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3 juin 2016

Un musicien signé sur trois gagne moins de 1250 euros par mois

par rédaction Tsugi

A l’occasion de l’ouverture du MIDEM 2016 à Cannes, l’Adami en profite pour dévoiler les premières données d’une nouvelle étude. Dédiée à la rémunération des artistes-interprètes de la musique, l’analyse tente de faire un tour d’horizon des données en 2015. 

La société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes se penche chaque année sur les bénéfices et sources de revenus engrengés par le milieu musical. La grande question aujourd’hui : quelle est la place des artistes à l’ère du numérique ? L’étude, menée par Maya Bacache, Marc Bourreau, Sisley Maillard et François Moreau, se base sur un panel de 1243 artistes et musiciens. Les résultats dévoilés à l’ouverture du MIDEM sont révélateurs. 

40% des artistes-interprètes touchent moins de 15 000 euros par an. Les 60% restants bénéficient d’un Smic augmenté. La 2e source de revenus issus de la musique pour les artistes est la gestion collective (comprendre les droits d’auteurs). Si la première source reste la scène, la gestion devient progressivement un modèle économique solide. Une bonne nouvelle à mesurer tout de même face aux services de streaming musical fleurissant rapidement. 

Enfin, on apprend qu’entre l’autoproduction et la signature avec un label, le premier est le choix d’un plus grand nombre. 55% des artistes préfèrent leur indépendance aux services offerts par les labels, qui certes ne sont pas négligeables mais obligent tout de même à renoncer à une partie des revenus générés par la vente, la scène et le droit d’auteur. Ce taux est en hausse depuis 2007, où seulement 45% des artistes favorisaient le premier choix. Grâce à internet, la musique peut suivre son cours indépendemment de structures déjà existantes : « C’est une combinaison entre start-up et artisanat. Le changement de modèle de la musique se traduit par une perte de valeur pour les artistes-interprètes, l’autoproduction est pour eux un moyen de compenser cette perte de revenus. Pour autant, l’autoproduction s’accompagne d’un transfert de charges et de responsabilités qui pèsent directement sur l’artiste lui-même« , observe Jean-Jacques Milteau, président de l’Adami. 

Ces quelques résultats démontrent une précarité du métier toujours bien ancrée dans le milieu musical. L’Adami attend toujours du gouvernement des modifications en faveur des artistes. Le MIDEM 2016 a pour objectif de mettre en lumière la musique, avec ses atouts et ses difficultés. 

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