Violences dans la musique : #MusicToo veut récolter vos témoignages

Lancé le 18 juil­let sur les réseaux soci­aux, le col­lec­tif français #Music­Too entend faire bouger les choses dans l’in­dus­trie musi­cale, en dénonçant les “vio­lences sex­istes et sex­uelles” qui sévis­sent encore en toute impunité. Pre­mière étape de l’ac­tion : jusqu’au 30 sep­tem­bre, le col­lec­tif récolte des témoignages via ce for­mu­laire.

Après le monde du ciné­ma en 2017 avec l’af­faire Wein­stein, puis celui du sport début 2020 comme le dévoilait une enquête de Dis­close, c’est au tour de l’in­dus­trie musi­cale d’en­ten­dre des témoignages façon #MeToo et de bris­er les silences. L’ini­tia­tive col­lec­tive et anonyme #Music­Too a lancé un appel aux témoignages, anonymes ou non, afin de rassem­bler les plaintes, per­me­t­tre l’ou­ver­ture d’en­quêtes, et accom­pa­g­n­er les vic­times psy­chologique­ment et/ou juridique­ment. L’ob­jec­tif : libér­er la parole, accuser et prôn­er le call out pour chang­er défini­tive­ment les choses. Pour rap­pel, le call out est la dénon­ci­a­tion publique des actes com­mis par l’agresseur·euse, une méth­ode que les mou­ve­ments #MeToo et #Bal­ance­Ton­Porc ont démoc­ra­tisée, et qui pour­rait égale­ment s’ap­pli­quer au milieu de la musique, entaché lui aus­si par ce genre de vio­lences.

Le col­lec­tif reprend le hash­tag #Music­Too qu’avait util­isé Emi­ly Gonneau en novem­bre 2019, dans un texte pub­lic où elle racon­tait son agres­sion et dénonçait l’omer­ta de l’in­dus­trie musi­cale autour des vio­lences sex­istes et sex­uelles. Dans son man­i­feste, le col­lec­tif cite d’autres élé­ments qui auraient pu — et auraient dû — suf­fire à libér­er la parole, en vain : l’en­quête de Valérie Lehoux pour Téléra­ma en avril 2019, suivi du man­i­feste du col­lec­tif F.E.M.M (Femmes Engagées des Métiers de la Musique), le témoignage d’har­cèle­ment dans la musique clas­sique que livraient Camille et Julie Berthol­let à LOOPSIDER, ou encore – plus proche de la scène élec­tron­ique – le com­mu­niqué du col­lec­tif parisien Qui Embrouille Qui qui annonçait l’évic­tion de trois de ses mem­bres, dont l’artiste incar­céré Puzupuzu.

 

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« Nous (anonymes, comme vous) col­lec­tif à l’initiative de ce ques­tion­naire, sommes issu.e.s du secteur musi­cal. Certain.e.s d’entre-nous ont quit­té la fil­ière il y a plusieurs mois ou années, certain.e.s y évolu­ent encore aujourd’hui. Une fil­ière pro­fes­sion­nelle par­fois dan­gereuse, sou­vent tox­ique pour les femmes, pour la com­mu­nauté LGBTQIA+ et les per­son­nes racisées sous représen­tées. »

Après que le col­lec­tif parisien Qui Embrouille Qui ait évincé trois de ses mem­bres dont l’artiste incar­céré Puzupuzu en mai dernier, et que, début juil­let, la star inter­na­tionale de la dub­step Bass­nec­tar accusé d’abus sex­uels sur mineures annonçait se retir­er de la musique, Lee Rickard, le prési­dent du label, dis­quaire et fes­ti­val améri­cain Burg­er Records vient de don­ner sa démis­sion suite à plusieurs accu­sa­tions d’a­gres­sion sex­uelle dans l’en­tre­prise. Il se pour­rait bien que l’in­dus­trie musi­cale, en France et à l’in­ter­na­tion­al, soit à l’aube d’une révo­lu­tion #MeToo.

Pour témoign­er, c’est ici

 

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