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Oktober Lieber. (Crédit : Titouan Massé)
21 juin 2019

Biches Festival 2019 : Promenons-nous dans les bois…

par Pier-Paolo Gault

Ils ne mentaient pas ! Le Biches Festival, ça se passe bien au beau milieu d’un champ en Normandie, au coeur d’une forêt… Et si, pour l’occasion, les festivaliers réduits à l’état sauvage se faisaient appeler les « biches’, on y a même aperçu de (vraies) biches dans les champs aux alentours du festival ! C’est donc dans un cadre champêtre et bucolique, éloigné de tout, qu’ont défilé pendant trois jours des musiciens – que dis-je, de majestueux cerfs ! – en provenance de nos chères contrées franco-françaises. Et ce, sur deux scènes : une abritée dans une grange bien rustique, et une autre à l’extérieur, plus grande, devant laquelle s’étend une belle pelouse verdoyante, idéale pour danser ou faire la sieste toute l’aprem’. Alors forcément, perdu comme ça au milieu des sublimes collines normandes et de son légendaire mistral, on se sent un peu petit ! Ne reste plus qu’à se lancer éperdument dans la musique, en quête de chaleur humaine.

La pop bien chaleureuse d’Adrien Legrand le premier jour n’est donc pas de refus. Autour de ses textes en français, qui parlent de sa contrée natale, le musicien nous accueille à bras ouvert chez lui : en Normandie. Alors on en profite, on visite un peu. A côté du merch’ : une friperie, un stand de gin régional, un autre de yaourt bio… Au Biches, l’ambiance est artisanale. Dans la grange, lunettes noires, grand manteau, bob sur la tête : le candide Bumby enchaîne ensuite avec un électro psyché et poétique, d’où se dégage une fraîcheur toute droit sortie d’Arcadie… Quand vient un groupe que nous attendions : TH Da Freak livre un concert toujours aussi bon, hilarant et frénétique ; avec quand même un petit quelque chose supplémentaire, à les voir se déhancher dans une grange ! Toutes les biches viennent ensuite se lover au milieu de la nuit devant le concert du grand Voyou, avant de se désordonner à l’écoute de la techno industrielle d’Oktober Lieber. Et il est ensuite l’heure pour certaines d’entre elles de rejoindre le camping où les attend leurs tipis… Oui, oui. Ce sont des biches VIP !

bumby. (Crédit : Titouan Massé)

Le lendemain, comme toute matinée qui se respecte, à 17h, nous sommes en compagnie de Pi Ja Ma et de sa pop bien chouette qui parle de fin du monde. Mais le clou du spectacle à nos yeux sera définitivement le concert de Léonie Pernet sur la grande scène. Peut-être est-ce à cause de l’aspect vraiment baroque qui émane de ses claviers, ou peut-être à cause de la légère bruine qui a commencé à tomber du ciel, mais Léonie Pernet nous propulse dans une atmosphère paradoxale, qui s’élève au-dessus de toutes frontières stylistiques, entre electro, post-punk, hip-hop, et nous oserions même dire black metal (sans l’être), le duo délivre une pop sombre, urbaine et spirituelle à la fois, qui est tout simplement magnifique. Heureusement que Fakear arrive ensuite pour nous détendre. Sa techno orientale fera se cabrer toutes les biches jusqu’à l’aube.

Léonie Pernet. (Crédit : Titouan Massé)

« Putain, ça sent bon le cochon grillé ! » dira le lendemain un guitariste du Bryan’s Magic Tears. Après avoir bullé toute l’aprem sur la pelouse en compagnie du Spa Massage Girl Club et de Pion, on se relève pour les Bryan’s qui raniment la Station Gare des Mines au coeur de la forêt normande. Et en effet, l’odeur ne dément pas : un cochon de boucher a cuit à la broche toute la journée d’hier, et est maintenant fin prêt ! Parfait ! Car c’est Bon Entendeur qui joue ensuite. Le duo se lance dans un long DJ-set funk vintage, pour un finish avec leur morceau “Le Temps est Bon”. Pendant que tout le monde danse sous le soleil définitivement installé, on en profite alors pour aller faire une partie de « Biches Volley » sur le terrain prévu par le festival ! Ambiance pool-party garantie : il ne manquerait plus que les saucisses frites. Et oui, c’est ça, la Normandie : un petit côté sauvage qui met du baume au coeur, mais qui fait toujours place à de grands instants de bonheur.

Meilleur moment : Ecouter Léonie Pernet sous une légère bruine et un ciel grisonnant. Humidité oculaire garantie.

Pire moment : Les larsens pendant Oktober Lieber ? Enfin bon. Elles étaient géniales quand même.

Bon Entendeur. (Crédit : Pierre Picouleau)

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