Samuel Baron / capture d'écran YouTube

5 artistes qu’on ne manquera pas au Crossroads Festival de Roubaix

Du 7 au 10 sep­tem­bre se tient à Roubaix le Cross­roads Fes­ti­val. Axé sur l’émergence musi­cale, il présente 28 artistes prêts à décoller. On y trou­ve égale­ment des ren­con­tres pro­fes­sion­nelles et divers moments pour réfléchir à com­ment dévelop­per les musiques actuelles, et ren­con­tr­er d’autres pro­fes­sion­nels du milieu. Bref, un beau trem­plin qui, depuis 2016, a vu pass­er des artistes comme Kim­beros, Yolande Bash­ing, It It Ani­ta ou La Jun­gle. Si tous les artistes sélec­tion­nés méri­tent qu’on s’y attarde, en voici cinq qu’on ne man­quera pas sur place.

 

Samuel Baron

On com­mence très fort, dès 19h, avec ce quin­tet krautrock et post-punk polon­ais. Psy­ché, hard, élec­tron­ique, motorique, groovy, le groupe coche toutes les cas­es pour une musique entê­tante. Le chanteur est intense, les morceaux rich­es et inven­tifs : mal­gré des références très claires (on pense notam­ment à Devo), Samuel Baron réus­sit à trou­ver sa voie par­mi ses nom­breux héros.

 

Murman Tsuladze

Pour ces trois musi­ciens nés dans ce qui était encore l’URSS, le terme de post-soviétique est encore riche de sens. Car dans leur Géorgie natale, les enjeux géopoli­tiques restent com­plex­es. S’ils n’esquivent pas le sujet, les mem­bres de Mur­man Tsu­ladze le pren­nent avant tout sous un angle fes­tif. Celui des soirées dans des clubs moites, où toutes les ques­tions de fron­tières sont caduques. D’ailleurs, le chanteur joue du saz, venu de Turquie, dont la cul­ture est égale­ment forte dans le Cau­case. Dans leur univers loufoque, vrai et faux se mélan­gent ; le groove, lui, est bien réel.

 

Jyeuhair

Caen, nou­velle cap­i­tale du rap ? Plus de dix ans après Orel­san, ce jeune nor­mand veut lui aus­si con­quérir la start-up nation. On l’a déjà vu en pre­mière par­tie de Dis­iz, Guiz­mo ou Colom­bine, ain­si qu’aux incon­tourn­ables Inouïs du Print­emps de Bourges. Bour­reau de tra­vail, il assure textes, voix, pro­duc­tion et même réal­i­sa­tion de clips. S’il n’a pas peur de l’expérimentation, ses titres se veu­lent avant tout aus­si accrocheurs qu’un vrai morceau de pop. Quant aux paroles, à contre-courant des ten­dances à l’egotrip, elles abor­dent directe­ment les com­plex­ités du monde.

 

Cheap House

C’est l’heure de club­ber à Roubaix. Dans la veine de Meute (avec qui ils parta­gent le même label) ou de GoGo Pen­guin, les qua­tre Stras­bour­geois veu­lent imiter la pré­ci­sion des machines à l’aide d’instruments acous­tiques. Mais plutôt que la tech­no ou l’electronica, le pro­jet puise avant tout dans la house, notam­ment celle de Detroit. Les morceaux sont dépouil­lés, tra­vail­lant avant tout les struc­tures. Mais sans jamais per­dre l’énergie du live : l’absence de boucles ou de séquences leur ouvre la voie de l’improvisation.

 

Niteroy

Dernière étape : le Brésil. Si l’homme der­rière ce pro­jet, Tia­go Ribeiro, vient de Rennes, son pseu­do évoque une ville en ban­lieue de Rio de Janeiro, où vit sa grand-mère. Né d’une mère brésili­enne et d’un père por­tu­gais, le musi­cien de 25 ans s’échappe du groupe de pop Born Idiot pour abor­der la langue de ses ancêtres. En résulte une pop trop­i­cale solaire, aux gui­tares d’une infinie douceur. Et tou­jours avec ce côté sus­pendu, hors du temps, qui fait toute la magie des musiques brésili­ennes. Une par­faite manière de finir son après-midi.

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