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4 août 2016

T.B. Arthur : le fou d’acid que personne ne connaît, mais que tout le monde s’arrache

par rédaction Tsugi

Mais qui est T.B. Arthur ? Nos collègues de Thump, la rubrique musique de Vice, se sont déjà posé la question, sans toutefois pouvoir rencontrer le mystérieux producteur, ce « fantôme », cette « nouvelle obsession techno ». Ça fait beaucoup d’adjectifs ampoulées pour un gus’ qui ne veut pas dire son nom. Mais cet anonyme est responsable d’épatants EPs sortis en 2014 et 2015, notamment sur Argot, label de Chicago où se croisent The Black Madonna ou Amir Alexander : une série de titres venus de nulle part à la qualité irréprochable, acid souvent, dansants toujours. De quoi booker le mystérieux bonhomme, au club de Tokyo Contact le week-end dernier, à Domune ensuite (le streaming se regarde ici), à Concrete ce vendredi aux côtés de Jus Ed et DJ Sprinkles.

« Il y a de grandes chances pour que vous n’ayez encore jamais entendu parler de T.B Arthur, un artiste apparemment de Chicago ayant surgit de nulle part en 2014, en enchaînant des releases assez dingues… Les rumeurs vont bon train sur son identité. De notre côté, tout ce qu’on sait, c’est que le live va être vraiment très très sérieux… », teasent les équipes de Concrete, résumant le peu d’informations disponibles sur le producteur : il viendrait de Chicago, comme l’indique le numéro de téléphone inscrit sur chacunes de ses sorties. Pour au moins vérifier ça, on a décidé d’appeler Mister TB Arthur, alors en légère gueule de bois après une orgie de shochu (un genre de saké) à Tokyo – la faute à DJ Nobu, nous confie le cafteur. La voix est grave et profonde. Ok, donc c’est un bien un homme (dans sa petite enquête, Thump est parti du principe que T.B. Arthur était un dude, on gardait un doute). L’anglais n’est pas hésitant et l’accent semble américain. Ok, il n’est donc pas français malgré ses stickers et tee-shirts « Je parle acid ». Mais au final, on n’en saura pas beaucoup plus sur son identité. Et finalement, c’est tant mieux. 

Evidemment, on n’a pas beaucoup de photos de T.B. Arthur. Du coup, il nous a envoyé ses photos de Tokyo. Celle-ci est sa favorite. 

Car si T.B Arthur ne veut pas révéler son nom, ce n’est pas une posture, ni un caprice. C’est une blague. « Révéler mon identité un jour et dire au monde que je suis David fucking Guetta ou un truc comme ça… Non, ce n’est pas le principe. Je veux juste m’amuser, et gentiment me moquer de la scène aussi, juste parce que c’est drôle : il y a tellement de stratégies dans la techno, j’ai juste envie de leur dire ‘relax' », explique-t-il, tout en excluant Aphex Twin et ses cinq millions de pseudos (« Restons fair-play, je trouve qu’il a un sens de l’humour incroyable, c’est un peu à part »). « Dans les années 90, il y avait déjà des projets anonymes, mais le but était plutôt d’être mystérieux, pas de faire un effet dannonce. Je préfère rester dans le mystère, mon nom n’a aucune importance ». Pas de grande révélation-scoop-choc à prévoir donc : « Je vous le jure : je ne suis pas un DJ connu qui se fout de la gueule du monde en prenant un pseudo caché, sans joie, juste pour donner un peu plus de poids à mon nom ou avoir plus de booking ». Fin de l’histoire, n’en déplaise aux dizaines de curieux qui appellent le numéro chicagoan inscrit sur ses vinyles – « les gens laissent des messages trop cool, parfois ils me vont vraiment beaucoup rire »

« Rire », « blague » et « fun » sont d’ailleurs peut-être les mots les plus utilisés par T.B. Arthur tout au long de la conversation. « J’ai commencé à découvrir les clubs quand j’étais ado, via la scène gay. J’ai appris à danser dans des clubs gay, sur toute sorte de musique, avec beaucoup de folie, d’acceptation de soi et de lacher prise. C’est un esprit que je respecte beaucoup, et j’ai encore besoin aujourd’hui de sentir l’humour dans une fête », confie-t-il. Il y a comme un besoin viscéral de se marrer chez T.B. Arthur, de faire la fête. Il a pourtant été absent de la scène pendant de longues années. Il était actif dans les années 90, comme le prouvent deux EPs, 1, 2 et 3, à la date de sortie inconnue mais masterisés par Mark Richardson (« Un mec hyper talentueux, qui a travaillé sur les meilleurs disques de Chicago… Et sur le mien! »), puis n’a plus donné de nouvelles jusqu’en 2014. « Dans la vie, il y a toujours des hauts et des bas. Je n’ai pas vraiment envie de parler sérieusement de mes propres hauts et bas, je préfère en rire ». Le rire, toujours, même pour évoquer ce qui ressemble à une grosse traversée du désert. Quoiqu’il en soit, T.B. Arthur a aujourd’hui plein de projets : son nouvel EP Psychedelic Relics (nommé ainsi en hommage aux vieilles machines qu’il utilise toujours, car il est peut-être « pas très doué avec les ordinateurs ») est sorti en digital et sera bientôt disponible en vinyle, via Hardwax (le disquaire le soutient fidèlement depuis son retour) et son propre label nommé « (312) » – l’indicatif téléphone de Chicago, toujours. Sur le label en question sont prévues pas mal de collaborations… Encore mystérieuses, forcément. « Et ce ne sera pas David Guetta, promis »

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