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21 novembre 2018

Bonne nouvelle : la mairie de Paris subventionne 16 disquaires indépendants

par Axel Pares

Depuis quelques décennies, les disquaires indépendants connaissent une situation économique fragilisée. Il faut dire que la crise du disque est bien réelle : les ventes physiques ont quasiment chuté de moitié entre 2007 et 2017. En cause bien sûr, la dématérialisation de la musique, le téléchargement et le streaming captant pas moins de 34% des recettes. Mais le marché physique n’est pas en reste et abrite une jungle impitoyable pour ces commerçants alternatifs. Alors que les géants de la grande distribution se partagent l’essentiel du gâteau, eux ne récoltent que des miettes. D’après les chiffres du ministère de la Culture et de la Communication publiés l’année dernière, le e-commerce récupère 11% des parts des ventes physiques contre 18% pour les grossistes, 19% pour les hypermarchés, 45% pour les grandes surfaces spécialisées… Et seulement 7% pour les disquaires indépendants. Un constat amer et sans appel qui questionne sur leur viabilité à long terme. Pour survivre, certains se consacrent à la vente de produits dérivés et à l’aménagement de cafés ou de librairies. Au milieu de cette situation enclavée, une maigre lueur d’espoir : le retour du vinyle. Le SNEP (Syndicat National de l’édition Phonographique) enregistre en effet des ventes en constante progression depuis maintenant cinq ans. Bien que le CD domine, les vinyles constituent aujourd’hui 12.2%  du chiffre d’affaires du marché physique. Un regain d’intérêt pour le digging qu’on imagine profitable aux petits disquaires. Pourtant, même sur ce terrain, la compétition reste rude : « On souffre tous de la grande distribution, avec notamment la Fnac et les autres qui ont surfé sur la vente de vinyles« , explique Thomas Changeur, gérant des Balades Sonores dans le 9ème. « Les Fnacs cassent les prix et tuent les disquaires indés« , conclue Philippe Pierre-Adolphe, dirigeant du Maquis Mega Store, situé dans le 2ème arrondissement. Les grandes enseignes négocient  par exemple des contrats d’exclusivité avec les labels et organisent des soldes sur les vinyles. Financièrement, les disquaires indépendants sont bien moins armés pour répondre à cette concurrence agressive.

Devant l’urgence, la Mairie de Paris a décidé de réagir. En juillet dernier, elle lançait un appel à projets, sous la forme d’une dotation de 110 000 euros, répartie entre 16 disquaires indépendants parisiens. Le but : donner des moyens d’action et de développement pour permettre de rénover, moderniser et dynamiser ces espaces. Une initiative saluée par les principaux intéressés, comme Philippe Pierre-Adolphe  : « Ça va aider au niveau de l’équipement et du matériel. La culture est soutenue et c’est très bien. Ça va me permettre d’avoir une boutique rationnelle efficace avec plein d’outils que je n’avais pas avant comme une borne d’écoute ou un store à l’extérieur« . Pour autant, la pérennité de cette subvention est sujette à débat : « Ce n’est pas une opération de sauvetage mais une petite bouée par rapport à un marché en difficulté. C’est une aide bienvenue mais ça reste de petits montants, une goutte d’eau par rapport à tout ce qu’on vit au quotidien« , pondère Thomas Changeur. En parallèle, des événements comme le Disquaire Day sont également censés appuyer les 334 disquaires indépendants français. Mais là encore, ces aides, bien que nécessaires, demeurent globalement insuffisantes. Reste à voir comment les acteurs politiques de la culture prendront le problème à bras le corps dans les prochaines années.

Liste des 16 disquaires lauréats :

  • Maquis Store – 187 rue Saint-Denis 75002 Paris
  • Melomania – 38 boulevard Saint Germain – 75005 Paris
  • Balades Sonores – 1-3 avenue Trudaine, 75009 Paris
  • Ground Zero – 114 rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris
  • Potemkine – 30 rue Beaurepaire 75010 Paris
  • Rupture Inside /Rupture Store – 3 rue de la Fidélité, 75010 Paris
  • The Walrus – 34 ter rue de Dunkerque 75010 Paris
  • Betino’s Records – 32 rue Saint Sébastien, 75011 Paris
  • Born Bad Records – 11 rue Saint-Sabin, 75011 Paris
  • Fargo – 20 rue de Chanzy, 75011 Paris
  • Le Silence de la rue – 39, rue Faidherbe 75011 Paris
  • Music Fear Satan – 4 bis rue Richard Lenoir, 75011 Paris
  • Citeaux Sphère – 45 rue de Citeaux, 75012 Paris
  • Hand and arms – 72 rue Crozatier 75012 Paris
  • La Cuve à son – 56 rue traversière 75012 Paris
  • Soul Ableta – 47 rue Marcadet, 75018 Paris
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