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Avi Buffalo / ©Jason Persse
3 août 2020

Après une accusation de viols, le label Sub Pop fait disparaître Avi Buffalo de son catalogue

par Léonie Ruellan

Suite à l’accusation d’agressions sexuelles portée par l’ancienne membre de son groupe, Rebecca Coleman contre Avigdor Zahner-Isenberg alias Avi Buffalo, le label américain Sub Pop a réagi en retirant toutes les œuvres de l’artiste de son catalogue. Cette prompte décision trouve écho dans les récents évènements qui secouent l’industrie musicale, encouragés par le mouvement #MeToo.

Sub Pop Avi Buffalo

Résultat de recherche pour Avi Buffalo sur le site du label

Lundi dernier, la chanteuse Rebecca Coleman, aujourd’hui membre du groupe Pageants, publiait sur Instagram un témoignage narrant les deux viols qu’Avi Buffalo lui aurait fait subir lorsqu’elle faisait partie de son groupe. Trois jours et plus d’un millier de likes plus tard, le label d’Avi Buffalo retirait l’artiste de son catalogue, comme nous le prouve le site Internet du label lorsqu’on y recherche à présent le nom de l’artiste. Sub Pop n’a pas attendu de décision de justice officielle (il n’y a pour le moment aucune plainte déposée) ou que l’affaire devienne une controverse médiatique pour réagir : une preuve que la libération de la parole dans le monde de la musique est de plus en plus prise au sérieux.

C’est avec Sub Pop qu’Avi Buffalo a sorti ses albums Avi Buffalo et At Best Cuckold en 2010 et 2014. Le label souhaite désormais retirer les musiques des plateformes de streaming et des rayons des magasins. Si les deux albums sont encore disponibles sur Spotify, ils ne le sont cependant plus sur Apple Music. Créé en 1986, le label américain est une référence en matière de rock indé. En 1989, ils produisaient le premier album de Nirvana, Bleach.

 

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Cette action n’est pas un cas isolé et survient moins d’une semaine après la fermeture de Burger Records. Le 22 juillet dernier, le célèbre label de rock garage fermait ses portes suites à plusieurs témoignages d’agressions et harcèlements sexuels visant des artistes et membres de l’entreprise. Comme dans le cas d’Avi Buffalo, cette décision engendrait le retrait de disques sur les plateformes de streaming (avant la fermeture totale du label, dans le cas de Burger Records, croulant sous les réactions) ce qui soulève des interrogations et ranime l’éternel débat du rapport entre l’artiste et son œuvre, comme ce fut le cas dans le monde du cinéma avec l’affaire Polanski. Si ces prises de décision incarnent un renouveau nécessaire dans l’industrie musicale, il y a néanmoins des dommages collatéraux sur les œuvres et donc le public qui les écoute, qui en subissent la censure.

Il est fort probable que de tels évènements se produisent encore dans les mois à venir, dont en France suite à la création du collectif #MusicToo, qui récolte les témoignages de victimes jusqu’en septembre via ce formulaire. Le changement, c’est maintenant.

 

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