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7 mai 2020

Un docu revient sur l’incroyable histoire de l’album Black Devil Disco Club

par Tsugi

Un documentaire revenant sur l’histoire incroyable de l’album Black Devil Disco Club, resté totalement inconnu pendant 26 ans avant de devenir un classique grâce à Aphex Twin, va voir le jour. En attendant son ultime financement via crowdfunding, une première bande-annonce de dix minutes est déjà disponible.

Tout vient à point à qui sait attendre. Bernard Fèvre, mieux connu sous l’alias Black Devil, le sait très bien : il lui a fallu attendre 26 ans pour que son troisième album, Black Devil Disco Club, sorti en 1978, soit enfin reconnu à sa juste valeur. À sa sortie, le disque est un échec complet : cette musique n’intéresse personne, malgré le succès de Jean-Michel Jarre. Et comme nul n’est prophète en son pays, ce sont les Anglais qui découvrent ce classique de disco psychédélique, très (trop ?) en avance sur son temps.

Tout commence en 1997, quand PP Roy, DJ membre du label d’Aphex Twin, Rephlex, achète ce disque par hasard chez un disquaire. Devant son succès populaire en club, le label décide de rééditer ce disque en 2004, faisant basculer Black Devil de l’anonymat complet à la célébrité mondiale, alors même que le musicien songeait à prendre sa retraite. En termes de vente, le disque explose même les scores du label de l’époque. Puis un beau jour, le sexagénaire a repris son travail, livrant une suite à son disque culte nommée 28 After, en 2006, chez Lo Recordings. Refusant tout passéisme, il intègre les nouvelles sonorités techno à sa disco endiablée, publiant régulièrement de nouveaux albums, et tournant dans plusieurs pays face à un public qui a 40 ans de moins que lui.

Cette histoire folle mérite bien son propre documentaire. C’est bientôt chose faite avec The Devil In The Disco, en cours de production, revenant sur le succès tardif du Français. Réalisé par George Butler (qui avait auparavant réalisé un court-métrage sur le Festival Django Reinhardt de Samois Sur Seine, et l’héritage du guitariste manouche), il se base sur des interviews avec ses collaborateurs les plus récents : les fondateurs de Lo Recordings, qui ont publié tous les derniers disques de Bernard Fèvre ; le musicien Gwen Jamois, signé sur ce même label ; Nicolas Ker, ex-chanteur de Poni Hoax et invité par Fèvre en 2011 sur son album Circus ; et PP Roy. L’objectif : dresser un portrait de cet artiste mystérieux, à la personnalité hors du commun, dont l’histoire semble à peine crédible (à tel point que de nombreux fans de Rephlex avaient alors cru à un nouveau projet d’Aphex Twin).

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Alors que Black Devil va sortir le 12 juin son huitième et ultime album avant la retraite, Lucifer Is A Flower (dont un premier extrait, « Six Six Sex« , est déjà disponible), la production du documentaire a besoin d’un dernier coup de pouce. Les producteurs ont ainsi décidé de recourir à un financement participatif, bientôt disponible. Pour avoir plus d’informations, et déjà adresser votre soutien, vous pouvez contacter cette adresse : [email protected]. La finalisation du film est prévue pour début 2021, bien qu’il soit difficile de faire des prédictions durant cette crise sanitaire. En attendant, un premier trailer, long de 10 minutes, peut déjà donner une bonne idée de ce que sera le produit fini, qui devrait durer plus d’une heure.

Le travail sur ce film remonte à 2014, et fait suite à la rencontre entre le réalisateur et le musicien en backstage du Big Chili Festival, en Angleterre, en 2007. « J’ai rencontré Bernard, un homme affable, amical, avec une attitude peu conventionnelle. (…) C’est un esprit libre avec qui j’ai instantanément ressenti une affinité » nous explique Butler. Il souhaite revenir sur ce parcours hors norme, des débuts pop folk au sein des Francs Garçons dans les années 60, aux disques d’électronique passés inaperçus, à l’instar d’autres pionniers électroniques français (Jean-Jacques Perrey, François de Roubaix, Bernard Estardy…) et enfin la reconnaissance tardive du monde entier. Cette histoire peut faire penser à celle du chanteur folk américain Sixto Rodriguez, dont le succès tardif avait fait l’objet d’un documentaire à succès en 2012, Searching For Sugar Man, qui avait remporté de nombreux prix dont un BAFTA et un Oscar. On souhaite le même succès à ce film.

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