©R Bassenne

Après Gorillaz en tête d’affiche, We Love Green a prévu de grandes choses pour ses 10 ans

Le fes­ti­val parisien a dévoilé hier le pre­mier nom et tête d’af­fiche de sa prochaine édi­tion : le légendaire groupe Goril­laz. Un beau cadeau d’an­niver­saire puisque We Love Green fêtera ses dix ans les 3, 5 et 6 juin 2021. 

 We love GreenCe sera leur unique date à Paris : Goril­laz — qui s’ap­prête à sor­tir son sep­tième album Song Machine, Sea­son One: Strange Timez - ouvri­ra les fes­tiv­ités le jeu­di 3 juin au Bois de Vin­cennes. Damon Albarn et ses acolytes joueront clas­siques et nou­veautés sur scène et inviteront égale­ment des guests dans un show tech­nologique qui s’an­nonce spec­tac­u­laire.

 

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Si le reste de la pro­gram­ma­tion est encore secrète, on peut néan­moins s’at­ten­dre à revoir quelques-uns des artistes pro­gram­més cette année – mais annulés. « Il y aura aus­si d’autres artistes qui ont une actu­al­ité cette année, bien sûr. On a égale­ment envie de tra­vailler avec des artistes qui ont des choses à dire, qui ont envie de pren­dre la parole sur des sujets qui les ques­tion­nent, ce qui est le cas de Goril­laz. D’autres noms seront dévoilés dans les jours à venir. Ce que je peux vous dire en atten­dant, c’est qu’on veut met­tre en avant la mix­ité, mélanger les publics, mais aus­si créer des ren­con­tres éton­nantes comme lorsqu’on avait fait se ren­con­tr­er Aya Naka­mu­ra avec Kumi Naidoo, le secré­taire général d’Amnesty Inter­na­tion­al et ancien directeur de Green Peace », nous con­fie Marie Sabot, cofon­da­trice du fes­ti­val.

On a envie de tra­vailler avec des artistes qui ont des choses à dire, ce qui est le cas de Goril­laz. D’autres noms seront dévoilés dans les jours à venir.”

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©Maxime Cher­mat

En dehors de la scène, on sait déjà que le fes­ti­val éco-responsable s’en­gagera d’au­tant plus en 2021 avec des work­shops sur l’é­conomie cir­cu­laire pour penser le fes­ti­val de demain. Mais le pro­gramme ne s’ar­rête pas à l’é­colo­gie : We Love Green sera parte­naire d’AFRICA2020, qui invit­era artistes, intel­lectuels et entre­pre­neurs africains à faire décou­vrir l’in­no­va­tion de leur con­ti­nent. « Il ne s’agira pas unique­ment de met­tre en valeur l’Afrique mais véri­ta­ble­ment appren­dre d’eux. On s’intéressera notam­ment à la scène élec­tron­ique africaine qui apporte un véri­ta­ble coup de frais dans l’électro alors que cer­taines scènes européennes s’endorment, en s’in­spi­rant du fes­ti­val ougandais Nyege Nyege qui a catalysé le bouil­lon­nement élec­tron­ique en Afrique », explique Marie Sabot.

On s’intéressera à la scène élec­tron­ique africaine avec le fes­ti­val ougandais Nyege Nyege qui a catalysé le bouil­lon­nement élec­tron­ique en Afrique.”

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Cap­ture d’écran de la carte inter­ac­tive de l’édi­tion 2020

Développer le digital

La crise san­i­taire aura certes con­traint l’édi­tion 2020 à s’adapter avec les livestreams, mais elle aura eu le mérite de don­ner le goût du dig­i­tal au fes­ti­val. « On s’est quand même beau­coup amusé avec l’édition 100% dig­i­tale cette année, on a fait une carte inter­ac­tive comme un jeu vidéo. Ça nous a don­né plein d’idées pour les prochaines édi­tions : le dig­i­tal peut per­me­t­tre de partager plus facile­ment notre con­tenu comme les con­férences, mais il peut aus­si servir aux con­certs : on cherche à dévelop­per des livestreams qui retran­scrivent l’énergie de la scène, s’invitent dans les pogos, pénètrent les back­stages… »

Vers une nou­velle expéri­ence dig­i­tale du fes­ti­va­lier ? À voir, car il reste tout un mod­èle économique à dévelop­per. Le numérique pose des prob­lèmes pour les droits d’im­age des artistes, et impose aus­si de nou­veaux investisse­ments de la part des parte­naires publics et privés. Mais l’équipe de We Love Green a bien l’in­ten­tion de se pencher sur ces ques­tions : « Il faut se met­tre tous autour de la table pour réfléchir à ce mod­èle économique, remet­tre en ques­tion les for­mats qu’on con­naît pour en dévelop­per de nou­veaux. Par exem­ple, le fes­ti­val d’Avignon a créé en mars une société spé­ci­fique (société FXP, ndr) pour dig­i­talis­er le fes­ti­val et leurs archives. C’est ce vers quoi on veut aller. »

Le fes­ti­val parisien sem­ble avoir de l’am­bi­tion pour sa nou­velle décen­nie. Même si organ­is­er un fes­ti­val dans ce con­texte incer­tain rajoute des obsta­cles (autori­sa­tion pré­fec­torale dif­fi­cile à obtenir, pos­si­bles jauges et autres con­traintes san­i­taires). Mais ce n’est pas ce qui arrête We Love Green et sa cofon­da­trice : « Pour repren­dre les mots de Jean-Paul Roland, directeur des Eurock­éennes de Belfort : “on sait pas com­ment on va jouer, mais on va jouer” ».

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