Avi Buffalo / ©Jason Persse

Après une accusation de viols, le label Sub Pop fait disparaître Avi Buffalo de son catalogue

Suite à l’ac­cu­sa­tion d’agressions sex­uelles portée par l’ancienne mem­bre de son groupe, Rebec­ca Cole­man con­tre Avig­dor Zahner-Isenberg alias Avi Buf­fa­lo, le label améri­cain Sub Pop a réa­gi en reti­rant toutes les œuvres de l’artiste de son cat­a­logue. Cette prompte déci­sion trou­ve écho dans les récents évène­ments qui sec­ouent l’industrie musi­cale, encour­agés par le mou­ve­ment #MeToo.

Sub Pop Avi Buffalo

Résul­tat de recherche pour Avi Buf­fa­lo sur le site du label

Lun­di dernier, la chanteuse Rebec­ca Cole­man, aujourd’hui mem­bre du groupe Pageants, pub­li­ait sur Insta­gram un témoignage nar­rant les deux vio­ls qu’Avi Buf­fa­lo lui aurait fait subir lorsqu’elle fai­sait par­tie de son groupe. Trois jours et plus d’un mil­li­er de likes plus tard, le label d’Avi Buf­fa­lo reti­rait l’artiste de son cat­a­logue, comme nous le prou­ve le site Inter­net du label lorsqu’on y recherche à présent le nom de l’artiste. Sub Pop n’a pas atten­du de déci­sion de jus­tice offi­cielle (il n’y a pour le moment aucune plainte déposée) ou que l’affaire devi­enne une con­tro­verse médi­a­tique pour réa­gir : une preuve que la libéra­tion de la parole dans le monde de la musique est de plus en plus prise au sérieux.

C’est avec Sub Pop qu’Avi Buf­fa­lo a sor­ti ses albums Avi Buf­fa­lo et At Best Cuck­old en 2010 et 2014. Le label souhaite désor­mais retir­er les musiques des plate­formes de stream­ing et des rayons des mag­a­sins. Si les deux albums sont encore disponibles sur Spo­ti­fy, ils ne le sont cepen­dant plus sur Apple Music. Créé en 1986, le label améri­cain est une référence en matière de rock indé. En 1989, ils pro­dui­saient le pre­mier album de Nir­vana, Bleach.

 

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Cette action n’est pas un cas isolé et survient moins d’une semaine après la fer­me­ture de Burg­er Records. Le 22 juil­let dernier, le célèbre label de rock garage fer­mait ses portes suites à plusieurs témoignages d’agressions et har­cèle­ments sex­uels visant des artistes et mem­bres de l’entreprise. Comme dans le cas d’Avi Buf­fa­lo, cette déci­sion engendrait le retrait de dis­ques sur les plate­formes de stream­ing (avant la fer­me­ture totale du label, dans le cas de Burg­er Records, croulant sous les réac­tions) ce qui soulève des inter­ro­ga­tions et ranime l’éternel débat du rap­port entre l’artiste et son œuvre, comme ce fut le cas dans le monde du ciné­ma avec l’affaire Polan­s­ki. Si ces pris­es de déci­sion incar­nent un renou­veau néces­saire dans l’industrie musi­cale, il y a néan­moins des dom­mages col­latéraux sur les œuvres et donc le pub­lic qui les écoute, qui en subis­sent la cen­sure.

Il est fort prob­a­ble que de tels évène­ments se pro­duisent encore dans les mois à venir, dont en France suite à la créa­tion du col­lec­tif #Music­Too, qui récolte les témoignages de vic­times jusqu’en sep­tem­bre via ce for­mu­laire. Le change­ment, c’est main­tenant.

 

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