©JD Fanello

Un album, un film, un livre : les inspirations de La Femme

On dit du groupe La Femme qu’il incar­ne la new wave, qu’il donne dans l’électro-pop, le punk rock, ou la synth-pop… Et si tout cela était vrai ? Avec son troisième album Par­a­digmes, il dévoile en quinze titres une imag­i­na­tion débor­dante aux influ­ences bouil­lon­nantes. Mar­lon Mag­née, au nom de La Femme, a bien voulu déchiffr­er ses inspirations.

Arti­cle issu du Tsu­gi 139 : aux orig­ines de Daft Punk, disponible en kiosque et à la com­mande en ligne.

 

  • Son album
    The Vel­vet Under­ground & Nico, The Vel­vet Under­ground & Nico (VERVE, 1966)

C’est l’album que j’ai le plus saigné dans son inté­gral­ité, et que j’ai aimé en total­ité. La pre­mière fois que je l’ai enten­du, c’était à la Fnac, je con­nais­sais Lou Reed et j’avais enten­du par­ler du Vel­vet, j’ai voulu ten­ter le coup aux bornes d’écoute gra­tu­ite. Au bout de quinze sec­on­des, j’ai vite enlevé mon casque en me dis­ant « ouh la, ça va être dingue ». J’ai préféré l’acheter pour pou­voir en prof­iter dans de bonnes con­di­tions plutôt que d’être spoilé dans le mag­a­sin. Ça a été une grosse influ­ence par l’état d’esprit et son esthétique.

 

  • Son film
    For­rest Gump de Robert Zemeck­is (1994)

Tout le monde le con­naît bien sûr, mais c’est vrai­ment pour moi l’un des meilleurs films du monde. C’est un film boulever­sant sur la vie, l’histoire d’un gars à qui tout le monde prédit une vie de merde, mais qui mal­gré tous ses hand­i­caps se bat con­tre le des­tin et arrive à avoir une vie incroy­able. Je l’ai vu avec ma grand-mère à la télévi­sion, je pense que je devais avoir huit ans, mais je sais qu’il m’a boulever­sé. À chaque péri­ode de ta vie, je pense que tu peux en avoir une lec­ture différente.

 

  • Son livre
    Lib­er­a­tore, RanXe­rox

Lib­er­a­tore, c’est celui qui a dess­iné la deux­ième pochette de notre album Mys­tère. C’est un dessi­na­teur franco-italien des années 1980. RanXe­rox est une super BD qui racon­te l’histoire d’un robot invin­ci­ble à Rome dans le futur. Il écoute du rock, traîne avec des punks, bute des mecs et prend de la coke. Les dessins sont assez fous, super beaux, c’est un style rétro­fu­tur­iste et très vio­lent, mais dans un sens rock’n’roll et drôle évidemment.

 

  • Son dernier disque
    La Femme, Par­a­digmes (Disque Pointu / Idol, 2021)

On a notre son, celui de La Femme, mais aus­si plein d’autres qui se ren­con­trent. Un coup élec­tro, un coup six­ties, par­fois même les deux. Là par exem­ple on s’est aven­turé vers des influ­ences de ragga-opéra, dis­co­coun­try, gospel-rap… On a fini Par­a­digmes juste avant le pre­mier con­fine­ment, mais vu la sit­u­a­tion, on a préféré repouss­er la sor­tie. Quelque part, je n’en veux pas à la péri­ode que l’on vit, ça nous coupe de pas mal de choses, mais je sais aus­si que sans les con­fine­ments, on ne se serait pas motivés à faire le dessin ani­mé de notre titre « Foutre le bor­del ». Retarder la sor­tie d’un an nous a per­mis de pouss­er nos clips à fond. À la base, on voulait faire les écoles d’art, on n’a pas été accep­tés, mais l’identité visuelle de notre groupe reste super impor­tante. Nos clips sont aus­si d’autres lec­tures pos­si­bles de nos pro­jets. S’il y a une leçon à tir­er ? Ce serait qu’avec le temps, les par­a­digmes s’effacent et que tout peut chang­er. Par­a­digmes, c’est peut-être l’album de la maturité…

Tsugi 139 : Aux origines de Daft Punk, en kiosque et à la commande en ligne ici

 

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