Un musicien signé sur trois gagne moins de 1250 euros par mois

A l’oc­ca­sion de l’ou­ver­ture du MIDEM 2016 à Cannes, l’Ada­mi en prof­ite pour dévoil­er les pre­mières don­nées d’une nou­velle étude. Dédiée à la rémunéra­tion des artistes-interprètes de la musique, l’analyse tente de faire un tour d’hori­zon des don­nées en 2015. 

La société de ges­tion col­lec­tive des droits de pro­priété intel­lectuelle des artistes-interprètes se penche chaque année sur les béné­fices et sources de revenus engrengés par le milieu musi­cal. La grande ques­tion aujour­d’hui : quelle est la place des artistes à l’ère du numérique ? L’é­tude, menée par Maya Bacache, Marc Bour­reau, Sis­ley Mail­lard et François More­au, se base sur un pan­el de 1243 artistes et musi­ciens. Les résul­tats dévoilés à l’ou­ver­ture du MIDEM sont révélateurs. 

40% des artistes-interprètes touchent moins de 15 000 euros par an. Les 60% restants béné­fi­cient d’un Smic aug­men­té. La 2e source de revenus issus de la musique pour les artistes est la ges­tion col­lec­tive (com­pren­dre les droits d’au­teurs). Si la pre­mière source reste la scène, la ges­tion devient pro­gres­sive­ment un mod­èle économique solide. Une bonne nou­velle à mesur­er tout de même face aux ser­vices de stream­ing musi­cal fleuris­sant rapidement. 

Enfin, on apprend qu’en­tre l’au­to­pro­duc­tion et la sig­na­ture avec un label, le pre­mier est le choix d’un plus grand nom­bre. 55% des artistes préfèrent leur indépen­dance aux ser­vices offerts par les labels, qui certes ne sont pas nég­lige­ables mais oblig­ent tout de même à renon­cer à une par­tie des revenus générés par la vente, la scène et le droit d’au­teur. Ce taux est en hausse depuis 2007, où seule­ment 45% des artistes favori­saient le pre­mier choix. Grâce à inter­net, la musique peut suiv­re son cours indépen­dem­ment de struc­tures déjà exis­tantes : C’est une com­bi­nai­son entre start-up et arti­sanat. Le change­ment de mod­èle de la musique se traduit par une perte de valeur pour les artistes-interprètes, l’au­to­pro­duc­tion est pour eux un moyen de com­penser cette perte de revenus. Pour autant, l’au­to­pro­duc­tion s’ac­com­pa­gne d’un trans­fert de charges et de respon­s­abil­ités qui pèsent directe­ment sur l’artiste lui-même”, observe Jean-Jacques Mil­teau, prési­dent de l’Adami. 

Ces quelques résul­tats démon­trent une pré­car­ité du méti­er tou­jours bien ancrée dans le milieu musi­cal. L’Ada­mi attend tou­jours du gou­verne­ment des mod­i­fi­ca­tions en faveur des artistes. Le MIDEM 2016 a pour objec­tif de met­tre en lumière la musique, avec ses atouts et ses difficultés. 

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