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1 candidat / 1 son : la playlist “Si j’étais Président” made in Tsugi

Ah shit, here we go again. Les résul­tats du pre­mier tour de l’élec­tion prési­den­tielle 2022 sont tombés, et don­nent essen­tielle­ment le même résul­tat qu’en 2017 : Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrou­vent au sec­ond tour. Ça nous a don­né l’idée de faire une mini-playlist mai­son, et d’as­soci­er à chaque can­di­dat sa chanson.

Si j’é­tais Prési­dent de la République / J’écrirais mes dis­cours en vers et en musique / Et les jours de con­seil, on irait en pique-nique / On f’rait des trucs mar­rants, si j’é­tais Prési­dent” chan­tait Gérard Lenor­man en 1980. Dom­mage qu’une nou­velle fois, per­son­ne n’ait eu la riche idée de l’in­scrire en can­di­dat offi­ciel. Chez Tsu­gi on a voulu s’a­muser en asso­ciant un titre à cha­cun des douze can­di­dats à la prési­den­tielle ayant recueil­li leurs 500 par­rainages. His­toire de résumer ‑avec un peu d’imagination- leur état moral du moment… Ou sim­ple­ment la cam­pagne prési­den­tielle qui s’achève déjà, pour les dix can­di­dats non-qualifiés pour le duel final.

Petit dis­claimer : nous ne sommes pas poli­to­logues et avons encore moins la pré­ten­tion de l’être. On est juste là pour déten­dre l’at­mo­sphère, sans atta­quer per­son­ne, sans (trop de) juge­ment vis-à-vis des can­di­dats. Ici on par­le musique, rappelez-vous que c’est bon enfant. Calmez-vous, ça va bien se pass­er. Et en avant la playlist !

 

Emmanuel Macron : “Déjà vu” — Toro y Moi

On prend les mêmes, et on recom­mence ? En tout cas, le Prési­dent sor­tant a fait un meilleur score en 2022 qu’en 2017. Alors même qu’il sort d’un quin­quen­nat éprou­vant, qu’il a sou­vent fait preuve de mal­adresse et par­fois de mépris vis-à-vis des pop­u­la­tions les plus en dif­fi­culté en France… Alors même que les mécon­tente­ments à son égard furent légions. Alors même que son pro­gramme de 2022 s’an­nonce dans la même lignée que les cinq ans qu’on vient de vivre. Fascinant.

 

Marine Le Pen : “Invaders Must Die” — The Prodigy

La can­di­date Rassem­ble­ment Nation­al a fait du sec­ond tour son jardin. À coups de “je suis une mère de famille, vous savez” et d’in­ter­views où elle par­le de son amour pour ses chats et le jar­di­nage, Marine Le Pen a qua­si­ment réus­si à se “dédi­a­bolis­er”. Bien aidée par le Z, évidem­ment, qui l’a ren­due presque douce et ras­sur­ante ‑on a bien dit “presque”. Mais son objec­tif pre­mier, ne l’ou­blions pas, c’est tou­jours la préférence nationale. Donc l’im­mi­gra­tion en France, c’est tou­jours son cheval de bataille.

Chan­son alter­na­tive : on a longue­ment hésité avec “Love or Go” de Nina Krav­iz. His­toire de rap­pel­er un vieux slo­gan FN (“La France, tu l’aimes ou tu la quittes”) et de par­ler d’une artiste russe

 

Jean-Luc Mélenchon : “The Man With The Red Face” — Laurent Garnier

Ça ne s’est vrai­ment pas joué à grand-chose pour le can­di­dat LFI : il arrive en 3e posi­tion, à quelques enca­blures à peine de Marine Le Pen. On a même eu quelques fris­sons qui ont tenu éveil­lés bon nom­bre d’électeurs dans la nuit du dimanche au lun­di. En hom­mage à ses couleurs de tou­jours et à l’énorme seum qu’il a dû train­er après l’of­fi­cial­i­sa­tion des résul­tats, il sera évidem­ment “The Man With The Red Face”.

 

Éric Zemmour : “Claque-le” — Bagarre

Ce doit être une sen­sa­tion en demi-teinte, pour l’ex-chroniqueur et édi­to­ri­al­iste d’extrême-droite con­damné pour inci­ta­tion à la haine raciale, devenu en peu de temps un can­di­dat à la prési­dence. Entre fierté d’être l’out­sider, en 4e posi­tion, et de voir sa cam­pagne rem­boursée par l’E­tat. Mais c’est surtout la décep­tion qui doit primer. Une belle claque (d’où notre choix de chan­son) pour le can­di­dat Zem­mour, longtemps atten­du aux alen­tours de 15%, pour finale­ment recueil­lir 7% des votes.

 

Valérie Pécresse : “Gypsy Woman” — Crystal Waters

Gros coup dur pour la can­di­date LR, qui était pour­tant un énorme bas­tion sur l’échiquier poli­tique français. Elle ter­mine sous les 5% et ne ver­ra donc pas sa cam­pagne rem­boursée. Elle se dit à présent “endet­tée per­son­nelle­ment à hau­teur de 5 mil­lions d’eu­ros” et lance un appel aux dons. À votre bon coeur.

 

Yannick Jadot : “Causes perdues” — Bernard Lavilliers

Bon, le can­di­dat écol­o­giste n’avait pas de grand espoir à nour­rir auprès du peu­ple français : quand on voit la place lais­sée à l’é­colo­gie dans cette cam­pagne, mais aus­si le dés­in­térêt abyssal du plus grand nom­bre pour les rap­ports du GIEC

 

Jean Lassalle : “Error 404” — L’impératrice

Que Jean Las­salle ter­mine devant le can­di­dat PCF et devant la can­di­date PS, ce n’é­tait pas une évi­dence au début de la cam­pagne. Mais il a créé la sur­prise avec sa sym­pa­thie, son air à‑côté-de-la-plaque en toute cir­con­stance, et il a joué sur sa sim­plic­ité et la prox­im­ité, bien enrobés par un accent fran­chouil­lard. On oublierait presque à quel point il est conservateur.

 

Fabien Roussel : “Viande grillée” — JeanJass

La cam­pagne de Fabi­en Rous­sel ? “VIANDE VIANDE VIANDE vin fro­mage VIANDE VIANDE VIANDE et à la lim­ite un peu de bidoche”.

 

Nicolas Dupont-Aignan : “Je marche seul” — JJG

Cela fait plusieurs mois que ses col­lab­o­ra­teurs le quit­taient au compte-goutte, notam­ment suite à des “posi­tions indéfend­ables”. Com­pliqué de faire plus esseulé que le can­di­dat Debout La France. Comme un col­légien qui se présente année après année pour être délégué, alors qu’il manque déjà de copains.

 

Anne Hidalgo : “Tirez pas sur l’ambulance” — Françoise Hardy

Une can­di­date PS qui ne recueille même pas 2% des voix, qui ter­mine der­rière le can­di­dat PCF, c’est his­torique et trag­ique pour Anne Hidal­go. Rien n’est de sa faute dans le déclin du PS, mais elle n’a rien fait pour exis­ter dans cette cam­pagne. Alors restons gen­tils quand même.

 

Philippe Poutou : “Écoute-moi camarade” — Rachid Taha

Philippe Poutou, grande volon­té de révo­lu­tion, un charisme cer­tain, quelques punch­lines solides. Pour faire moins d’1% à l’arrivée.

 

Nathalie Arthaud : “Rave Against the System” — Vitalic feat. Kiddy Smile

Du pareil au même, le charisme et les punch­lines en moins.

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