Oktober Lieber. (Crédit : Titouan Massé)

Biches Festival 2019 : Promenons-nous dans les bois…

Ils ne men­taient pas ! Le Bich­es Fes­ti­val, ça se passe bien au beau milieu d’un champ en Nor­mandie, au coeur d’une forêt… Et si, pour l’oc­ca­sion, les fes­ti­va­liers réduits à l’é­tat sauvage se fai­saient appel­er les “bich­es’, on y a même aperçu de (vraies) bich­es dans les champs aux alen­tours du fes­ti­val ! C’est donc dans un cadre cham­pêtre et bucol­ique, éloigné de tout, qu’ont défilé pen­dant trois jours des musi­ciens — que dis-je, de majestueux cerfs ! — en prove­nance de nos chères con­trées franco-françaises. Et ce, sur deux scènes : une abritée dans une grange bien rus­tique, et une autre à l’extérieur, plus grande, devant laque­lle s’é­tend une belle pelouse ver­doy­ante, idéale pour danser ou faire la sieste toute l’aprem’. Alors for­cé­ment, per­du comme ça au milieu des sub­limes collines nor­man­des et de son légendaire mis­tral, on se sent un peu petit ! Ne reste plus qu’à se lancer éper­du­ment dans la musique, en quête de chaleur humaine.

La pop bien chaleureuse d’Adrien Legrand le pre­mier jour n’est donc pas de refus. Autour de ses textes en français, qui par­lent de sa con­trée natale, le musi­cien nous accueille à bras ouvert chez lui : en Nor­mandie. Alors on en prof­ite, on vis­ite un peu. A côté du merch’ : une friperie, un stand de gin région­al, un autre de yaourt bio… Au Bich­es, l’ambiance est arti­sanale. Dans la grange, lunettes noires, grand man­teau, bob sur la tête : le can­dide Bum­by enchaîne ensuite avec un élec­tro psy­ché et poé­tique, d’où se dégage une fraîcheur toute droit sor­tie d’Ar­cadie… Quand vient un groupe que nous atten­dions : TH Da Freak livre un con­cert tou­jours aus­si bon, hila­rant et fréné­tique ; avec quand même un petit quelque chose sup­plé­men­taire, à les voir se déhanch­er dans une grange ! Toutes les bich­es vien­nent ensuite se lover au milieu de la nuit devant le con­cert du grand Voy­ou, avant de se désor­don­ner à l’écoute de la tech­no indus­trielle d’Oktober Lieber. Et il est ensuite l’heure pour cer­taines d’entre elles de rejoin­dre le camp­ing où les attend leurs tip­is… Oui, oui. Ce sont des bich­es VIP !

bum­by. (Crédit : Titouan Massé)

Le lende­main, comme toute mat­inée qui se respecte, à 17h, nous sommes en com­pag­nie de Pi Ja Ma et de sa pop bien chou­ette qui par­le de fin du monde. Mais le clou du spec­ta­cle à nos yeux sera défini­tive­ment le con­cert de Léonie Per­net sur la grande scène. Peut-être est-ce à cause de l’aspect vrai­ment baroque qui émane de ses claviers, ou peut-être à cause de la légère bru­ine qui a com­mencé à tomber du ciel, mais Léonie Per­net nous propulse dans une atmo­sphère para­doxale, qui s’élève au-dessus de toutes fron­tières styl­is­tiques, entre elec­tro, post-punk, hip-hop, et nous ose­ri­ons même dire black met­al (sans l’être), le duo délivre une pop som­bre, urbaine et spir­ituelle à la fois, qui est tout sim­ple­ment mag­nifique. Heureuse­ment que Fakear arrive ensuite pour nous déten­dre. Sa tech­no ori­en­tale fera se cabr­er toutes les bich­es jusqu’à l’aube.

Léonie Per­net. (Crédit : Titouan Massé)

Putain, ça sent bon le cochon gril­lé !” dira le lende­main un gui­tariste du Bryan’s Mag­ic Tears. Après avoir bul­lé toute l’aprem sur la pelouse en com­pag­nie du Spa Mas­sage Girl Club et de Pion, on se relève pour les Bryan’s qui rani­ment la Sta­tion Gare des Mines au coeur de la forêt nor­mande. Et en effet, l’odeur ne dément pas : un cochon de bouch­er a cuit à la broche toute la journée d’hi­er, et est main­tenant fin prêt ! Par­fait ! Car c’est Bon Enten­deur qui joue ensuite. Le duo se lance dans un long DJ-set funk vin­tage, pour un fin­ish avec leur morceau “Le Temps est Bon”. Pen­dant que tout le monde danse sous le soleil défini­tive­ment instal­lé, on en prof­ite alors pour aller faire une par­tie de “Bich­es Vol­ley” sur le ter­rain prévu par le fes­ti­val ! Ambiance pool-party garantie : il ne man­querait plus que les sauciss­es frites. Et oui, c’est ça, la Nor­mandie : un petit côté sauvage qui met du baume au coeur, mais qui fait tou­jours place à de grands instants de bon­heur.

Meilleur moment : Ecouter Léonie Per­net sous une légère bru­ine et un ciel grison­nant. Humid­ité ocu­laire garantie.

Pire moment : Les larsens pen­dant Okto­ber Lieber ? Enfin bon. Elles étaient géniales quand même.

Bon Enten­deur. (Crédit : Pierre Picouleau)

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