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Après 18 enquêtes et + de 150 articles, le collectif Music Too France se dissout

Le col­lec­tif Music Too France, qui lutte con­tre les vio­lences sex­istes et sex­uelles dans l’in­dus­trie musi­cale, a annon­cé sa dis­so­lu­tion ce lun­di 18 octo­bre. On vous explique pourquoi c’est une bonne nouvelle.

Plus d’un an et demi après sa créa­tion et trois ans après le mou­ve­ment #MeToo et la pre­mière prise de parole brisant l’omer­ta dans le monde du ciné­ma, le col­lec­tif français Music Too a choisi de se dis­soudre. Dans un com­mu­niqué, la voca­tion “tem­po­raire” du col­lec­tif est évo­quée mais égale­ment l’im­pos­si­bil­ité de pour­suiv­re la mis­sion engagée de “façon bénév­ole et sans accom­pa­g­ne­ment struc­turel”.

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Mais on peut égale­ment s’en réjouir car cela sig­ni­fie que la mis­sion du col­lec­tif est accom­plie. Music Too France s’est créé en juil­let 2020 pour “lancer le moteur”, encour­ager la prise de parole des per­son­nes vic­times d’a­gres­sion ou de har­cèle­ment sex­uel dans le monde de la musique, mais égale­ment pour les accom­pa­g­n­er sur le plan psy­chologique et juridique. L’ini­tia­tive avait per­mis le recueil de plus de 300 témoignages de vio­lences sex­istes et sex­uelles et incité au call-out (la dénon­ci­a­tion publique de ces agisse­ments). Des plaintes avaient par exem­ple été déposées con­tre les rappeurs Moha La Squale, et Retro X ou encore le chanteur Spleen, ancien can­di­dat de The Voice.

 

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Le col­lec­tif évoque égale­ment le tra­vail colos­sal réal­isé par les médias, où 18 enquêtes et plus de 150 arti­cles ont été pub­liés sur le sujet (dont les nôtres, ci-dessus) pour “révéler une par­tie des vio­lences qui s’immiscent dans les couliss­es du monde de la musique et du spec­ta­cle, des con­ser­va­toires aux fes­ti­vals, des labels aux agences de man­age­ment, du métal au clas­sique et aux scènes élec­tron­iques”. En novem­bre 2020, Tsu­gi s’é­tait emparé du sujet en pub­liant un numéro inti­t­ulé La musique fait son #MeToo avec une enquête qui récoltait de nom­breux témoignages de pro­fes­sion­nelles de la musique.

 

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Pour autant, la fin du col­lec­tif ne sig­ni­fie pas la fin de cette dynamique béné­fique engagée depuis sa créa­tion. D’ailleurs, au-delà des autres col­lec­tifs investis pour la lutte con­tre les vio­lences sex­istes et sex­uelles (Change de Disque, Diva, Écoute meuf, Paye ton opéra…), Music Too France se félicite de voir plusieurs per­son­nes s’emparer du sujet à l’échelle locale en créant des comptes @MusicToo, devenus depuis Bal­ance Ta Scène (@balancetascène.idf, @balancetascène.bretagne…). Le com­bat n’est pas terminé.

 

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