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🔊 Ce nouvel album frontal, massif, mystérieux de Léonie Pernet

La chanteuse Léonie Per­net con­tin­ue ses explo­rations sonores avec son nou­v­el album, Le Cirque de con­so­la­tion, sor­ti aujour­d’hui. Et c’est une vraie réussite.

Chronique issue du Tsu­gi 145 : les grandes Ă©nigmes de la musique, disponible en kiosque et en ligne.

C’est un fait : Léonie Per­net aime pren­dre des risques. Elle sait déséquili­br­er les rythmes de ses chan­sons, les malmen­er pour finale­ment les faire retomber sur leurs pattes. Elle sait chanter sur la brèche de la justesse et créer de l’incertitude. En cela, son sec­ond album Le Cirque de con­so­la­tion est une vraie réus­site. La chanteuse, pro­duc­trice et multi-instrumentiste française, dev­enue l’un des fers de lance du label InFiné, délaisse quelque peu l’exclusive langue anglaise pour la mari­er au français, con­férant à ses chan­sons une forme de mys­ti­cisme, les peu­plant de paysages inven­tés. Jusqu’à se référ­er au long poème Les Chants de Mal­doror du Comte de Lautréa­mont (1869) sur le titre du même nom. Nous sommes donc prévenus : voici un album dense, com­plexe, qui trou­ve ses instants de repos dans les com­po­si­tions instru­men­tales comme “Vow­el” ou l’excellent “Intérieur Négro”.

 

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Au milieu de l’électronique, Le Cirque de con­so­la­tion est han­tĂ© par des lieux dif­fi­cile­ment iden­ti­fi­ables, des per­cus­sions venues d’Orient, des chĹ“urs pou­vant par­faite­ment sur­gir de monastères ensevelis, si bien qu’on ne sait plus très bien oĂą le situer dans le monde. Tant mieux. Car il ne faut pas se fier au sin­gle envoyĂ© en Ă©claireur, “Hard Bil­ly”, qui aurait tout Ă  fait eu sa place sur le pre­mier album, Crave, paru en 2018. Ici, le change­ment de direc­tion musi­cale est total, priv­ilĂ©gie le frontal, le mas­sif et le mys­tère. Ă€ l’instar du titre “Il pleut des hommes”, une mon­tĂ©e en ten­sion qui rap­pelle que LĂ©onie Per­net chĂ©rit les morceaux linĂ©aires, hors for­mats. CorĂ©al­isĂ© par le musi­cien et arrangeur ren­nais Jean-Sylvain Le Gouic, ex-Juve­niles, Le Cirque de con­so­la­tion se fout Ă©per­du­ment des gen­res et des adjec­tifs, ne rĂ©pon­dant qu’aux envies d’aventures sonores de son autrice. Quitte Ă  nous per­dre par­fois pour mieux nous retrou­ver et nous emmen­er loin, très loin de nos cer­ti­tudes musicales. 

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