A voir : “Embrace” le clip explosif d’Agoria sur la brutalité du cadre militaire

Nous sommes les anges de cette terre, et ses démons”. Pour faire suite à son EP Boomerang, Sébastien Devaud alias Ago­ria dévoilait il y a un mois le sin­gle “Embrace”, inspiré par les sons de son fri­go. Un titre aux orig­ines étranges pour une com­po­si­tion calme, loin du ter­rain de jeu habituel du pro­duc­teur français. Il dévoile aujourd’hui un clip fort réal­isé par Jessy Mous­sallem, qui abor­de un sujet bien moins léger, plus engagé que la musique qui l’accompagne : la mil­i­tari­sa­tion de l’être humain. Duo de choc pour un cock­tail explosif.

Des bruits de coups de feu, d’obus qui tombent et d’avions qui rasent le sol : mal­gré sa douceur portée par la voix de Phoebe Killdeer, “Embrace” annonçait déjà la couleur. C’est là que le choix de Jessy Mous­sallem est apparu comme une évi­dence pour s’occuper du clip. “Elle seule pou­vait délivrer le bon mes­sage autour de ce titre, avoue Ago­ria. Sa capacité à défendre des sujets engagés, le tout en poésie, m’éblouit.” Réal­isatrice libanaise for­mée à l’Académie des Beaux‐Arts, elle a notam­ment signé le clip de “Roman” imag­iné pour le groupe Mashrou’ Leila -qu’on avait adoré à Rock en Seine-, véri­ta­ble ode à la femme arabe… Puis le film Heart Of Sky pour l’album de Dami­an Lazarus & The Ancient Moons, qui dres­sait un por­trait des communautés cul­ti­vant et récoltant le haschisch rouge au Liban. Dans la vidéo de “Embrace” d’Agoria, elle présente de jeunes sol­dats entraînés à tuer, à sac­ri­fi­er leur vie. On les suit dans l’intimité de leur quo­ti­di­en et leurs entraîne­ments haras­sants dans un décor déser­tique. “Mon oncle a été tué à l’âge de 22 ans, deux jours avant Noël en décembre 1983, alors qu’il se bat­tait pour une mil­ice pen­dant la guerre civile au Liban, explique‐t‐elle. En gran­dis­sant et en écoutant des his­toires sur lui et ses cama­rades, j’ai ques­tionné la mil­i­tari­sa­tion des êtres humains.” Cela donne un clip puis­sant qui tra­verse les thèmes de la mas­culin­ité, du sac­ri­fice et de la bru­tal­ité du cadre mil­i­taire, avec tou­jours la même poésie.

 

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