Gilb'R et I:Cube

1997–2003 : les débuts euphoriques du label Versatile dans une vidéo d’archives

Depuis 1996, Ver­sa­tile tient une place bien par­ti­c­ulière sur l’hori­zon élec­tron­ique français. À l’im­age de son artiste phare, I:Cube, l’écurie de Gilb’R (Gilbert Cohen de son nom civ­il) a tou­jours été là sans vrai­ment l’être, comme une présence indis­pens­able qui plane au-dessus de la mêlée. En 24 années d’ex­is­tence, cet élec­tron libre a sor­ti de l’om­bre et défendu des artistes qui ont jalon­né la scène élec­tro française comme le déjà cité I:Cube (et son duo Chateau Flight avec Gilb’R) mais aus­si Joakim, Eti­enne Jaumet (et son groupe Zom­bie Zom­bie), Pépé Brad­dock ou encore Ark. La French Touch n’a pas non plus résisté au raz-de-marée qu’a été le remix de DJ Gre­go­ry du titre “Sun­shine Peo­ple” de Cheek (qui n’est autre que DJ Gilb’R). Et même l’afrobeat ou le rap furent autant de ter­rains de jeux qui con­tribuèrent à brouiller les pistes d’un label curieux de tout.

En 1997, soit un an après la pre­mière release de Ver­sa­tile – le Dis­co Cubizm d’I:Cube, qui fut ensuite remixé par Daft Punk – Gilbert Cohen acheta une caméra pour filmer autant sa progéni­ture que le suc­cès qui suivi la sor­tie du disque, jusqu’en 2003. Quelques 17 ans plus tard, dans une vidéo mise en ligne avant Noël, le fon­da­teur du label a com­pilé cer­tains des plus beaux moments de cette péri­ode : “Il ne s’ag­it pas de nos­tal­gie mais plutôt d’un car­net qui racon­te les débuts du label : un temps d’in­no­cence, de naïveté et de beau­coup de fun !”, écrit Gilbert Cohen en descrip­tion de la vidéo. “Ça fait des années que je garde ces ban­des et je me suis dit que c’é­tait peut-être le moment de les dig­i­talis­er et acces­soire­ment d’en faire un témoignage de ce qu’on a vécu à l’époque.”

 

Ça fait 24 ans que tu as fondé Ver­sa­tile. Ça donne le ver­tige un peu, non ? Tu te dis quoi quand tu y pens­es ?

Gilbert Cohen : Le ver­tige est plutôt devant que der­rière moi !

Es-tu fier du boulot accom­pli ? 

Oui car il me sem­ble que j’ai réus­si à réu­nir des per­son­nal­ités très sin­gulières, et ce pen­dant un cer­tain temps. Cer­taines tra­vail­lent avec moi depuis le début. Je pense avoir su rester dans une forme d’harmonie (pas médi­ta­tive mais plutôt pro­fes­sion­nelle) qui a lais­sé de la place à quelques sur­pris­es, à des vis­i­teurs du soir. J’ai réus­si à faire ça tout en main­tenant l’idée que je me fais d’un stan­dard de pro­duc­tion.  Mais je n’aime pas le mot « fier ». Je dirais plus que je suis sur­pris et opiniâtre.

Ton meilleur sou­venir ce serait… ?

Claire­ment, les 15 ans du label à La Machine du Moulin Rouge, à Paris. Un moment de pure magie, du début à la fin. Même Joakim a dan­sé.

Ne te pose pas (trop) de ques­tions : avance.”

Ton petit secret per­so qui pour­rait expli­quer la longévité de ton label ?

Peut-être que c’est juste­ment parce que que je n’ai pas de secret que ça marche. J’essaie d’être hon­nête et empirique, et j’ai la chance d’être entouré par des artistes tal­entueux qui se chal­len­gent et qui me chal­len­gent.

Il y a eu un moment où tu as voulu tout arrêter ?

Arrêter, non. Mais, for­cé­ment, par­fois il y a une las­si­tude à refaire sans cesse les mêmes trucs. Les trucs périphériques à la musique par exem­ple. J’aurais par­fois envie que ce soit plus sim­ple et que les gens arrivent à nous plus naturelle­ment. Mais j’aime cette énergie et les gens qui m’entourent, au sens large (le deux­ième cer­cle). 

Si tu devais résumer ces 24 ans de Ver­sa­tile en une devise, ce serait laque­lle ?

Ne te pose pas (trop) de ques­tions : avance. 

Qu’est-ce que tu prévois pour la suite ? 

Le Stade de France avec I:Cube.

I:Cube sur Nova

Jeff Mills

RZA

Joakim (à gauche) et I:Cube (à droite)

Lau­rent Gar­nier

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