Tour-Maubourg au Rex Club / ©David Boschet

Ça fait 4 ans que Pont Neuf Records défend la house made in France

par Tsugi

Une bougie de plus sur le gâteau. Le label français Pont Neuf Records fête ses qua­tre ans le 28 févri­er avec une nou­velle com­pi­la­tion, Hexag­o­nal Club, que l’on vous pro­pose d’é­couter en avant-première. Une nou­velle occa­sion d’observer la vital­ité de la scène house en France, avec les artistes de la mai­son, Tour-Maubourg, Mad­cat, Cos­monec­tion ou KX9000 mais aus­si des invités de pres­tige comme Mangabey ou Herr Krank.

La com­pi­la­tion anniver­saire est une sorte de tra­di­tion du label depuis sa pre­mière jan­vi­er 2016, Habe­mus Paname. “L’idée était de présen­ter tous les artistes du label et leur univers, ain­si que quelques amis”, nous explique le fon­da­teur du label Thomas Prunier autour d’un café. Out­re les fidèles cités plus haut, Folam­our, Ethyene ou Dub Strik­er sont passés par ces compilations.

À l’o­rig­ine, le label s’ap­pelait Sprëe Fac­to­ry, plutôt iden­ti­fié comme un col­lec­tif parisien qui organ­i­sait des soirées house au début des années 2010. “Notre nom fai­sait référence à Berlin [la Spree étant la riv­ière qui tra­verse la cap­i­tale alle­mande, ndr], mais les musi­ciens pro­gram­més étaient surtout Parisiens. C’est d’ailleurs via ce pro­jet que j’ai ren­con­tré la plu­part des artistes du label.” Voy­ant alors qu’au sein de la scène élec­tron­ique inter­na­tionale, la house française s’érigeait de plus en plus en un label de qual­ité, Thomas quitte le col­lec­tif et monte sa pro­pre écurie qui porterait le sceau de la scène locale. Depuis, il accom­pa­gne à son échelle la house française – dont il con­state l’hy­per­ac­tiv­ité ain­si que le décloi­son­nement pro­gres­sif – à coup de rési­dence au Rex Club et d’élé­gantes sor­ties : “Il y a une véri­ta­ble envie de se rassem­bler pour faire avancer les choses – et dans le bon sens !

De gauche à droite : KX9000, Thomas Prunier, Mad­cat, Berzingue, Cos­monec­tion, Tour-Maubourg, Calmos

La com­pi­la­tion des 4 ans du label, “Hexag­o­nal Club”, en vinyle

Que ce soit pour les artistes signés ou les invités, Pont Neuf priv­ilégie le con­tact humain. C’est ce qui explique la fidél­ité du label envers ses artistes. “Dès le début, j’avais une idée assez définie sur le fait de mon­ter une ‘mai­son d’artistes’ plutôt qu’une mai­son de dis­ques”, pré­cise Thomas. Les artistes sont suiv­is au-delà de la sor­tie des dis­ques, avec du book­ing, du man­age­ment, ou de l’édition. Cela per­met de créer une com­mu­nauté d’artistes qui parta­gent désor­mais un même stu­dio, mais aus­si de diver­si­fi­er l’activité de Pont Neuf.

J’ai mal­heureuse­ment du mal à con­cevoir le fait qu’on puisse seule­ment vivre des revenus des dis­ques de son label”, avoue-t-il. Dans une sit­u­a­tion économique où le stream­ing rap­porte peu et les ventes physiques peinent à décoller, il est impor­tant d’être mul­ti­tâch­es pour sur­vivre, surtout si on est spé­cial­isé. “D’un autre côté, c’est tout aus­si béné­fique car chaque sujet vient sup­port­er l’autre”, con­clut Thomas avec opti­misme. On peut donc se don­ner rendez-vous l’an prochain pour une nou­velle com­pi­la­tion, ou bien pass­er une tête à la soirée anniver­saire le 21 mars au Rex Club.

Soirée Pont Neuf au Rex ©Léo Vidale

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