Crédit : Paprika Kinski par Paul Perret

Ça sort aujourd’hui : vendredi 21 juin

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week-end avec l’électro-pop sat­inée de Papri­ka Kin­s­ki, la nos­tal­gie eight­ies du label Pont Neuf, la tech­no indus­trielle de Bro­ken Eng­lish Club, celle plus spongieuse de SSTROM ou plus som­bre de Mad­ben et les con­nex­ions cérébrales de Wata Igarashi.

Paprika Kinski — Diamond Queen [Baguette]

Pop, cold wave, fémi­nine… Ce sont tout autant d’ad­jec­tifs qui peu­vent servir à décrire la musique de Papri­ka Kin­s­ki. Chanteuse et bassiste, cette super-héroïne sort aujour­d’hui son deux­ième EP au nom bien trou­vé : Dia­mond Queen. Osé, mais totale­ment assumé. A tra­vers ces cinq nou­veaux titres, Papri­ka Kin­s­ki fait renaître tous nos rêves d’une électro-pop sat­inée, puisant son inspi­ra­tion dans les pail­lettes des années 80. Ou devrait-on dire 90 ? Il faut dire qu’il y a quelque chose d’un peu lynchéen dans sa voix éthérée qui nous rap­pelle par­fois Chro­mat­ics. Côté pro­duc­tion, c’est Tim­sters qui est aux com­man­des, que l’on con­naît égale­ment pour son tra­vail avec Praa. En bref, un cock­tail doux-amer qui fait tourn­er les têtes comme les coeurs.

Wata Igarashi — Kioku [The Bunker New York]

Des cir­cuits mul­ti­col­ores clig­no­tant à toute vitesse. Un Rubik’s Cube élec­tron­ique. Voici ce qu’évo­quent les tracks du nou­v­el EP du pro­duc­teur nip­pon Wata Igarashi : des com­bi­naisons mélodiques rapi­des et com­plex­es pro­gram­mées par des arpé­gia­teurs com­plète­ment affolés, rap­pelant le poste de com­mande d’un vais­seau spa­tial ou d’un sous-marin à la dérive. Réu­nis sous le nom de Kioku, sig­nifi­ant “mémoire” en japon­ais — les qua­tre titres for­ment un intriguant puz­zle cérébral, porté par un sound-design par­ti­c­ulière­ment soigné. Un peu comme si votre Super Simon ou votre jeu de bataille navale élec­tron­ique avait été mécham­ment bidouil­lé, puis branché à un atti­rail analogique.

Broken English Club — White Rats II [L.I.E.S]

Atten­tion, cette sor­tie est réservé aux aver­tis. Ceux qui savent ce que donne le mélange explosif de tech­no indus­trielle, post-punk et met­al. Une sorte de cock­tail molo­tov qui réveille le corps et l’âme. Der­rière ce pro­jet se cache Oliv­er Ho, présent sur la scène de la tech­no bri­tan­nique depuis le milieu des années 90, aux côtés de fig­ures comme Sur­geon. Avec White Rats II, il présente la sec­onde par­tie d’une trilo­gie ambitieuse. Cet opus se con­sacre davan­tage sur le dance­floor avec ses touch­es d’acid et ses syn­thés très (très) énervés. Dur, énig­ma­tique, fascinant.

Various Artists — 3615 Disco [Pont Neuf Records]

Français­es, Français, je vous souhaite une bonne année.” Une belle intro­duc­tion pour la nou­velle com­pi­la­tion de Pont Neuf Records, qui souf­fle cette année ses trois bou­gies. Le label parisien affiche une douzaine de sor­ties et peut être fier de ses nom­breux sou­tiens, par­mi lesquelles fig­urent quelques poin­tures issues de la house comme Lau­rent Gar­nier, Moomin ou encore Folam­our. Pour cette nou­velle com­pi­la­tion, Pont Neuf a décidé de faire un petit voy­age dans le temps, vers les années 80 et leur atmo­sphère dis­co et boo­gie. Hom­mage à une décen­nie dev­enue mythique qui com­mence très fort avec un remix de “L’amour à la plage” de Nia­gara par le duo Alva. Suiv­ent quelques beaux noms, dont le fon­da­teur de du label Moon­rise Hill Mate­r­i­al Ethyène, le pro­duc­teur mon­tant de Toulouse Mangabey ou encore Deb­o­rah Aime La Bagarre. Le tout a été super­visé par Mad­cat, qui a sélec­tion­né les artistes et les morceaux. En résulte un mix tout frais pour l’été ryth­mé par des lignes de basse très funky. A con­som­mer de préférence avec un bon mojito.

SSTROMDrenched [Rösten]

N’at­trapez pas froid. Après un EP et un album sor­tis l’an­née dernière, le Sué­dois SSTROM revient sur le label Rösten avec Drenched. Douze titres répar­tis sur 3 EP sor­tis à trois semaines d’in­ter­valle cha­cun. L’alias de Hannes Sten­ström, autre­fois mem­bre du groupe sué­dois Slagsmål­sklubben et moitié du duo tech­no énig­ma­tique (et dif­fi­cile­ment prononçable) SHXCXXCHCXSH, nous plonge dans une tech­no spongieuse, sem­blant avoir absorbé des quan­tités de liq­uides aux for­mules chim­iques com­plex­es. Les pro­duc­tions sont immer­sives, épaiss­es et brumeuses : une alchimie min­i­mal­iste réal­isée par un mix com­plexe… et un mal­heureux coup du des­tin. L’EP effec­tive­ment pris forme après que Sten­ström a ren­ver­sé un verre sur son ordi­na­teur. Le lim­i­tant dras­tique­ment, cette évène­ment impor­tun l’au­rait for­cé à essay­er de nou­velles tech­niques de com­po­si­tion et d’en­reg­istrement. Et plouf, la con­trainte crée la per­for­mance. N’es­sayez tout de même pas ça chez vous.

Madben — Landscape EP [Sous Music]

Ambiance pesante, rythme soutenu. Mad­ben sculpte le son de “Land­scape” à coups de grosse caisse et de syn­thé­tiseurs ful­gu­rants, anx­iogènes. Recon­nu pour ses sor­ties au sein des écuries Astrop­o­lis Records et Ellum, il annonce ain­si la couleur d’un nou­v­el EP de trois titres, des­tiné au label Sous Music, créé par Anja Schnei­der. Ain­si épaulé par la pro­duc­trice alle­mande, le Français s’aventure dans les som­bres méan­dres d’un jeu de pads calme et cérébral, con­stru­it autour d’une basse vrom­bis­sante et gran­uleuse. Sa musique mono­chrome, tein­tée d’une touche de syn­thé­tiseurs mod­u­laires, fait compte de ses inspi­ra­tions, les scènes élec­tron­iques de Paris et Detroit en tête. Les tex­tures et les atmo­sphères se mélan­gent et se délient comme de la pein­ture diluée, traçant les esquiss­es du Land­scape EP. Des grooves puis­sants et min­i­mal­istes, des attaques suc­cinctes et chirur­gi­cales suiv­ies par l’en­tê­tant arpé­gia­teur de “Robots” et les ryth­miques pré­cis­es de “Evade”, qui peu­vent aus­si bien évo­quer une course-poursuite noc­turne dans la forêt qu’une rave sauvage, entourée par les blocs de béton et martelée par les coups de pieds fréné­tiques de danseurs hal­lu­cinés. Immer­sion totale, sans compromis.

 

 

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