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Image d'illustration / ©Raphael Schaller
7 septembre 2021

Une fête techno dans un camp de réfugiés suscite l’indignation générale

par Tsugi

Après des délocalisations successives, la soirée du collectif techno parisien La Toilette s’est finalement tenue dans un camp de réfugiés à Vitry, ce qui a provoqué une levée de boucliers de l’ensemble de la scène électronique sur les réseaux sociaux.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 septembre, à Vitry, quand les participants à l’événement de La Toilette sont arrivés sur les lieux de la fête. Stupeur générale, ils réalisent rapidement qu’il s’agit d’un camp de réfugiés et les premiers messages commencent à apparaître sur les réseaux sociaux.

 

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Et les déconvenues ne s’arrêtent pas là. Sur place, rien ne va. Sur les réseaux, un participant raconte que l’ouverture des portes a trois heures de retard, l’odeur d’excrément qui empeste les lieux, un tuyau d’arrosage pour seul point d’eau, une enceinte sur deux qui fonctionne, des cocktails sans alcool à 9€ au bar pour une entrée à 26€… Avant que la police ne vienne rapidement interrompre la soirée.

« C’est avec ce genre de pratique que l’on dégrade l’image de la fête. » Frédéric Hocquard

Depuis, sur Internet, c’est l’indignation des communautés de la fête, queer et électronique. Même Frédéric Hocquard, adjoint à la Maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne, a pris la parole sur Facebook pour dénoncer ces agissements : « L’organisation ce week-end de La Toilette, fête électro se réclamant de la culture queer, au milieu d’un camp de migrants au mépris de ces derniers est un vrai scandale ! C’est avec ce genre de pratique que l’on dégrade l’image de la fête. »

Hier, lundi 6 septembre, le collectif représenté par Clément et Victor, a pris la parole sur Facebook pour expliquer sa version des faits. Selon lui, ce lieu n’était pas celui où la soirée était initialement prévue mais après plusieurs délocalisations et une rencontre avec les gérants sur place, ils décident de s’y installer : « Nous avons été mis en contact avec le gérant ainsi que trois délégués de ce lieu abritant des migrants, écrivent-ils. Ils nous ont expliqué que depuis la crise sanitaire leur situation était de plus en plus difficile, qu’ils ne pouvaient plus travailler et que la proposition de contrepartie financière suggérée par le gérant les aiderait énormément. Nous leur avons expliqué qu’il s’agissait d’une soirée techno queer et ils nous ont assuré que les habitants seraient prévenus et que ça ne les dérangeait pas. Au contraire ils nous ont dit qu’ils aimaient la fête, que certains des habitants seraient ravis de venir danser avec nous et que ça leur faisait sincèrement plaisir de nous accueillir. Cette rencontre nous à vraiment touchés, l’idée que l’énergie générée par cette fête pourrait les soutenir et améliorer leur situation nous a convaincu de choisir ce lieu. Par ailleurs nous avons été aidés pour le montage par certains habitants que nous avons rémunérés. »

Pour beaucoup, cette soirée est le dérapage de trop qui met en exergue les dérives et l’inexpérience de certains acteurs de la fête en France, bafouant ses valeurs initiales protectrices, inclusives et libératrices.

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