Skip to main content
21 juillet 2020

Violences dans la musique : #MusicToo veut récolter vos témoignages

par Léonie Ruellan

Lancé le 18 juillet sur les réseaux sociaux, le collectif français #MusicToo entend faire bouger les choses dans l’industrie musicale, en dénonçant les « violences sexistes et sexuelles » qui sévissent encore en toute impunité. Première étape de l’action : jusqu’au 30 septembre, le collectif récolte des témoignages via ce formulaire.

Après le monde du cinéma en 2017 avec l’affaire Weinstein, puis celui du sport début 2020 comme le dévoilait une enquête de Disclose, c’est au tour de l’industrie musicale d’entendre des témoignages façon #MeToo et de briser les silences. L’initiative collective et anonyme #MusicToo a lancé un appel aux témoignages, anonymes ou non, afin de rassembler les plaintes, permettre l’ouverture d’enquêtes, et accompagner les victimes psychologiquement et/ou juridiquement. L’objectif : libérer la parole, accuser et prôner le call out pour changer définitivement les choses. Pour rappel, le call out est la dénonciation publique des actes commis par l’agresseur·euse, une méthode que les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc ont démocratisée, et qui pourrait également s’appliquer au milieu de la musique, entaché lui aussi par ce genre de violences.

Le collectif reprend le hashtag #MusicToo qu’avait utilisé Emily Gonneau en novembre 2019, dans un texte public où elle racontait son agression et dénonçait l’omerta de l’industrie musicale autour des violences sexistes et sexuelles. Dans son manifeste, le collectif cite d’autres éléments qui auraient pu — et auraient dû — suffire à libérer la parole, en vain : l’enquête de Valérie Lehoux pour Télérama en avril 2019, suivi du manifeste du collectif F.E.M.M (Femmes Engagées des Métiers de la Musique), le témoignage d’harcèlement dans la musique classique que livraient Camille et Julie Berthollet à LOOPSIDER, ou encore – plus proche de la scène électronique – le communiqué du collectif parisien Qui Embrouille Qui qui annonçait l’éviction de trois de ses membres, dont l’artiste incarcéré Puzupuzu.

 

À lire également
Le collectif Qui Embrouille Qui révèle qu’un de ses DJs a été incarcéré

 

« Il est temps que la peur change de camp »

« Nous (anonymes, comme vous) collectif à l’initiative de ce questionnaire, sommes issu.e.s du secteur musical. Certain.e.s d’entre-nous ont quitté la filière il y a plusieurs mois ou années, certain.e.s y évoluent encore aujourd’hui. Une filière professionnelle parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA+ et les personnes racisées sous représentées. »

Après que le collectif parisien Qui Embrouille Qui ait évincé trois de ses membres dont l’artiste incarcéré Puzupuzu en mai dernier, et que, début juillet, la star internationale de la dubstep Bassnectar accusé d’abus sexuels sur mineures annonçait se retirer de la musique, Lee Rickard, le président du label, disquaire et festival américain Burger Records vient de donner sa démission suite à plusieurs accusations d’agression sexuelle dans l’entreprise. Il se pourrait bien que l’industrie musicale, en France et à l’international, soit à l’aube d’une révolution #MeToo.

Pour témoigner, c’est ici

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par #MusicTooFrance (@musictoofrance) le

Visited 31 times, 1 visit(s) today