds et illégaux qui prônent des valeurs de liberté proches des nôtres, mais nous avons voulu ouvrir ce monde et le rendre plus accessible sans transiger sur notre philosophie. Par exemple, nous faisons signer une charte aux clubs que l’on investit, ce qui nous permet d’instaurer des espaces plus safes et plus égalitaires. Aujourd’hui, on a un nouveau but : Marseille. On voit qu’il y a un très beau public et une ambiance de folie là-bas. Et on ne s’arrêtera pas à la cité phocéenne. Cette année, on a des projets à Tours, Nantes, Rouen et Lyon. Attention, nos popotins vont débouler, PERSONNE N’EST PRÊT !

Au Rex Club / ©Quentin Belloir

Au Rex Club / ©Quentin Belloir

Qu’est-ce qu’il y a dans vos soirées qu’il n’y a pas ailleurs ?

Une vraie ambiance de fête, à mi-chemin entre la réunion de hippies, le festival de teufeurs et le Paris intellol. En fait, ce qui fait la différence, c’est cette mixité de créatures qu’on arrive à réunir. On porte la shlagance en étendard mais surtout du BOOBS DU BOOBS DU BOOBS, et un peu de cul aussi. Sans forcément être sexuel. C’est compliqué de faire comprendre à certains teufeurs qu’on peut être nu mais pas forcément chaud pour un coït. On essaye de faire découvrir à notre public des libertés simples mais qui font la différence, comme pouvoir se mettre torse nu, se déguiser, se faire accompagner en cas d’excès, éviter les jugements. Ensuite, ils s’emparent de cette sensation de liberté et la partagent. Ils et elles rendent chacune de nos soirées incroyables.

C’est compliqué de faire comprendre à certains teufeurs qu’on peut être nu mais pas forcément chaud pour un coït.

Au Rex Club / © Mahdi Aridj

Au Rex Club / © Mahdi Aridj

En effet, vous aimez bien vous foutre à poil dans vos soirées, ça pose des problèmes parfois, ça rebute certains ?

En fait, on aime se foutre à poil parce qu’il fait chaud, et surtout parce qu’en faisant tomber le haut, on ouvre une autre perception de soi et des autres. Si on explique cela aux lieux qui nous accueillent et qu’on fait un travail de communication adapté au public, normalement il n’y a pas de souci. Même si on a rencontré quelques problèmes avec des équipes de sécurité mal briefées ; on a appris de nos erreurs et maintenant on communique en amont avec les équipes des clubs. Il y aura toujours des gens bêtes et méchants qui ne comprendront pas nos soirées ou qui s’en feront une idée très particulière. Notre communication libre et décomplexée doit jouer pour beaucoup. Mais en réalité nos fêtes sont très faciles d’accès, c’est juste qu’on aime beaucoup parler de cul, de drogue, sur un ton décalé. Parce qu’il faut arrêter avec les tabous. En teuf, il faut se sentir libre et en toute sécurité, car c’est bien le seul moment de ta semaine où tu ne dois plus te prendre la tête ; mais il faut aussi désexualiser les corps, et en particulier celui des femmes. Nous défendons l’acceptation de soi et des autres dans le cadre de fêtes sans complexe et sans jugement.

« En faisant tomber le haut, on ouvre une autre perception de soi et des autres. »

Au Rex Club / ©Quentin Belloir

©Lucile Lafièvre

Au Rex Club / ©Vincent Wyrin’s

Le truc le plus fou que vous ayez vu/vécu dans une de vos soirées ?

Chaque soirée est un peu plus folle que la précédente. Constater que le gang des tous-nus rassemble un peu plus de fidèles à chaque fois, ça nous fait quelque chose dans le bidou, surtout quand c’est au Rex club, putain. Sinon, à la soirée Armageboobs, voir un mec se désaper dès son arrivée au club et passer toute la nuit la teub à l’air, sans complexe, c’était quelque chose. En plus, il a passé une super soirée et nous a remercié pour la bienveillance omniprésente autour de lui. C’était une réelle fierté.

Aussi, pendant l’after du festival Coucool, on s’est foutus à poil avec des gens rencontrés la veille pour aller se baigner dans l’étang et chiller sur un lit-radeau. On a refait le monde sur un lit au milieu de l’eau dans le plus simple appareil, c’était priceless. Un dimanche soir à 20h, on a passé de la grosse techno à Marseille et toutes les meufs de la soirée ont fait tomber le haut en me coursant pour choper des caches-tétons. Et on a tourné un porno en club aussi (mais c’était y a longtemps)…

Armageboobs / ©L’Oeil Du Yak II

Armageboobs / ©L’Oeil Du Yak II

Au Rex Club / © Mahdi Aridj

La prochaine soirée des Soeurs Malsaines, Il est où l’after, aura lieu le 26 janvier au 6b, à Saint-Denis. Puis dans un format conférence et expo sur le thème de la culture porno au Hasard Ludique le 15 février.

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