Zach Condon in Berlin Studio

Ca sort aujourd’hui : vendredi 1er février

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : c’est le “ça sort aujourd’hui”. Voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week-end avec les beats médi­tat­ifs de Xosar, l’élec­trokraut de Fred und Luna, les vibes planantes de Tilman, la folk épique de Beirut, les comptines tirail­lées de Lenny Pis­tol, et pour finir les intri­g­antes nappes élec­tron­iques de Mono­lithe Noir.

Xosar — The Possessor Possesses Nothing [Bedouin Records]

The Pos­ses­sor Pos­sess­es Noth­ing de Xosar est défini­tive­ment plus spir­ituel, obscur et cathar­tique que ses précé­dents albums. Si le titre sonne comme un proverbe chi­nois, c’est que la Cal­i­forni­enne aujour­d’hui Berli­noise tire son inspi­ra­tion du Yi Jing et du Tao Te Ching (Le Livre de la Voie de Lao-Tseu). Con­den­sé de tous ses morceaux les plus som­bres, Xosar nous délivre un album qui oscille entre de l’am­bi­ent médi­tatif et une tech­no plus bru­tale. Con­naître l’ob­scu­rité en soi, la vivre et l’ex­primer pour évoluer en tant qu’Hu­main font désor­mais par­tie des urgences de sa musique. Mais, apparem­ment, il y aura tou­jours le temps pour plac­er un petit Pikachu quelque part.

Fred und Luna — Im Tiefenrausch [Compost Records]

Fred und Luna sont deux man­nequins qui font de la musique. Avec un léger prob­lème cepen­dant : ils sont en plas­tiques. En réal­ité, der­rière le pro­jet se cache l’Alle­mand Rain­er Buch­müller, qui avoue se servir de ces deux per­son­nages comme ses mus­es. Dans le sil­lage de Kraftwerk et de Neu!, l’Alle­mand délivre une élec­trokraut belle et séduisante mais surtout très psy­chédélique — influ­ence du krautrock alle­mand oblige.  Avec cet album, il pousse tou­jours plus loin la séduc­tion avec des rythmes plus dis­crets, des nappes sonores encore plus vaporeuses et de moelleuses lignes de bass­es. Pour un résul­tat encore plus savoureux.

Tilman — I Tales And Reactions [Fine]

La sor­tie deep house du jour ! Mais Tilman porte plusieurs cas­quettes. En plus d’être un très bon DJ, il est aus­si pro­duc­teur dans plusieurs labels. Et c’est sur Fine dont il est co-propriétaire qu’il se lance aujour­d’hui de façon plus décidée dans la pro­duc­tion, en dévoilant son pre­mier long-format. Avec ses beats par­ti­c­ulière­ment groovys, ain­si qu’avec ses sam­ples de pianos aériens, I Tales And Reac­tions nous fait plan­er dans une deep house qui nous envoie loin : à la fois dans un club améri­cain et face à de sub­limes paysages.

Beirut — Gallipoli [4AD]

Les cheva­liers sont défini­tive­ment à la mode en ce moment. Après avoir dévoilé le clip de “Land­slide avec la par­tic­i­pa­tion de Ian Beat­tie aka Meryn Trant de Game Of Thrones, les Améri­cains de Beirut, menés par Zach Con­don, revi­en­nent aujour­d’hui avec leur cinquième album. Com­posé prin­ci­pale­ment à par­tir d’un orgue dont le chanteur était tombé amoureux, Gal­lipoli nous berce d’une déli­cate folk pop aux allures d’une épopée bonne enfant.

Lenny Pistol — Pistil Boy [Luik Records]

Atten­tion pre­mier EP. Lenny Pis­tol est la nou­velle per­le indie/folk du label belge Luik Records. Après une pre­mière for­ma­tion où il com­po­sait une musique exclu­sive­ment guitare-voix, le Brux­el­lois s’en­ri­chit de pro­duc­tions planantes tout en con­ser­vant un cer­tain min­i­mal­isme. Les morceaux de Pis­til Boy sont sou­vent com­posés d’une légère gui­tare, de dis­crètes per­cus­sions et d’une voix qui frôle par­fois le mur­mure. Dans un style éclec­tique qui évoque aus­si bien la folk que le rap et l’indie rock, ses chan­sons aux airs de comptines devraient en con­quérir plus d’un. Rapi­de­ment.

Monolithe Noir — Slowly Changing [Kowtow Records]

Mono­lithe Noir délivre une tech­no som­bre, angois­sante. Mais, comme la fameuse pierre de 2001, l’Odyssée de l’e­space, elle est en même temps étrange­ment mag­né­tique et cap­ti­vante. Si son pre­mier album Le Son grave sor­ti en 2017 s’é­tait fait remar­qué par sa rad­i­cal­ité,  avec son nou­v­el EP Slow­ly Chang­ing Antoine Pasquali­ni der­rière le pro­jet sem­ble à la fois con­tin­uer sur cette tra­jec­toire et néan­moins se nuancer. Les boîtes à rythmes ont lais­sé la place à une bat­terie acous­tique post-produite et Peter Brod­er­ick pose sa voix sur le morceau “By Twos”. Avec pour résul­tat un style large­ment plus chaleureux, comme si l’an­cien leader du groupe folk Arch Wood­man cher­chait à trou­ver l’équili­bre par­fait entre acous­tique et élec­tron­ique : faire de l’élec­tron­i­ca une chan­son.

 

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