Photo : Luc Valigny pour Tsugi

Tsugi 121, avec Kompromat en Une et un CD mixé par Antigone en cadeau, en kiosque le 6 avril !

À nos yeux, c’est sans doute ce qui fait un des charmes de ce mag­a­zine, vrai mar­queur d’un numéro réus­si. Lorsque sa lec­ture pro­cure l’effet d’un grand huit qui vous cham­boule au fur et à mesure des styles et des artistes évo­qués dans ces pages. Quitte à provo­quer peut‐être des ren­vois intem­pes­tifs, comme certain(e)s ont dû sûre­ment en éprou­ver en décou­vrant, médusés, le nom de Bob Sinclar sur la une. Une hérésie? Pas tant que ça, si on se sou­vient que Christophe Le Fri­ant, avec son label Yel­low Pro­duc­tions, a cer­taine­ment été l’une des pièces essen­tielles de la French touch au milieu des années 90. Et surtout cela ne sert à rien de mon­ter dans les tours AVANT de lire une inter­view vérité où le pro­duc­teur et DJ n’évite aucun sujet qui pour­rait le fâch­er (de la dérive com­mer­ciale à la “pipoli­sa­tion”). Il est d’ailleurs beau­coup plus intéres­sant, pour vous comme pour nous, de ten­dre le micro à un artiste dont on ne cau­tionne pas à 100% la musique, mais dont on sait que sa ren­con­tre va nous offrir un moment rare, plutôt que de se taper la flemme en s’inscrivant dans le robi­net tiède d’une journée pro­mo à la chaîne. Alors, la prochaine fois, David Guet­ta dans Tsu­gi ? Faut pas décon­ner quand même…

Vous trou­verez égale­ment dans ce numéro Kom­pro­mat un voy­age sur les traces de Kei­th Flint dans son petit vil­lage de l’Essex, José Reis Fontao de Stuck In The Sound qui nous par­le de sa pas­sion pour le vin et de ses ter­res por­tu­gais­es, des inter­views révoltées avec Fat White Fam­i­ly, Paula Tem­ple ou The Psy­chot­ic Monks avant de se deman­der en fin de mag’ si la fête peut encore être poli­tique, TEPR se racon­tant en images, une ren­con­tre avec les rockeurs irlandais de Fontaines D.C., ou la révéla­tion r’n’b Lolo Zouaï jouant au blind­test. Et puis bien sûr de nom­breuses chroniques, reportages de con­certs, des tests de matériel, des bons plans pour sor­tir… En kiosque (ou sur notre bou­tique en ligne) ce same­di 6 avril, avec, en cadeau, un CD mixé par l’excellent pro­duc­teur et DJ tech­no Antigone ! En atten­dant, vu qu’on est sym­pa, voici le début de notre inter­view avec Kom­pro­mat par Antoine Dabrows­ki : 

À l’ère des fake news, Rebe­ka War­rior et Vital­ic démar­rent un pro­jet dont le nom, Kom­pro­mat, ren­voie à l’époque, pas si loin­taine, de la guerre froide, où l’espionnage sem­blait tenir lieu de diplo­matie. Si les sonorités cold wave et les textes en alle­mand lui con­fèrent une cer­taine austérité, Traum und Exis­tenz, se révèle à la fois intime, poé­tique et dansant.

Les fidèles de Vital­ic se sou­vi­en­nent sans doute de sa pre­mière col­lab­o­ra­tion avec Rebe­ka War­rior, “La Mort sur le dance­floor”, temps fort de Rave Age, son troisième album. L’un et l’autre occu­pent une place à part dans la scène française. Elle, moitié du duo électro‐punk déjan­té Sexy Sushi, chanteuse roman­tique et gracile de Mansfield.TYA et DJ dont les sets furieux taquinent le hard­core, sur les grandes scènes ou aux platines des soirées queer et under­ground. Lui, fig­ure dis­crète de la musique élec­tron­ique à la française, jamais vrai­ment là où l’on attend, s’est fait une place indéboulonnable sur les plateaux des grands fes­ti­vals dans une débauche d’effets lumineux et de beats ravageurs. Alors que Rebe­ka War­rior tourne comme DJ depuis bien­tôt deux ans, sem­blant avoir mis en pause pour une durée indéter­minée ses autres groupes, et que Vital­ic achève sa dernière tournée, en réac­ti­vant son ancien pseu­do Dima pour se recon­necter avec les petits clubs, ils nous révè­lent leurs aspi­ra­tions pour leur pro­jet com­mun, l’un des plus exci­tants du moment. Ren­con­tre avec deux musi­ciens, bien dans leurs bas­kets, à FGO‐Barbara, la salle parisi­enne où ils pré­par­ent leur tournée.

Com­ment est née votre envie de faire un album à deux ?

V: On s’était dit après “La Mort sur le dance­floor” qu’on pour­rait refaire de la musique un jour… Je t’avais envoyé l’instru de “Nie­mand”, le tout pre­mier morceau. Et petit à petit, on en a fait un deux­ième, puis un troisième… Je pense qu’on avait tous les deux digéré nos pro­jets solo et qu’on était prêts pour ten­ter quelque chose qui s’éloigne vrai­ment de Sexy Sushi et de Vital­ic.

Rebe­ka, tu es con­nue pour bien fonc­tion­ner en duo, mais avec toi, Vital­ic, on a l’image de quelqu’un de plus soli­taire. Com­ment avez‐vous tra­vail­lé ?

V: Il n’y avait pas vrai­ment de for­mule: par­fois je lui envoy­ais une boucle, elle la décon­stru­i­sait com­plète­ment, et me la retour­nais accélérée à 150 BPM avec des chœurs !
RW: Déso!!! (rires)
V: Sur cha­cun de mes albums, il y a des fea­tur­ings. Mais avant, c’était mon morceau, mes con­cepts, mes idées. J’étais seul maître à bord! Là, on a vrai­ment partagé les tâch­es, il n’a jamais été ques­tion que l’un de nous deux prenne le dessus. Même s’il y a eu quelques petites diver­gences, assez min­imes finale­ment, tout a été fab­riqué à qua­tre mains. On s’amuse bien ensem­ble.

… La suite à décou­vrir en kiosque ou sur notre bou­tique en ligne dès ce same­di 6 avril !

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