Un docu revient sur l’incroyable histoire de l’album Black Devil Disco Club

Un doc­u­men­taire revenant sur l’his­toire incroy­able de l’al­bum Black Dev­il Dis­co Club, resté totale­ment incon­nu pen­dant 26 ans avant de devenir un clas­sique grâce à Aphex Twin, va voir le jour. En atten­dant son ultime finance­ment via crowd­fund­ing, une pre­mière bande-annonce de dix min­utes est déjà disponible.

Tout vient à point à qui sait atten­dre. Bernard Fèvre, mieux con­nu sous l’alias Black Dev­il, le sait très bien : il lui a fal­lu atten­dre 26 ans pour que son troisième album, Black Dev­il Dis­co Club, sor­ti en 1978, soit enfin recon­nu à sa juste valeur. À sa sor­tie, le disque est un échec com­plet : cette musique n’in­téresse per­son­ne, mal­gré le suc­cès de Jean-Michel Jarre. Et comme nul n’est prophète en son pays, ce sont les Anglais qui décou­vrent ce clas­sique de dis­co psy­chédélique, très (trop ?) en avance sur son temps.

Tout com­mence en 1997, quand PP Roy, DJ mem­bre du label d’Aphex Twin, Rephlex, achète ce disque par hasard chez un dis­quaire. Devant son suc­cès pop­u­laire en club, le label décide de rééditer ce disque en 2004, faisant bas­culer Black Dev­il de l’anonymat com­plet à la célébrité mon­di­ale, alors même que le musi­cien songeait à pren­dre sa retraite. En ter­mes de vente, le disque explose même les scores du label de l’époque. Puis un beau jour, le sex­agé­naire a repris son tra­vail, livrant une suite à son disque culte nom­mée 28 After, en 2006, chez Lo Record­ings. Refu­sant tout passéisme, il intè­gre les nou­velles sonorités tech­no à sa dis­co endi­a­blée, pub­liant régulière­ment de nou­veaux albums, et tour­nant dans plusieurs pays face à un pub­lic qui a 40 ans de moins que lui.

Cette his­toire folle mérite bien son pro­pre doc­u­men­taire. C’est bien­tôt chose faite avec The Dev­il In The Dis­co, en cours de pro­duc­tion, revenant sur le suc­cès tardif du Français. Réal­isé par George But­ler (qui avait aupar­a­vant réal­isé un court-métrage sur le Fes­ti­val Djan­go Rein­hardt de Samois Sur Seine, et l’héritage du gui­tariste manouche), il se base sur des inter­views avec ses col­lab­o­ra­teurs les plus récents : les fon­da­teurs de Lo Record­ings, qui ont pub­lié tous les derniers dis­ques de Bernard Fèvre ; le musi­cien Gwen Jamois, signé sur ce même label ; Nico­las Ker, ex-chanteur de Poni Hoax et invité par Fèvre en 2011 sur son album Cir­cus ; et PP Roy. L’ob­jec­tif : dress­er un por­trait de cet artiste mys­térieux, à la per­son­nal­ité hors du com­mun, dont l’his­toire sem­ble à peine crédi­ble (à tel point que de nom­breux fans de Rephlex avaient alors cru à un nou­veau pro­jet d’Aphex Twin).

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Alors que Black Dev­il va sor­tir le 12 juin son huitième et ultime album avant la retraite, Lucifer Is A Flower (dont un pre­mier extrait, “Six Six Sex”, est déjà disponible), la pro­duc­tion du doc­u­men­taire a besoin d’un dernier coup de pouce. Les pro­duc­teurs ont ain­si décidé de recourir à un finance­ment par­tic­i­patif, bien­tôt disponible. Pour avoir plus d’in­for­ma­tions, et déjà adress­er votre sou­tien, vous pou­vez con­tac­ter cette adresse : [email protected]. La final­i­sa­tion du film est prévue pour début 2021, bien qu’il soit dif­fi­cile de faire des pré­dic­tions durant cette crise san­i­taire. En atten­dant, un pre­mier trail­er, long de 10 min­utes, peut déjà don­ner une bonne idée de ce que sera le pro­duit fini, qui devrait dur­er plus d’une heure.

Le tra­vail sur ce film remonte à 2014, et fait suite à la ren­con­tre entre le réal­isa­teur et le musi­cien en back­stage du Big Chili Fes­ti­val, en Angleterre, en 2007. « J’ai ren­con­tré Bernard, un homme affa­ble, ami­cal, avec une atti­tude peu con­ven­tion­nelle. (…) C’est un esprit libre avec qui j’ai instan­ta­né­ment ressen­ti une affinité » nous explique But­ler. Il souhaite revenir sur ce par­cours hors norme, des débuts pop folk au sein des Francs Garçons dans les années 60, aux dis­ques d’électronique passés inaperçus, à l’instar d’autres pio­nniers élec­tron­iques français (Jean-Jacques Per­rey, François de Roubaix, Bernard Estardy…) et enfin la recon­nais­sance tar­dive du monde entier. Cette his­toire peut faire penser à celle du chanteur folk améri­cain Six­to Rodriguez, dont le suc­cès tardif avait fait l’objet d’un doc­u­men­taire à suc­cès en 2012, Search­ing For Sug­ar Man, qui avait rem­porté de nom­breux prix dont un BAFTA et un Oscar. On souhaite le même suc­cès à ce film.

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