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🤝 Sound systems : mode d’emploi par le fondateur du site spĂ©cialisĂ© Horn Plans

Ancien pro­duc­teur dance à suc­cès à la fin des années 90, le mys­térieux Marc O. est aus­si le fon­da­teur du réputé forum hornplans.free.fr. La référence pour tous ceux qui s’intéressent de très près ou de rel­a­tive­ment loin, à la con­struc­tion d’un sound sys­tem. On a donc été pos­er nos ques­tions, en mode total béo­tien, à ce spé­cial­iste des cais­sons qui pour­tant s’exprime très rarement. His­toire de savoir com­ment ani­mer l’été, en mode “free”. Aver­tisse­ment : cer­tains pas­sages deman­deront sûre­ment une deux­ième, voire une troisième lecture…

Pourquoi con­stru­ire un sound system ?

La rai­son prin­ci­pale est que, à qual­ité égale, con­stru­ire son pro­pre sound sys­tem revient bien moins cher que de l’a­cheter en neuf. Le DIY’eur, celui qui con­stru­it son sys­tème a en plus la sat­is­fac­tion de l’avoir fab­riqué de ses pro­pres mains. Il a aus­si la pos­si­bil­ité de choisir tous les com­posants, haut-parleurs, type de bois, poignées, pein­ture, con­nec­tique, câblage, sans compter toutes les pos­si­bil­ités de cus­tomi­sa­tion pour per­son­nalis­er le pro­jet à son image. En procé­dant ain­si, il aura une maîtrise de toute la chaîne de fab­ri­ca­tion, il pour­ra con­stru­ire la sono de ses rêves, en fonc­tion de son util­i­sa­tion, et de son budget.

Sound System

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Pourquoi est-il nĂ©ces­saire de plac­er le haut-parleur dans une enceinte ? 

Un haut-parleur com­porte une mem­brane qui est mue par une bobine Ă©lec­trique, dite mobile, placĂ©e dans le champ mag­né­tique d’un aimant. Lorsqu’on fait pass­er un courant alter­natif dans cette bobine, de la musique par exem­ple, la mem­brane se dĂ©place d’a­vant en arrière, et d’arrière en avant. Lorsque la mem­brane est poussĂ©e vers le devant du haut-parleur, il se crĂ©e devant la mem­brane une onde de pres­sion dite pos­i­tive, alors que la par­tie arrière gĂ©nère elle, pour ce mĂŞme mou­ve­ment, une onde de pres­sion nĂ©ga­tive. Si ces deux ondes pos­i­tives et nĂ©ga­tives se ren­con­trent, alors elles s’an­nu­lent et le ren­de­ment du haut-parleur devient insignifi­ant. Il est donc impĂ©ratif d’empĂŞcher que l’onde avant et arrière se mĂ©lange, ou de trou­ver un moyen Ă©lec­troa­cous­tique pour les met­tre en phase. Le procĂ©dĂ© le plus sim­ple est de crĂ©er un baf­fle dit clos enfer­mant l’onde arrière dans un cof­fret. A ce baf­fle clos, on peut ajouter un event bass-reflex, Ă©vent qui est un rĂ©sonateur de Helmholtz, c’est-Ă -dire qu’il va Ă©met­tre une bande de frĂ©quences, acous­tique­ment fil­trĂ©e, Ă©troite et fixe, Ă©lim­i­nant de fait toutes les autres frĂ©quences. Le son gĂ©nĂ©rĂ© par ce rĂ©sonateur va alors s’a­jouter Ă  la radi­a­tion directe de la mem­brane sans qu’il y ait cette fois-ci d’an­nu­la­tion : on par­le alors de « som­ma­tion Â», ce qui per­met un gain sub­stantiel par rap­port au baf­fle clos.

Qu’est-ce que c’est qu’un pavillon ?

Pour amĂ©lior­er le ren­de­ment, on peut utilis­er un pavil­lon, le pavil­lon ayant pour but de crĂ©er un adap­ta­teur d’im­pé­dance acous­tique, ce qui va favoris­er la trans­mis­sion de l’onde acous­tique en prove­nance de la mem­brane vers les molĂ©cules d’air qui vont trans­porter l’onde sonore. Il y avait jusqu’ici, grosso modo, deux grands types de pavil­lons util­isĂ©s, ceux dits Ă  charge avant qui Ă©taient les plus en vogue dans les sonori­sa­tions des annĂ©es 70’s, et les charges arrière qu’on voy­ait essen­tielle­ment en hi-fi des annĂ©es 60/70’s, un peu en sono aus­si, notam­ment avec les « scoops Â» 4520 et 4530 de chez JBL. Et il exis­tait une autre charge très anci­enne, puisqu’inventĂ©e en 1936 par Har­ry F. Olson et Frank Mas­sa, exploitant Ă  la fois la charge avant et arrière, nom­mĂ©e « com­pound Â». Ce procĂ©dĂ© fut ini­tiale­ment util­isĂ© sur une large bande de frĂ©quences par la mar­que RCA, puis par la mar­que Lowther en hi-fi dans les annĂ©es 50’s, avant d’être oubliĂ©e des fab­ri­cants. J’ai repris ce principe, je l’ai remis au gout du jour, d’abord en l’adaptant au reg­istre grave pour les cais­sons, puis au haut grave pour les kicks bins dont la bande de frĂ©quences est situĂ©e juste au-dessus de celle des cais­sons. J’ai crĂ©Ă© de nou­velles ver­sions de com­pounds, dont cer­taines 100% orig­i­nales, et j’ai aus­si mis Ă  jour la thĂ©orie, par exem­ple, en dĂ©finis­sant la nĂ©ces­sitĂ© d’une bonne mise en phase entre onde avant et arrière, afin d’amĂ©liorer la bande pas­sante et la dynamique. J’ai dĂ©velop­pĂ© de nou­veaux out­ils infor­ma­tiques pro­prié­taires qui me per­me­t­tent d’ef­fectuer la meilleure opti­mi­sa­tion qui soit de cette charge. Bien que mon but ini­tial Ă©tait avant tout d’éla­bor­er quelque chose de très effi­cace, par toutes ces actions, j’ai con­tribuĂ© Ă  ren­dre le com­pound assez pop­u­laire, si bien que mes designs com­pounds sont devenus très prisĂ©s des sound sys­tems, car prĂ©sen­tant nom­breux avan­tages sur toutes les autres charges. Ça ne rend pas pour autant caduque les autres charges, mais il devient très dif­fi­cile de pou­voir rivalis­er tant en ren­du sonore, que niveau maxi, ou encore bande passante.

Pourquoi les sound sys­tems aiment-ils autant les pavillons ?

Avec des cais­sons pavil­lon­naires, pour un mĂŞme niveau maxi sonore, on aura besoin de moitiĂ© moins de cais­sons et d’am­plis qu’une sono Ă  radi­a­tion directe dans l’air, ce qui veut aus­si dire, un coĂ»t de revient dimin­uĂ©, puisque deux fois moins de cais­sons et amplis. On com­pren­dra alors l’engouement des sound sys­tems pour le pavil­lon­naire. En sonori­sa­tion pro­fes­sion­nelle, le pavil­lon grave est peu util­isĂ©, Ă  cause de sa mau­vaise rĂ©pu­ta­tion issue des anci­ennes sonos des annĂ©es 70’s : les mythes ont la peau dure !

Mais peut-ĂŞtre faut-il y voir l’in­tĂ©rĂŞt des con­struc­teurs de ven­dre deux fois plus de matĂ©riel. Quoi qu’il en soit, ce qui Ă©tait pro­duit dans les annĂ©es 70’s n’a plus rien Ă  voir avec ce qui se fait aujour­d’hui : il n’y avait pas encore Ă  cette Ă©poque d’outils infor­ma­tiques per­me­t­tant une opti­mi­sa­tion poussĂ©e des pavil­lons. C’é­tait surtout l’empirisme qui dom­i­nait, avec des for­mules math­é­ma­tiques plus ou moins sim­plistes. D’autre part, l’élec­tron­ique a aus­si beau­coup Ă©voluĂ©, notam­ment avec les processeurs DSP, de mĂŞme que les pos­si­bil­itĂ©s de faire de la mesure, par exem­ple, courbes de rĂ©ponse, phase, group delay, etc : avec n’im­porte quel ordi­na­teur, un micro de mesure Ă  prix très abor­d­able, et un logi­ciel en licence libre, on a accès Ă  une mesure de qual­itĂ© pro­fes­sion­nelle. Cer­tains sonorisa­teurs pros pensent encore qu’un sound sys­tem, c’est quelque chose qui « fait du bruit Â» et de piètre qual­itĂ©. C’é­tait peut-ĂŞtre vrai jusque fin du siè­cle dernier, mais les choses ont bien Ă©voluĂ© : ces mĂŞmes sonorisa­teurs seraient très sur­pris du niveau de qual­itĂ© atteint, et cer­tains feraient mieux de s’en inspir­er, parce que dans le monde de l’au­dio pro, il n’y a pas que des per­son­nes compĂ©tentes.

Com­ment fabrique-t-on ces fameux caissons ?

Un cais­son n’est qu’une par­tie du sound sys­tem, mais c’est lui qui va repro­duire le spec­tre le plus impor­tant des musiques élec­tron­iques : les fréquences bass­es. Avant toutes choses, il faut un plan de con­struc­tion, plan que l’on peut trou­ver sur inter­net. Il en existe de nom­breux disponibles en usage libre, dont notam­ment sur le site Horn­plans. Pour les plus aguer­ris à la tech­nique, il y a la pos­si­bil­ité de créer son pro­pre plan, à par­tir de logi­ciels que l’on peut trou­ver en licence libre. Toute­fois, cette créa­tion n’a rien de sim­ple : il faut un min­i­mum de con­nais­sances dans le domaine de l’élec­troa­cous­tique, et puis il faut chercher des solu­tions pour repli­er le pavil­lon dans une boîte rec­tan­gu­laire, parce qu’au­cun logi­ciel disponible ne per­met cela. C’est donc au con­cep­teur à trou­ver ces solu­tions, ce qui demande beau­coup de logique pour exploiter au max­i­mum la place vacante dans le cais­son, ne pas com­pli­quer exagéré­ment le design, car à qual­ité égale, plus une chose est sim­ple, mieux c’est. Une fois que l’on a trou­vé le plan adap­té à son usage, il faut acheter les plaques de bois, le plus sou­vent du con­tre­plaqué en 18mm, soit du bouleau de Fin­lande, plus résis­tant, soit de l’ok­oumé avec le max­i­mum de plis, moins cher et plus léger, un bon com­pro­mis, assez pop­u­laire. On va ensuite faire un plan de coupe des pan­neaux pour avoir le moins de chutes pos­si­bles. Une fois le bois découpé, on va trac­er le posi­tion­nement des divers pan­neaux qui vont être col­lés et vis­sés entre eux. Des ren­forts internes vien­nent s’a­jouter pour le max­i­mum de rigid­ité, ce qui est très impor­tant sur un cais­son de basse : les parois ne doivent pas vibr­er sous peine d’une baisse des per­for­mances. Les découpes des haut-parleurs auront été réal­isées avant l’assem­blage final. On ter­min­era avec le câblage, et une pein­ture spé­ci­fique, résis­tante, puisque les cais­sons vont être sou­vent déplacés au gré des événe­ments à sonoriser.

En quoi con­sis­tent les fameux « plans » de sound sys­tem que l’on trou­ve sur internet ?

Un plan est un dessin tech­nique reprĂ©sen­tant plusieurs vues d’une enceinte, mon­trant son archi­tec­ture interne, archi­tec­ture qui devient invis­i­ble une fois l’enceinte refer­mĂ©e. Le plan con­tient aus­si toute la cota­tion. Il est le fruit d’un tra­vail de sim­u­la­tion fait sur ordi­na­teur afin d’op­ti­miser l’enceinte pour les meilleures per­for­mances dans la bande de frĂ©quences Ă  repro­duire. Glob­ale­ment, on peut dis­tinguer les plans de cais­sons de basse dits subs, et les « tops Â» ou « tĂŞtes Â» qui regroupent plusieurs canaux de frĂ©quences, c’est-Ă -dire plusieurs voies dans une seule enceinte. Quelque­fois, on crĂ©e aus­si une sec­tion dĂ©diĂ©e pour les frĂ©quences de haut grave que l’on va appel­er « kick bin Â» en rĂ©fĂ©rence Ă  la grosse caisse d’un kit de bat­terie, appelĂ©e aus­si « pied Â» ou « kick Â». Le plan sera la ligne direc­trice Ă  suiv­re pour la dĂ©coupe des pan­neaux, l’assemblage.

Sound System

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Est-ce qu’il faut choisir son type d’enceintes par rap­port au style de musique ?

On choisit le type d’enceintes en fonc­tion de plusieurs critères: la musique repro­duite (par exem­ple le dub­step néces­site des graves plus pro­fonds que la tech­no), le pub­lic ciblé (on aura besoin de davan­tage de niveau sonore pour une rave que pour un pub­lic famil­ial) et la jauge (le nom­bre de per­son­nes à sonoris­er), le bud­get et enfin les com­pé­tences tech­niques de la per­son­ne qui va mon­ter son sound sys­tem (cer­taines fab­ri­ca­tions sont plus dif­fi­ciles que d’autres)

Quelles sont les plus grandes dif­fi­cultĂ©s dans la con­struc­tion d’un sound system ?

La plus grande dif­fi­cultĂ© n’est pas vrai­ment la fab­ri­ca­tion des enceintes elles-mĂŞmes. Bien que ce ne soit pas des plus facile, on peut avec un Ă©quipement rel­a­tive­ment abor­d­able, et quelques con­nais­sances mineures, tutos ou autres, par­venir Ă  effectuer la con­struc­tion. LĂ  oĂą ça devient plus com­plexe et tech­nique, c’est lorsqu’il va fal­loir faire fonc­tion­ner ensem­ble 3, 4 voire mĂŞme 5 voies de ban­des de frĂ©quences dif­fĂ©rentes. Le sig­nal musi­cal, une fois sor­ti de la table de mix­age, va tran­siter par le processeur : le processeur, ou DSP (Dig­i­tal Sig­nal Pro­cess­ing), est une des pièces maĂ®tress­es d’une sono, c’est lui qui va sĂ©par­er, fil­tr­er chaque bande de frĂ©quences, pour les envoy­er aux enceintes dĂ©diĂ©es. Mais il va aus­si per­me­t­tre de rĂ©gler des dĂ©lais afin de rat­trap­er cer­tains dĂ©calages tem­porels entre enceintes, ou encore per­me­t­tre d’u­tilis­er des lim­i­teurs qui vont empĂŞch­er tout excès de puis­sance envoyĂ©e par les amplis. Il fau­dra aus­si rĂ©gler tous les Ă©galiseurs du processeur, Ă©galiseurs que l’on retrou­ve sur cha­cune des sor­ties fil­trĂ©es. Dans le lan­gage courant, on appelle cela « caler la sono Â», opĂ©ra­tion qui con­siste Ă  ce que chaque bande de frĂ©quences soit bien tran­scrite linĂ©aire­ment, et que cha­cune de ces ban­des de frĂ©quences soit en phase avec les voies adja­centes. De ces divers rĂ©glages du processeur, dĂ©pen­dra de la qual­itĂ© du ren­du sonore : fab­ri­quer le meilleur sound sys­tem pos­si­ble n’est pas la garantie d’avoir le meilleur son, il fau­dra encore appli­quer les bons rĂ©glages pour en tir­er toute la quin­tes­sence. C’est la plus grande dif­fi­cultĂ© pour la majoritĂ© des DIY’eurs, la fab­ri­ca­tion n’é­tant qu’une Ă©tape.

C’est très com­pliquĂ© de caler la sono ?

RĂ©gler sa sono nĂ©ces­site quelques bases tech­niques : on doit appren­dre Ă  quoi cor­re­spon­dent les mul­ti­ples rĂ©glages du DSP. Il faut aus­si maĂ®tris­er les logi­ciels de mesure pour faire les divers­es courbes de rĂ©ponse et mise en phase des voies. Avoir une oreille entraĂ®nĂ©e aide aus­si Ă  iden­ti­fi­er les divers prob­lèmes, parce que les logi­ciels ne retran­scrivent pas tout. Je con­seille sou­vent aux per­son­nes qui veu­lent dĂ©velop­per leur capac­itĂ© d’analyse audi­tive, de pra­ti­quer le mix­age de type stu­dio (facile aujour­d’hui avec un ordi­na­teur), ce qui va les aider Ă  iden­ti­fi­er les frĂ©quences et autres prob­lèmes, les aider Ă  mieux apprĂ©hen­der les con­traintes imposĂ©es par le con­tenu spec­tral des sources sonores. Et juste­ment, les con­traintes dans la repro­duc­tion sonore sont omniprĂ©sentes, que ça soit par la taille des enceintes, le poids, le ren­de­ment, le niveau maxi, la rĂ©ponse basse, la dis­tor­sion, la rĂ©ponse spec­trale, la mise en phase, la dynamique, la direc­tiv­itĂ©, les lim­ites Ă©lec­triques et mĂ©caniques des haut-parleurs, etc.

On ne peut pas automa­tis­er ce proces­sus ?

Il n’ex­iste pas de sono ou appareil mir­a­cle qui lorsqu’on appuierait sur un bou­ton, tout se met­trait Ă  fonc­tion­ner cor­recte­ment par magie. Certes, chez les grands con­struc­teurs, on peut acheter une sono com­plète oĂą tout a Ă©tĂ© testĂ© et rĂ©glĂ© en usine, livrĂ©e avec un pre­set DSP qui incor­pore tous les rĂ©glages, ce qui est pra­tique, mais prĂ©sente quand mĂŞme des incon­vĂ©nients, parce que ces sys­tèmes sont conçus pour fonc­tion­ner dans une con­fig­u­ra­tion don­nĂ©e, donc for­cé­ment lim­i­ta­tive, ils ne sont pas tou­jours Ă©vo­lu­tifs, et surtout, ils sont très chers, large­ment hors de portĂ©e de la bourse du DIY’eur. D’autre part, on sera tou­jours amenĂ© Ă  apporter de nou­velles cor­rec­tions en fonc­tion du lieu Ă  sonoris­er, donc autant appren­dre Ă  faire soit mĂŞme ses pro­pres cor­rec­tions. Dans le monde de la sonori­sa­tion, il existe deux types d’u­til­isa­teurs : ceux qui savent utilis­er le bou­ton « pre­set Â» du processeur, et ceux qui savent Ă  quoi ser­vent les autres bou­tons. Et dans le monde du DIY, mieux vaut appartenir Ă  la sec­onde catĂ©gorie.

Quel type de matĂ©riel faut-il rĂ©u­nir pour la con­struc­tion d’un sound system ?

Pour la con­struc­tion des enceintes du sound sys­tem, on peut com­mencer très sim­ple en faisant découper les pan­neaux de bois dans un mag­a­sin de brico­lage : avec juste une perceuse, une vis­seuse, une scie sauteuse, il y a déjà de quoi faire. Si on veut découper soit même ses plaques de bois, on aura besoin d’une scie cir­cu­laire. On pour­ra ajouter une défon­ceuse qui pour­ra servir à faire des encas­trements, des trous bien ronds, arrondir des angles, etc.

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Pourquoi avoir lancĂ© le forum Hornplans ?

J’ai eu l’oc­ca­sion de tra­vailler de nom­breuses années dans l’au­dio et dans plusieurs domaines, qui ont tous été pour moi com­plé­men­taires : la sonori­sa­tion, le mix­age live / stu­dio d’en­reg­istrement, le mas­ter­ing, la pro­duc­tion musi­cale, la com­po, les arrange­ments, la créa­tion de sons via les divers­es syn­thès­es exis­tantes, jusqu’à l’écri­t­ure de pro­grammes et plug-ins musi­caux : tous ces domaines m’ont été utiles à la com­préhen­sion de l’au­dio et de l’élec­troa­cous­tique. Qu’on ne s’y trompe pas : être élec­troa­cousti­cien est un méti­er à part entière où on est en per­pétuel appren­tis­sage, d’une part parce que ce domaine est incroy­able­ment vaste, et puis parce que les tech­nolo­gies évolu­ent très vite, ce qui néces­site de se remet­tre à jour fréquem­ment. J’ai com­mencé à pra­ti­quer l’élec­troa­cous­tique avec mes pre­mières sonos que je cher­chais à opti­miser, amélior­er. Puis mes expéri­ences suc­ces­sives dans l’au­dio m’ont amené à appren­dre tou­jours plus, à com­pren­dre ce qui pour moi pou­vait aupar­a­vant être un mys­tère. D’ailleurs, plus une chose est com­plexe, plus j’ai envie de décou­vrir ce qu’elle cache : c’est un vrai moteur. Lorsque je trou­vais une réponse à une ques­tion, c’é­tait alors dix autres ques­tions qui me venaient à l’e­sprit. Ma quête d’in­fo ne s’est donc pas faite en un jour. J’ai pu ain­si accu­muler un cer­tain savoir, et je l’ai appliqué à chaque nou­velle enceinte que je con­ce­vais, per­fec­tion­nant à chaque fois le proces­sus. J’ai à mon act­if plusieurs cen­taines d’enceintes créées et en ser­vice, ce qui m’a per­mis de roder de nom­breuses tech­niques pour ne garder que les plus efficaces.

Alors qu’il y a quelques annĂ©es, je tra­vail­lais dans la pro­duc­tion musi­cale, essen­tielle­ment pour Uni­ver­sal Music et quelques labels Ă  l’é­tranger, j’ai tout plaquĂ© pour me met­tre au vert : une indus­trie musi­cale oĂą on gère des « pro­duits Â» qu’on vend comme des yaourts, ce n’é­tait pas exacte­ment la vision que j’avais du domaine artis­tique. Étant libĂ©rĂ© de toutes oblig­a­tions et con­traintes, pour occu­per le temps, je me suis alors mis Ă  dessin­er un plan de cais­son Ă  pavil­lon. Je l’ai prĂ©sen­tĂ© sur un forum (horn­plans n’ex­is­tait pas encore) et l’ai mis Ă  dis­po­si­tion en libre accès. Per­son­ne ne me con­nais­sait, pas plus qu’on ne con­nais­sait mes com­pé­tences. Autant dire que j’é­tais vu comme le loup blanc ou comme un extrater­restre : pour les mem­bres de ce forum, mes Ă©crits et expli­ca­tions tech­niques sem­blaient provenir d’une autre dimen­sion. Pen­dant six longs mois, per­son­ne n’a util­isĂ© mon plan. Cer­tains dis­aient mĂŞme qu’il ne pour­rait jamais fonc­tion­ner cor­recte­ment, avant qu’un mem­bre ne s’ex­prime ain­si: « per­son­ne ne veut essay­er ce plan, et bien moi je vais fab­ri­quer ce cais­son, et on ver­ra bien Â». Et Ă  par­tir de lĂ , de nom­breux cais­sons issus de ce plan vont ĂŞtre con­stru­its, un rĂ©el engoue­ment va naĂ®tre, ce qui va me pouss­er Ă  rĂ©alis­er d’autres plans.

Sans cette Ă©tape, une sorte de val­i­da­tion de mon tra­vail, Horn­plans n’au­rait prob­a­ble­ment jamais existĂ©. L’idĂ©e du site est venue après avoir con­statĂ© que les plans qu’on trou­vait sur le net Ă©taient large­ment dis­sĂ©minĂ©s aux qua­tre coins de la planète. Et puis je ressen­tais le besoin de partager mon savoir que j’avais accu­mulĂ© durant nom­breuses annĂ©es. C’est alors qu’est nĂ© le con­cept du site : rassem­bler de l’in­fo et de nom­breux plans d’en­ceintes Ă  pavil­lons, puisque le pavil­lon (horn en Anglais), c’est mon cré­do. J’ai incor­porĂ© quelques-uns de mes plans en plus de ceux que j’avais rĂ©cupĂ©rĂ©s depuis nom­breuses annĂ©es, aus­si incor­porĂ© quelques arti­cles tech­niques et un forum. J’ai passĂ© des jours et des nuits Ă  col­lecter les plans qui me man­quaient et Ă©crire des arti­cles, puis j’ai com­plĂ©tĂ© au fur et Ă  mesure. Rapi­de­ment, le site est devenu une rĂ©fĂ©rence, con­nu dans le monde entier, sans jamais avoir fait une quel­conque pro­mo­tion sur un rĂ©seau social, et pour cause : je ne suis sur aucun rĂ©seau social. C’est juste le bouche-Ă -oreille qui a opĂ©rĂ©.

Quelle est la philoso­phie du forum ?

Les maitres mots du site sont l’en­traide, le partage : des valeurs que je défends. L’intégralité du site est en accès gra­tu­it, parce que je con­sid­ère que le savoir doit être partagé et acces­si­ble à tous, c’est ma philoso­phie. Aujour­d’hui, Horn­plans c’est plus de 200 plans libre­ment disponibles, ain­si que d’autres que l’on peut trou­ver unique­ment sur le forum, nom­breuses cal­culettes tech­niques, des arti­cles, un forum d’en­traide très act­if. Il m’ar­rive aus­si de répon­dre en email (via le forum) à des prob­lèmes tech­niques spé­ci­fiques, ou encore d’aider des étu­di­ants en uni­ver­sité d’ingénieur électroacoustique.

Quels sont les pro­fils des per­son­nes qui frĂ©quentent le forum ?

Majori­taire­ment des per­son­nes ayant la ving­taine ou la trentaine. On y trou­ve des per­son­nes de tous les âges, tout le monde est le bien­venu, mais force est de con­stater que cet univers tech­nique est typ­ique­ment mas­culin. On con­state aus­si cela dans le monde de l’au­dio pro. Il ne s’ag­it nulle­ment de sex­isme, juste un Ă©tat de fait.

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