DJ Varsovie en PLS à gauche et Tony Turbo qui met le turbo à droite, au Airbnb à Sydney / ©Simon Fascilla

Cascades de feu et sexe en quad : DJ Varsovie et Tony Turbo racontent le Toxic Invasion Festival

En 2019, le prince noir du camp­ing DJ Varso­vie et son ami Tony Tur­bo étaient invités sur la scène de l’un des plus grands rassem­ble­ments aus­traliens de musique extrême, le Tox­ic Inva­sion Fes­ti­val. Un an plus tard, alors que l’édi­tion 2020 est annulée, ils sor­tent un disque en hom­mage à cette expéri­ence hors-norme, To Live & Die in Syd­ney, témoignage d’un week-end intense et inou­bli­able au cœur du bas­tion de l’ADM (Aus­tralian Dance Music). Devant leur mètre de shots cha­cun, au Syd­ney Fire Ball, bar à thème du centre-ville de Lille, ils nous racon­tent cette incroy­able épopée.

Tous ces corps suant et tatoués s’agitaient comme autant de démons quand brûle l’église.”

Le Tox­ic Inva­sion Fes­ti­val, sacrée aven­ture ! Com­ment ça s’est fait ?

DV : C’est une his­toire de ouf. Fin 2018, j’étais en coloc avec Michael, un Aus­tralien qui était venu à Paris pour suiv­re des cours de langue, chaque ven­dre­di, alors que l’on organ­i­sait l’hebdomadaire réu­nion des colocs. Il me par­lait d’un pote à lui qui fai­sait par­tie de l’organisation d’un gros fes­ti­val. Il me tea­sait ça comme un dingue, le Michael ! Et comme vous pou­vez vous en douter, le fes­ti­val dont il me par­lait, c’était le Tox­ic ! Un soir, alors qu’il était en skype avec son pote, je me suis incrusté de force dans la con­ver­sa­tion (j’étais bour­ré comme un Russe en décem­bre) et je l’ai motivé pour qu’il écoute un disque réal­isé quelques mois aupar­a­vant avec Tony Tur­bo, il l’a fait et a kif­fé. Le lende­main, il nous pro­po­sait une date. Dix min­utes après, j’appelais Tony pour lui en par­ler.

TB : Varso­vie m’ap­pelle et me dit : “Tony, je sais que tu rêves d’aller en Aus­tralie. Cette fois-ci, on y va pour de bon et pas pour cueil­lir des fruits dans un champ.” J’ai tout de suite accep­té, flat­té par l’in­vi­ta­tion et surtout con­tent que notre musique plaise au pub­lic aus­tralien pour­tant réputé exigeant et éli­tiste.

Tony Tur­bo en télé­con­férence avec ses man­agers à gauche et DJ Varso­vie, heureux comme jamais, à droite / ©Simon Fas­cil­la

Parlez-nous un peu de ce fes­ti­val, piller de la scène ADM. Vous avez quelques anec­dotes, des sou­venirs ?

TB : Le TIF, c’est un peu la con­sécra­tion pour les DJs de ce style, c’est un événe­ment incon­tourn­able. Pour moi, le moment le plus mémorable c’est quand je perds DJ Varso­vie le pre­mier jour, à peine arrivé sur le site du fes­ti­val, et je le retrou­ve en fin de soirée à essay­er de piquer le micro du MC du con­cours de t‑shirts mouil­lés de la soirée d’ou­ver­ture. Il hurlait des insan­ités et des blagues sur l’Aus­tralie en se vidant des canettes Mon­ster sur la tête à la Steve Austin.

Comme dit le proverbe aus­tralien : « Nev­er too late to burn a bug­gy, nev­er too late to drop da bass. »

DV : Tony a rai­son, c’est vrai­ment un endroit mag­ique, il y a une forme de lib­erté que l’on trou­ve nulle part ailleurs. Il y a qua­tre scènes avec des ambiances dif­férentes et des ani­ma­tions de ouf comme la course de bug­gy ou le con­cours de shot vodka-Monster. Je pour­rais vous par­ler de notre pote hol­landais Rudolf qui a fini à l’hôpital de Syd­ney après un bras de fer avec un Tchétchène, mais la plus mémorable reste celle où j’ai couché avec Nicole sur un quad en marche après notre set. Une véri­ta­ble ath­lète de sport extrême, Lara Croft, la meuf ! Putain… C’était un autre monde, je suis cer­tain d’avoir sen­ti la jalousie des étoiles (rires coquins).

 

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Parlez-nous un peu de votre set, com­ment s’est déroulé la ren­con­tre avec le pub­lic aus­tralien ? (Ndlr : à ce moment-là, Tony se perd dans une expli­ca­tion sans fin, un chara­bia tech­nique d’initié que nous avons préféré ne pas retran­scrire ; DJ Varso­vie lui fait remar­quer et tente une tra­duc­tion)

DV : Franche­ment, on appréhendait un peu. C’est vrai que ce n’est pas notre pub­lic habituel, on ne savait pas si les Aus­traliens allaient accrocher mais la suite a plutôt joué en notre faveur. Quand on a bal­ancé « Dream­Catcherz » (qui, par ailleurs, est sur le disque), j’ai sen­ti une sorte de com­mu­nion, tous ces corps suant et tatoués s’agitaient comme autant de démons quand brûle l’église, comme les fidèles d’une secte gal­vanisés par l’appel de leur gourou, je n’aurais qu’une phrase à dire sur mon ressen­ti : « Join the cult of sound ! »

DJ Varso­vie, une release dans ce style est plutôt inat­ten­due de ta part. Quel rôle Tony Tur­bo vient jouer dans tout ça ? Quel a été votre proces­sus de créa­tion à dis­tance ?

DV : Nous nous sommes intéressés à l’ADM sur le tard, c’est vrai­ment le book­ing qui a déclenché en nous un véri­ta­ble amour pour cet univers, pour les cas­cades de feu sur la scène Ter­mi­na­tor, pour les filles, sexy et fières, mani­ant la machette comme 1 000 Lara Croft au com­bat, pour les Range Rover qui tombent du ciel, quand le drop s’amorce. Comme dit le proverbe aus­tralien : « Nev­er too late to burn a bug­gy, nev­er too late to drop da bass. »

TB : À la base, ou devrais-je dire « à la basse » (rires), il m’a par­lé de cette musique qu’il ne con­nais­sait pas trop mais il savait que j’avais gran­di avec des men­tors comme DJ Furax et Patrick Jumpen. J’ap­por­tais la par­tie plus tech­nique, et lui, ses mélodies dont il a le secret. Les morceaux ont éclos plutôt instinc­tive­ment, on s’envoyait des maque­ttes et quand on a été proche du résul­tat final, DJ Varso­vie est venu de Toulon à Brux­elles et on a fig­nolé les morceaux ensem­ble. Ener­gy drink dans une main, carte de Syd­ney dans l’autre.

En espérant que la crise du coro­n­avirus touche à sa fin l’an­née prochaine, pourra-t-on compter sur vous pour met­tre le feu lors de l’édi­tion 2021 ? Et c’est quoi la suite pour vous alors ?

DV : Écoute, si le Tox­ic revient en 2021, tu pour­ras compter sur nous pour venir en tant que fes­ti­va­lier, j’ai une revanche à pren­dre sur le con­cours de shot et je don­nerais tout pour revoir Nicole, mais qui sait si le fes­ti­val repren­dra ? Quoi qu’il arrive, nous empor­tons avec nous un superbe sou­venir dans la tombe. Sacrée Nicole…

TB : Quelle ques­tion ! Bien sûr que tu pour­ras nous y retrou­ver ! Mais pour le moment, on met un peu l’ADM de côté. On a mon­té un groupe, VOL 2045. C’est l’oc­ca­sion pour nous de faire les morceaux pop dont on rêvait, une sor­tie de var­iété française futur­iste qui com­bine nos deux univers. Mais on n’a pas dit notre dernier mot, on a encore des morceaux pour faire vibr­er les clubs…

DV : La seule chose que je peux vous dire, c’est que ce sera une belle saloperie…

Des préser­vat­ifs rap­portés directe­ment du fes­ti­val seront à gag­n­er sur Tsu­gi mar­di 6 octo­bre

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