©Henri Coutant

🔊 Il y a de tout dans cet album de KAS:ST, Ă©lectro-pop comme trance allemande des 90’s

Après plusieurs EPs et des morceaux à suc­cès tels que “Nepal” ou “Rav­ing Alone”, le duo KAS:ST sort aujour­d’hui l’al­bum A Mag­ic World.

Chronique issue du Tsu­gi 136 : l’avis de Bri­an, en kiosque le 16 décembre.

KASSTAct­ifs depuis le milieu des années 2010 notam­ment via leur label Fly­ance, les Français de KAS:ST n’en sont plus à leur pre­mière muta­tion. On les avait ini­tiale­ment repérés en tant que pro­duc­teurs d’une deep house léchée et respectueuse du genre sous le nom Ka One & St-Sene. En 2016, ils rac­cour­cis­sent leur nom et pren­nent un virage tech­no assumé, par­fois deep, par­fois plus men­tal, col­lant aux attentes d’un pub­lic qui fait alors les belles heures de feu Con­crete – ils ont d’ailleurs signé un maxi sur le label du club parisien. Une tech­no qu’ils vont dur­cir, en mode ware­house et acid et qui atteint son apogée avec la pub­li­ca­tion du clip de « Hell On Earth » — 3,5 mil­lions de vues, un exploit. Volon­té de ne jamais se répéter ou oppor­tunisme con­jonc­turel ? Depuis l’année dernière et la série Road To Nowhere, ils se sont en tout cas éloignés de la tech­no formelle, s’essayant ici à la drum’n’bass, là à l’ambient.

 

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A Mag­ic World, leur pre­mier véri­ta­ble long for­mat qui sort sur After­life, le label de Tale Of Us, con­tin­ue de brouiller les pistes, annon­cé comme un disque aux influ­ences « dark, élec­tro, rap, pop et clas­sique ». Ils omet­tent d’en citer une autre qui saute pour­tant aux oreilles : la trance alle­mande des années 90. On en retrou­ve les ryth­miques et les basslines car­ac­téris­tiques sur les morceaux « A Mag­ic World », « Our Last Dance » et « 75Zoo » – ce dernier évo­quant même directe­ment la psy­trance. Util­isant des sons beau­coup plus organiques – cordes, piano – et lumineux que par le passé, adop­tant le for­mat chan­son – que ce soit par l’utilisation de vocaux ou par la durée des morceaux eux-mêmes –, l’électro-pop est l’autre grande gag­nante de cet album. C’est par­fois une réus­site comme avec « Mir­rors », qui rap­pelle cer­taines œuvres de Mod­er­at ou la bal­lade plus dépouil­lée « Let­ters », mais cette cohab­i­ta­tion entre trance et pop risque de dérouter les fans du KAS:ST péri­ode techno.

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