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30 janvier 2023

C2C, la bombe platines

par Tsugi

Il y a dix ans, les quatre Nantais de C2C (pour « coup de cross ») balayaient tout sur leur passage avec le projet Tetr4 et le tube « Down The Road« . Une décennie après la sortie de l’unique album du groupe, qui leur a offert quatre Victoires de la musique en février 2013 et les a menés jusqu’à Coachella, ces champions du monde de deejaying et leur manager historique Yann Nédélec se sont replongés dans leurs souvenirs.

Article écrit par Jérémie Baron et Andrea Chazy, issu du Tsugi 153, Lomepal : De vive voix

 

Dans quel état d’esprit étiez-vous au moment de la conception de Tetr4, qui correspond à votre explosion en tant que groupe ?

Pfel : Avec cet album, on débarquait peut-être pour le grand public, mais on avait déjà dix ans de carrière derrière nous avec les DMC (quatre titres de champions du monde par équipe du Disco Mix Club, ndr). Là où les gens ont vu ça comme un début, pour nous c’était une manière de finir la belle histoire des championnats avec un bel album, sans se projeter plus loin.

Atom : Il y avait eu toute la période des compétitions entre 2001 et 2006, puis une pause entre 2006 et 2010 durant laquelle on était tous pris sur d’autres projets, que ce soit Hocus Pocus (dont font partie 20syl et Greem) ou Beat Torrent (composé d’Atom et Pfel). Pour fabriquer Tetr4, on s’était retrouvé pendant un mois tous les quatre dans une maison, chez 20syl à côté de Nantes. Il y avait cet aspect “retrouvailles”.

20syl : On était quasiment dans le même mood que quand on créait nos sets de battles : aller dans le plus de directions possibles, explorer le plus d’univers sonores et avant tout se faire plaisir. On ne se projetait pas dans quelque chose d’aussi gros que ce que c’est devenu par la suite. On s’est rendus compte que ça nous dépassait lorsqu’on a fait ce showcase à la Fnac de Nantes (le 5 septembre 2012, ndr) où d’un seul coup, on s’est retrouvés avec une tonne de kids devant nous, et ça poussait un peu les murs. C’était un truc qu’on n’avait pas encore connu jusqu’ici.

 

Comment avez-vous géré ce basculement inattendu dans la catégorie grand public ?

Greem : À la base, C2C, c’est quatre potes de lycées qui font du scratch, qui sont assez simples, un peu geeks, et qui n’ont pas l’habitude du star system. Quand on a vu tout ce qui arrivait, on a gardé la tête sur les épaules et on est restés soudés avec notre univers.

20syl : Pour continuer sur la Fnac de Nantes, on s’était fait arrêter par une bande de kids qui étaient étonnés qu’on parle français et qu’on vienne de Nantes. Ils avaient entendu les tracks à la radio et pour eux, on venait d’ailleurs. Ça les faisait halluciner. C’était peut-être dû au fait qu’on n’avait pas affiché nos têtes sur le disque, ça nous donnait une certaine tranquillité.

Yann Nédélec : Je me souviens avoir reçu des requêtes de Radio FG qui arrivaient en anglais, parce que les mecs étaient persuadés qu’on était anglais ou américains. J’ai également su que Steven Tyler d’Aerosmith se chauffait, avant de monter sur scène, avec « Down the Road ». Un jour, j’ai même reçu un DM de Jermaine Dupri qui voulait qu’on aille bosser pour Mariah Carey.

 

Vous avez des exemples de choix un peu risqués que vous avez décidé de faire ?

Yann : On a reçu la sollicitation de Skyrock qui voulait rentrer « Down the Road » en playlist, mais ils voulaient qu’on fasse une « Sky version » avec un rappeur français. Même si on vient du rap, on a dit non. Quinze jours après, ils ont rentré le morceau.

Atom : On a même fait un Planète Rap !

Greem : Avec les gens qu’on avait choisis, du coup on a fait un truc avec 1995, c’était super. On ne s’est jamais fait imposer des choses. Taratata par exemple, on a kiffé parce que c’est un programme légendaire que plein d’artistes qu’on admire ont fait.

Pfel : Nagui aimait bien ce qu’on faisait, il voulait comprendre. Même si lors du live, il nous a un peu piqués. C’était déstabilisant car il voulait nous tester. Mais on est retombé sur nos pieds, on y est allé de façon pédagogique. On n’a rien à cacher sur nos méthodes de travail, on n’utilise pas des sons qu’on pioche dans le vent, on va enregistrer des zicos, on réfléchit avec eux. C’était plutôt cohérent, dans l’explication, et ça désamorçait tout ça.

Greem : Nagui n’avait pas reçu beaucoup de DJ’s, on devait faire partie des premiers. C’était un peu ce défi, cette manière d’apprendre à se connaître sur le plateau parce que lui devait se dire « ils ont été piller des samples ».

Atom : C’est la même confusion depuis des années : on entend les mots DJ, producteur, électro… Les gens voient un mec sur scène avec une table devant lui, ils ne savent pas si ce sont des platines, un ordi, un controller… Dans notre live, il y avait un aspect pédagogique parce que le son et la vidéo étaient calés. J’ai souvent eu des retours disant que les gens comprenaient ce qu’on faisait, en tout cas visuellement.

20syl : L’utilisation en live du scratch vidéo comme on l’a fait, avec une conceptualisation graphique derrière, je crois qu’on a été les seuls à le faire, du moins de cette manière.

« C’est marrant d’être catégorisé comme un groupe phare de l’électro. Certains puristes n’ont pas kiffé qu’on vienne sur leurs plates-bandes. » Greem

 

À l’instar de Taratata ou de vos quatre Victoires de la musique, vous êtes alors devenus une porte d’entrée vers l’électro. Vous vous étiez imaginé cela ?

20syl : Ce n’était pas voulu. On a toujours cherché à faire une musique intemporel, transgénérationnelle et qui n’a pas de frontière. On a toujours pris plaisir à casser les codes et faire les mélanges les plus surprenants possibles. Il y avait des rythmiques très électroniques mais d’un autre côté des musiciens du blues, du jazz ou du gospel. Malgré nous, l’une des caractéristiques du projet était de rendre la chose accessible à tous. Pas avec quelque chose de simpliste ou caricatural, car on est par exemple allé chercher des bons bluesmen pour avoir un son authentique.

Greem : C’est marrant d’être catégorisé comme un groupe phare de l’électro. Certains puristes n’ont pas kiffé qu’on vienne sur leurs plates-bandes. Quand tu sors un album, on te demande dans quoi tu vas le cocher : « turntablism » (l’art de la création par les platines, ndr), ça n’existe pas. « World » c’était déjà un peu marqué, « hip-hop » peut-être limité par rapport à notre style, tout le monde nous disait qu’on faisait de l’electro music donc on a mis ça, C’était drôle de voir les guéguerres que ça pouvait créer sachant que nous, on s’en fout.

Atom : À l’époque, il y avait les DJ’s techno et les DJ’s hip-hop. Pareil pour les beatmakers. On était catalogués électro alors qu’on était beaucoup plus dans cette vision qui venait du hip-hop et du sampling.

 

Parlons de ces Victoires de la musique justement. Quel souvenir en gardez-vous ?

Atom : C’est un symbole, les Victoires. Déjà, c’est une reconnaissance, un peu comme Taratata : c’est un truc très fort avec lequel on a grandi en France. Ça représente quelque chose pour les gens de notre génération. Je pense que cela a concrétisé cette reconnaissance du grand public et de la profession, parce que ce sont aussi des professionnels qui votent. Il y a un aspect très symbolique qui parlait à nos familles.

Pfel : C’est une forme de consécration car on ne s’y attendait pas, mais ça fait plaisir. Ces quatre Victoires, on les a prises les unes après les autres un peu abasourdis dans notre chaise à chaque fois qu’on se levait. C’était un beau moment. Cela nous a surtout donné l’occasion de faire une belle « créa » car on avait « F.U.Y.A.«  avec une chorale, une façon de plus de repousser les limites sur la mise en scène d’un morceau.

Greem : Avec un orchestre, même ! Les Victoires pour nous, c’était une certaine reconnaissance, un moment encore lunaire dans cet enchaînement de succès. Il y a toujours un emballement et donc quelqu’un qui va être très en vue, il va être partout sur les évènements de cette trempe là, dans les magazines, à la TV. C’est un peu too much, parfois. Avec le recul, quand les gens nous voient, ils ne vont pas dire « Ah c’est C2C, les quatre Victoires de la musique », ils disent « quatre fois champions du monde » et je pense que c’est ça, nos vrais trophées.

 

Pendant cette période, vous avez fait énormément de shows en Europe et dans le monde, avec Coachella comme point d’orgue. Lequel retiendrez-vous ?

Atom : Coachella, ce n’était pas tant le show en lui-même qui était marquant. C’était plus d’arriver dans cet univers où, en plus, tu avais les Daft Punk, venus avec Pharell Williams pour présenter « Get Lucky » au monde entier. On était avec eux dans les loges, c’était dingue ! On était un peu à Disneyland.

Pfel : On se sentait un peu en mode « fans » à ce moment-là, tout en étant conscients aussi d’être à notre place. Mais on se sentait petit face à toutes ces grosses stars américaines. On a eu la chance de parler avec Thomas Bangalter, de mémoire il nous disait que sa fille dansait sur « Happy ».

Greem : Je me souviens d’un moment de folie où on avait joué sur un char qui déambulait dans Paris durant la Love Parade (le 30 septembre 2012, ndr). On s’était regardés tous les quatre et on s’était dit « qu’est-ce que c’est que ce bordel ! » Tu avais 100 000 personnes  dans les rues, sur les abribus, qui écoutaient aux fenêtres, qui se tassaient devant les chars où les CRS essayaient de les repousser. On était trop heureux et en même temps, on flippait un peu ! Tu avais l’impression que ça pouvait partir en émeute, je crois même que le préfet avait appelé les forces de l’ordre pour arrêter tout ça.

Yann : Tout le char était entouré de CRS avec des boucliers pour repousser les gens qui couraient ensuite vers la rue suivante pour continuer à écouter ! On était à deux doigts de se faire couper le show.

Pfel : À la fin, on a même été exfiltrés dans des fourgons par la police.

 

« Down the Road » a été l’immense succès de cet album. Vous aviez tout de suite senti que vous possédiez un énorme tube ?

Atom : Pas moi, en tout cas. Je le voyais comme un truc technique, de show DMC. Je n’imaginais pas que ce serait celui qui passerait sur NRJ.

Greem : Ou sur Rire et Chansons !

Pfel : Il y a eu une histoire sur la longueur avec ce morceau. On avait l’idée de faire des crossover entre la country, le funk, le hip-hop, l’électro. Mais il nous a longtemps manqué l’étincelle. Un dimanche, 20syl nous a dit de passer chez lui alors que c’était le seul jour de pose lors de la création de l’album. Dès les premières notes, on a compris que quelque chose se passait. J’avais senti le petit fuego derrière.

20Syl : C’est un morceau sur lequel on avait accumulé énormément de matière. On avait fait beaucoup de prises, fait venir beaucoup de musiciens : harmonica, guitare, on avait ces voix mais on n’arrivait pas à articuler tout ça. Un jour, je m’y suis mis : j’ai tout découpé et mis ça dans des sampleurs en faisant une espèce de remix de tout ce qu’on avait. C’est de là qu’est venue cette idée de découpage à l’extrême, qu’on sent dès l’intro.

Atom : J’ai des souvenirs de discussions par exemple avec le groupe plutôt pop Gush, je me disais que c’était plus un morceau comme ça (C2C et Gush ont travaillé ensemble sur le titre « Genius« , ndr) qui pourrait devenir plus populaire. Un morceau standard, avec couplet/refrain.

Greem : On parlait même de « Who Are You » à l’époque, qui nous paraissait plus radio friendly. « Down the Road » a un côté geek qu’on a toujours eu avec beaucoup de scratchs, d’instruments et on ne pensait pas qu’il allait faire l’unanimité !

 

Et qu’il finirait même à la TV…

Pfel : Ce morceau a une grande force en musical image, on peut séquencer des choses hyper efficacement dessus. Les différentes campagnes publicitaires ont participé à son succès, notamment celle de Dr Pepper aux Etats-Unis. Il y a aussi eu Google Chrome en France.

20Syl : Je me rappelle d’un long débat pour choisir le titre du morceau. (rires)

Pfel : On avait fait un vote secret avec cinq propositions chacun. On avait tous mis à peu près les mêmes trucs. Ça a failli s’appeler « Rouge » il me semble. Ou  « Bâton-Rouge », en référence à la ville de Nouvelle Orléans et à ses codes country. Pour ceux qui ne connaissent pas, ça peut paraître un peu abstrait.

Atom : Finalement « Down the Road » c’est quand même le plus évident, comme c’était ce que disait la voix. (Rires.) Il ne fallait pas aller chercher trop loin !

 

En tant qu’entité C2C, quelle trace pensez-vous avoir laissée avec ce projet ?

Atom : On s’est souvent dit qu’on était arrivés avec le bon projet au bon moment. Derrière, il y a eu des Flume, Kaytranada, les mouvements Future Beat, Beat Music, Soundcloud, qui sont arrivés et existaient par leur musique. Ce qu’on mettait en avant c’était notre musique, pas du tout un chanteur et la musique en arrière-plan. On n’est pas les premiers à l’avoir fait, mais on a peut-être participé à mettre cette vision sur le devant de la scène, comme St Germain l’a fait il y a vingt ans, ou les Daft.

20Syl : On a forcément laissé une trace dans l’esprit et le cœur des ados. Encore aujourd’hui, j’ai toujours un frisson quand j’écoute l’album des Roots Do you want more ?!!!??!, les albums du Wu-Tang ou le premier album de Dirty Bastards. Parce que ce sont des trucs que j’écoutais dans le bus en allant au collège ou lycée.

Greem : Quand des gens viennent nous voir et disent « C2C, c’est trop notre adolescence » avec des étoiles dans les yeux, tu te dis que ce truc est intervenu dans leur vie. C’est assez kiffant.

20Syl : Je pense que, quand certaines personnes auront 35-40 ans et qu’elles réécouteront « Down the Road » ou d’autres morceaux, ça leur fera ce petit effet, et c’est une grande satisfaction. Tu sais que tu as touché certains de la même manière que des trucs ont pu te toucher quand tu étais ado.

Atom : Et tu te rends compte qu’il y a encore des utilisations dans des émissions de TV. Parfois, j’entends « Down the Road » au supermarché ou à la radio.

Greem : Je ne l’ai pas encore entendu passer sur Nostalgie, heureusement.

 

À quoi pensez-vous en premier, quand on évoque l’aventure C2C ?

20Syl : J’ai envie de retenir la première victoire aux DMC, à Londres. Non, en fait, je vais en retenir une qui est un négatif-positif : la date à Grenoble, en 2001 (rires), quand on a fait une battle, en sortant de scène on était convaincu d’avoir gagné et ce jour-là on était dégouté parce qu’on a vraiment eu le sentiment de s’être fait voler le titre pour de multiples raisons. Et ça nous a collé une rage immense, cette défaite. C’est peut être le point de départ des victoires d’après. Quand on préparait nos sets qui ont suivi cette défaite, on ne laissait même pas une petite chance aux autres dans le millimétrage du show, quoi ! On voulait avoir un boulevard d’avance et on faisait tout pour réussir.

Greem : C’est vrai que la battle ça nous a façonnés, parce qu’on a cet esprit de compétition. On avait l’esprit de compet’ envers les autres mais aussi envers nous mêmes parce qu’une fois qu’on avait le titre de champion du monde à chaque fois on disait « Mais les gars, il n’y a pas moyen : si on revient, c’est avec un show qui va mettre la calotte » et on se mettait une pression monstre tous les étés pendant six ans. Alors que ce sont les années de ta vingtaine, que les autres font la teuf, partent en voyage, à la playa et tout… Bah nous en juillet on construisait le show et en août on répétait. On s’est retrouvé enfermé six étés de suite pour ces trucs-là. On ne se rend pas compte… Quand tu es dedans, tu as la tête dans le guidon, en mode warrior.

Atom : Il y aussi eu les DMC 2002 où on s’est un peu planté, on a eu des soucis techniques. Ce sont des choses qui soudent un groupe. Il y a vraiment cet aspect équipe. Ça me fait penser à l’équipe de Michael Jordan ou France 1998. On garde des liens parce qu’on a partagé ce truc super fort, et Yann fait partie du truc. C’est un peu aussi entre nous cinq. Depuis le lycée, on a eu plein d’occasions de se brouiller, qu’il n’y ait plus de liens entre nous mais pourtant voilà. Je prends l’exemple du succès : Il y a plein d’exemples de groupes qui arrivent en haut et puis après, ça clash. Nous, on continue encore aujourd’hui à s’envoyer des conneries sur Whatsapp, des morceaux qu’on kiffe, des clips, des idées. C’est toujours présent et quand on se retrouve, la complicité revient tout de suite.

Pierre : Une petite anecdote me revient.

20Syl : Ça va lâcher des doss’ là (rires).

Pierre : On était en tourbus et on devait partir d’Allemagne pour aller en Suisse. On se réveille le matin, on passe dans une station service pour se prendre un petit déj’, se brosser les dents et tout. Notre régisseur recompte tout le monde qui doit monter dans le bus. Je pense qu’il ne devait pas être bien réveillé ce jour-là parce qu’il m’a oublié, je devais être aux chiottes. Bref, je sors, je ne vois plus le bus. J’en vois un autre qui ressemblait au notre mais avec que des retraités dedans donc je me dis « Merde ça c’est pas le mien ». Là, j’appelle le régisseur qui me dit qu’ils sont partis depuis 10 minutes, qu’il n’y a pas de stations avant la frontière donc il me dit de me démerder et de faire du stop. (Rires.) Donc je me retrouve à devoir faire du stop en jogging, claquettes sur l’aire d’autoroute avec ma brosse à dents. Heureusement, il y a un mec assez cool qui m’a pris et qui m’a déposé 50km plus loin pour récupérer le bus. Du coup, j’ai traversé la frontière à pieds, comme un vieux clando’, avec ma brosse à dents et mes claquettes.

20syl : Côté humain, j’ai un regret, c’est de ne pas avoir suffisamment kiffé le moment, d’avoir trop été dans le calcul. Tu es tellement dans le truc, à te dire que tu dois faire un show de ouf, que techniquement tout doit être carré, que tu en oublies de t’émerveiller de toutes les choses qui t’arrivent. Je n’ai pas suffisamment profité du moment, de ce truc qui n’arrivera peut-être jamais une autre fois dans ma vie : Une tournée exceptionnelle, une équipe exceptionnelle, être avec des potes de lycée et vivre un truc de dingue.

Atom : C’est plus avec le recul, en retombant sur une photo ou une vidéo, que je ressens l’émotion que j’aurais dû ressentir sur le moment. On était assez concentrés sur le fait de faire le moins d’erreurs possibles.

C2C

C2C en 2012 à la sortie de l’album TETR4. © Sylvain RICHARD

 

Cette boucle qui se termine en 2012 avec l’album, c’est ce qui explique qu’il n’y ait jamais eu de deuxième projet depuis ?

Pfel : Peut-être en partie, parce que ça bouclait une époque et notre envie de mettre du scratch sur un album. Mais ce n’était pas voulu. La tournée s’est terminée en 2015, il y a eu ensuite tout un tas de side projects en solo, et il y en a d’autres à venir.

Atom : Tetr4 est riche de beaucoup d’influences, liées aux goûts de chacun et aussi à ce qu’on avait pu faire avant. Si on s’était mis une pression pour faire un second album dans la foulée, on aurait eu moins de choses dans lesquelles aller piocher. Si on se décidait aujourd’hui à repartir sur un projet, ce serait plus facile d’aller puiser dans toutes les aventures qu’on a eu. Et puis on a eu des enfants, on a construit nos vies. On a eu la chance de pouvoir vivre notre vie comme on le voulait parce qu’on avait ce luxe d’avoir un projet qui avait bien plu. On est hyper liés, mais on est aussi quatre personnes à part entière. Il n’y a pas eu de calcul.

Pfel : Si on décidait à faire quelque chose, on mettrait la barre haut. On se pose souvent la question « À quoi ça ressemblerait, un son de C2C en 2022 ? » On n’a pas encore la réponse.

 

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