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15 septembre 2022

Une nuit avec… Mr Giscard

par rédaction Tsugi

Son premier album en forme de journal intime nous présente Mr Giscard comme une sorte de loser magnifique et destroy sur fond de house dégingandée. On peut appliquer les mêmes qualificatifs à cette nuit agitée qui se déroule à ses tout débuts.

 

Cet article est issu du Tsugi 152 : Être artiste en 2022 avec Vald, Clara Luciani et Justice

 

21h: Ça se passe il y a cinq ou six ans. Je travaillais dans une agence intérim comme conseiller consultant en recrutement. Un truc pas spécialement glorieux. Après le boulot, mon pote vient me chercher à Cergy en bas du HLM de mes parents, où j’habitais à l’époque. Ma mère me demande où je vais, je lui dis que je vais vers ma destinée.

22h: On se gare rue Boyer dans le XXe, un peu loin de notre objectif, La Bellevilloise, mais c’est pour être sûr que les vigiles ne nous repèrent pas. L’apéro peut commencer. Histoire de ne pas se ruiner à l’intérieur, tout est dans le coffre. On sort des gobelets en plastique et on commence à faire des mélanges de tous les fonds de bouteilles restant des soirées précédentes.

22h15: Un pote du 92 débarque en courant. Il se cache vite dans la voiture. Il nous explique qu’il est venu en scooter, mais il a pris un sens interdit et les flics le cherchent. On le calme, on lui dit que s’ils débarquent, on dira qu’il était avec nous depuis le début de la soirée. Mais finalement il se barre vite parce qu’il bosse tôt le lendemain.

23h: L’alcool aidant, je trouve le courage de faire écouter à mon pote mes premières maquettes: « Pas personnel » et « OYAPOK ». Il n’a aucune réaction, à part « je trouve ça trop bizarre de t’entendre chanter ». Il est trop choqué. Mais on écoute à fond et petit à petit, il se prend au truc. Vu que j’habite dans un HLM, je n’ai pas trop la possibilité de tester les mixes dans les conditions où on pousse le volume au max.

23h15: Je vois une caillera dans un immeuble qui nous interpelle. Je baisse la vitre de la voiture. J’imagine qu’il veut qu’on baisse le son. Mais non, il veut savoir ce que c’est parce qu’il trouve ça bien. On sympathise avec Billal, c’est son nom. Il ne boit pas, mais il fume des gros joints. Et d’un coup, il nous sort un énorme pitbull. Ça me fait trop peur j’ai l’impression qu’il est prêt à mordre tout ce qui passe. Mais on le caresse, c’est cool. J’ai du mal à
comprendre comment un mec peut aimer ma musique, parce que je pars du principe que ma musique est nulle.

00h: Deux filles passent, elles vont à la soirée. Elles nous parlent parce que le chien est quand même trop mignon. Elles finissent par prendre l’apéro avec nous. Et là, les nanas adorent « Pas personnel », mais elles n’arrivent à croire que c’est moi.

01h30: On entre à La Bellevilloise où je voulais absolument aller, parce que c’est Lido qui passait. Un demi-dieu pour moi.

01h45: Je retrouve une ex-coloc. Comme l’impression que nous sommes les deux seuls de la soirée à connaître vraiment Lido.

02h: Je commence à être bien bourré, mais c’est dans le top 3 de mes meilleurs lives. Le mec a des drums, des synthés sur scène, il fait vraiment un show où je reconnais toutes les chansons, mais il les a toutes remixées pour le live. Je me prends ça dans la gueule.

02h30: Une Américaine essaie d’attirer mon attention en me touchant le cul et une des deux meufs de la voiture danse devant moi en attendant que je la branche.

02h45: Je ne veux rien rater du concert, donc plutôt que d’aller au fumoir, je fume une clope en extase devant ce que j’entends. Le moment parfait.

03h: Un gros videur arrive et me fout dehors.

 

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03h05: Je me retrouve devant La Bellevilloise en train de louper ce concert de ouf. J’essaie de soudoyer la sécu pour me faire rentrer. Rien à faire. Je tente par une porte sur le côté. Mais vu mon taux d’alcool assez avancé, les gars me captent direct.

03h20: Ma coloc débarque parce qu’elle ne me voyait plus. Elle est camerounaise, comme le boss de la sécu. On se fait passer pour un couple, ils nous font une fleur en m’autorisant à revenir dans la salle.

04h: J’ai loupé des moments déments, mais on termine le concert.

06h: Je commence à fatiguer au bar. La musique n’est plus si ouf. Je ne sais plus pourquoi je reste là. J’enchaîne les gin-tonic. Je capte des yeux qui me matent et je vois qu’il se passe un truc avec une nana.

06h15: Dehors, je la vois qui se dirige vers un Uber avec un mec. On s’échange un regard, genre « merde on aurait pu rentrer ensemble ».

06h16: Je lui cours après. Je lui parle. Le gars est déjà dans la voiture. Il propose à la fille: « Alors tu viens à la Concrete? » Elle répond non et elle claque la porte.

06h17: Je me retrouve avec cette fille magnifique qui est styliste. On part au Zorba à Belleville, un bar d’after.

06h18: Elle boit une vodka redbull et moi un thé. J’arrive à me faire servir parce qu’elle connaît le patron. Mais je me sens fébrile, et je descends pisser aux chiottes pendant que la fille parle avec une copine.

06h30: Je ne me sens pas bien. Malaise, je tombe. C’est la cuite de trop de la semaine. Je me relève tant bien que mal et je vomis dans la cuvette des WC.

06h40: Je ressors comme si de rien n’était. Je me lave les mains et je remonte.

06h45: Une nana sous MDMA me drague, ce qui rend l’autre jalouse. Du coup elle me dit qu’on s’en va. La meuf habite à côté, donc on rentre chez elle. Voilà, une nuit de plus où je suis tombé amoureux.

 

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