Michael Mayer sur la Beach Stage. Crédit : Maxime Chermat

Techno, boue et paillettes : en direct de Marvellous Island

Oui, il a plu. Oui, il y a eu beau­coup de boue, de glis­sades et de pom­pes ruinées. Mais tout le monde s’en fichait éper­du­ment ce pre­mier week-end de mai, allant jusqu’à patauger joyeuse­ment dans la gadoue visqueuse. Et pour ça, cha­peau Mar­vel­lous Island ! Pour sa cinquième édi­tion, le fes­ti­val instal­lé sur la plage de Tor­cy (une base de loisir de l’est de Paris) a réus­si à faire oubli­er le mau­vais temps. Deux raisons à cela : le pub­lic seine-et-marnais (en toute objec­tiv­ité la meilleure pop­u­la­tion du monde), s’accommodant de toutes les con­di­tions météorologiques, tou­jours souri­ant, pail­leté et chaussé de lunettes en forme de cœur, et un line-up impec­ca­ble. Heureuse­ment, car les con­di­tions d’ac­cueil n’é­taient pas opti­males : con­som­ma­tions très chères (10 euros la pinte), toi­lettes pris d’as­saut et glob­ale­ment répug­nants, poubelles trop rares et débor­dantes dès le pre­mier soir… Dis­ons que c’est le prix à pay­er pour une affiche idéale, à com­mencer par le boss Michael May­er, patron de Kom­pakt et de la Beach Stage du fes­ti­val qui, avec le superbe remix de son titre “For You” par DJ Koze, lancera la soirée de same­di. Avant lui, échauf­fe­ment avec le live cos­mique de Point G et le set très esti­val de Kölsch, notam­ment habil­lé d’un remix de “Porce­lain” de Moby par Julian Jew­eil – d’ailleurs pro­gram­mé plus tard dans la soirée. Mais la plus belle per­for­mance de ce same­di soir aura duré deux heures tout pile, de 22h à minu­it : mer­ci Maya Jane Coles pour un set pêchu, dansant, généreux et tech­nique­ment impec­ca­ble, ressor­tant de vieilles pépites (dont un edit du culte “Pump Up The Jam” de Tech­notron­ic) ou des remix­es de tubes (“Nat­ur­al Blues” de Moby revu par Coyu). Deux heures à danser non-stop, de quoi couper les pattes pour le reste de la soirée ! Pour­tant, Julian Jew­eil et Oliv­er Hunte­mann enchaî­nent à la cou­verte Dig­i­tal Stage, ce dernier ser­vant un set un chouia trop bruitiste et sub­til pour l’heure avancée – de quoi accom­pa­g­n­er tran­quille­ment les fes­ti­va­liers vers leur lit (ou leur tente, Mar­vel­lous ayant pro­posé cette année un camp­ing!).

Maya Jane Coles. Crédit : Maxime Cher­mat

Le lende­main, la boue est évidem­ment tou­jours là, les élec­tions en plus. Et voir une jeune fille qui n’a pas l’air d’avoir beau­coup plus de 18 ans hurler “Macron prési­dent !” en plein set d’Oxia, ça n’a pas de prix ! Oxia et Macron… Les deux star de la soirée, “Domi­no” ayant été joué au moins trois fois : l’o­rig­i­nale passée par son auteur bien sûr, rémixé par Frankey & San­dri­no chez Ago­ria (une relec­ture sor­tie sur son pro­pre label Sapi­ens) et un remix par Mata­dor choisi par Stephan Bodzin en toute fin de soirée. Chez Amelie Lens et Char­lotte de Witte, par con­tre, pas de vaporeux “Domi­no” à l’hori­zon : les deux Belges jouent pure­ment tech­no et tabassent cha­cune leur tour en offrant les deux sets les plus jouis­sifs du fes­ti­val, qui se clô­tur­era par Stephan Bodzin pour une fois en DJ-set, et magis­tral. Et après ce tun­nel de six heures de tech­no, c’est bien Petu­la Clark, Jane Birkin et leur gadoue que l’on chante, un peu triste de quit­ter cette plage improb­a­ble et sa pop­u­la­tion adorable : “Vivons un peu sous le ciel gris-bleu, D’amour et d’eau de pluie, Et puis met­tons en marche les essuie-glaces, Et ren­trons à Paris…”. 

Amelie Lens (droite) et Char­lotte de Witte (gauche). Crédit : Maxime Cher­mat

Meilleur moment : trois des meilleures têtes d’af­fiche s’ap­pel­lent Maya Jane Coles, Amelie Lens et Char­lotte de Witte… Mer­ci Mar­vel­lous de penser à la par­ité, ça fait franche­ment plaisir !

Pire moment : le crétin qui a trou­vé drôle de bal­ancer une bombe lacry­mogène en plein set d’Amelie Lens – heureuse­ment que la salle s’est vidée dans le calme et la bonne humeur, ça aurait pu mal tourn­er !

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