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© David Bosher
29 mars 2022

C’est quoi Panoramas ? Les créateurs du superbe festival morlaisien nous racontent son histoire

par Guillaume Monnier

25 ans… Les artistes du festival Panoramas font bouger les corps dans la péninsule ouest de la France depuis un quart de siècle. Forcément, les directeur et programmateur que sont respectivement Eddy Pierres et Joran Le Corre ont quelques anecdotes à raconter, en voici quelques unes en attendant avril prochain.

Du 14 au 17 avril prochain, rendez-vous au SEW, lieu culturel majeur du centre ville de Morlaix sur les berges du port et au Lango, le parc des expositions de la cité du 29 (Finistère). Fidèle à sa ligne directrice de départ, la programmation du festival donne cette année encore un joli aperçu de ce qu’offre le paysage musical français et notamment émergent avec des artistes comme Cheap House, KALIKA, Zinée ou encore Guy2Bezbar. Malgré tout, les artistes techno resteront majoritaires dans la programmation : culture « teuf à la bretonne » oblige on suppose… D’Irène Drésel à ascendant vierge en passant par Nina Kraviz, u.r trax ou Vitalic, la programmation est prometteuse pour célébrer comme il se doit les 25 ans du festival.

Dans quelles conditions le festival a-t-il été lancé ?
C’est une histoire de copains tous originaires de Morlaix. Nous voulions donner un coup de projecteur sur notre ville et sur la scène musicale locale. La première édition se déroulait dans les bars de Morlaix avec une entrée à 10 francs pour assister à l’ensemble des concerts ! Pour l’anecdote : le nom de l’association qui organise le festival, WART, est lié à la création du festival. Nous avions voulu organiser une première soirée dans un ancien transformateur électrique réhabilité en friche culturelle (sommairement) mais le maire de la ville avait donné un avis défavorable un peu tardivement. Plutôt que de nous démobiliser cela nous a motivé à nous structurer en créant l’association WART (WAR et ART : la guerre pour l’art). Nous étions très jeunes, nous n’avions pas connaissance à l’époque de la signification du mot « wart » en anglais… Nous vous laissons chercher !

Quelle était l’idée de départ du festival ?
Un, et donc, des Panoramas ! Nous souhaitions mettre en avant la vitalité de la scène locale sans restriction en termes de genres musicaux. Peu à peu, les musiques électroniques sont devenues prédominantes sur le festival puisque nos goûts ont évolué vers ces musiques-là en particulier qui devenaient, au même moment, plus mainstream. Ce sont aussi des rencontres et des claques musicales qui nous ont plus particulièrement orientés vers la techno : une soirée dédiée au label F Communication, le premier live de Vitalic ou le premier dj set de Justice dans le grand ouest.

Comment étaient les débuts du festival ?
Au tout début le festival accueillait 500 spectateurs, puis un peu plus sur la deuxième édition puis pendant quelques années entre 5 000 et 10 000 spectateurs. Nous avons décollé en 2012-2013 et affiché plusieurs éditions « sold-out » avant l’ouverture des portes avec plus de 20 000 festivaliers. Pour nos 20 ans en 2017, nous avons dépassé les 30 000 spectateurs. À partir de cette époque-là, c’est un public très différent qui s’est littéralement approprié le festival : un public de kids plus féminin aussi. Panoramas est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les jeunes du grand ouest et un véritable rite de passage au début du printemps. Il faut dire que nous nous sommes beaucoup remis en question sur le format de l’événement : développement des transports en commun, politique de prévention et actions de développement durable notamment et nous sommes aussi passé de 2 scènes à 3 puis 4 scènes. Nous avons créé un camping au mois d’avril, c’était osé mais cela a tout de suite cartonné !

Quel fut les premiers grands noms du festival ?
Les premiers groupes d’envergures que nous avons accueilli sont peut-être les Rhinôcérôse, le Grand Popo Football Club (avec Ariel Wizman), Amon Tobin… Des icônes comme Brigitte Fontaine (morlaisienne) mais aussi Alain Bashung pour deux soirées magiques au théâtre à l’italienne du Pays de Morlaix. Et puis il y a eu les rappeurs américains RZA, Wu-Tang Clan, Method Man, Public Enemy… Peu à peu nous avons programmé de plus en plus de rap en complément des musique électroniques et parfois pris des risques sur des artistes encore peu plébiscités comme Stromae, Sexy Sushi, Salut C’est Cool, Lorenzo 

L’artiste que vous rêveriez d’avoir à Panoramas ?
Daft Punk

 

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Quel est votre meilleur souvenir du festival ? Le pire ?
Le premier passage de Vitalic au moment du mythique premier EP « Poney » : une claque monstrueuse autant pour les amateurs de techno que de rock ! Tout à coup, il venait réconcilier les teufeurs et les rockeurs, ce qui ne semblait pas gagné du tout à l’époque ! 18 ans après son premier passage, il est encore là et fidèle à Panoramas pour cette 25e édition : respect !
Le pire était certainement cette soirée hardcore métal en 2005 dans le grand hall du parc des expositions qui pouvait accueillir jusqu’à 7 000 places… mais seulement 500 personnes maximum s’y était rendu. En « tête d’affiche », le groupe Kickback qui insulte le public et descend dans la fosse pour se battre : ambiance de la loose ! Nous revoyons encore la tête de notre président d’association et la belle explication de texte avec le Maire de la Ville après le festival qui avait reçu plusieurs lettres de plaintes à l’issu du concert !!


Votre meilleure rencontre lors du festival ?

Panoramas

Affiche de la prochaine édition du festival Panoramas


Il y a tellement de rencontres sur un festival ! C’est difficile à dire. D’autant que souvent nous avons rencontré des artistes qui nous en ont fait rencontrer d’autres ou avec qui nous sommes devenu amis et/ou agent via notre activité de booking WART TOUR. La venue d’Antoine de Caunes en 2018 pour son émission La Gaule D’Antoine c’était sympa aussi !
Même s’il n’est pas fan de musiques électroniques à la base, il a eu l’ouverture d’esprit de venir et a terminé déguisé en fleur à slamer sur le live d’Irène Dresel (autre artiste chouchou du catalogue WART). Elle sera d’ailleurs présente à nouveau pour la soirée de clôture pour cette 25ème édition du festival. 

Qu’est ce que ça fait d’avoir 25 ans ?
L’impression d’un étrange flashback à l’origine du festival quand nous avions encore entre 17 & 19 ans à nos débuts !

Enfin, quels sont les projets du festival pour les années futures ?
Continuer encore 25 ans ! Tout en faisant évoluer le festival au vu de notre implantation de plus en plus prégnante sur le territoire du Pays de Morlaix. Nous y avons créé un lieu culturel sur plus de 5 000 m2 qui s’appelle le SEW (Salamandre / Entresort et Wart, le nom des 3 associations fondatrices) dans une ancienne usine du centre-ville (la Manufacture des tabacs de Morlaix). À l’intérieur, le public peut retrouver une salle de spectacle, des studios, 3 cinémas, un bar, une librairie, un resto à venir… Bien sûr, on a des idées pour la suite. Nous y avions déjà exporté « Pano » à l’occasion de son édition un peu exceptionnelle de 2021. Nous avions aussi investi le parc d’un château à proximité du centre-ville : c’était champêtre, familiale, super zen, fun et idéal à vrai dire pour terminer le festival. Nous avons plein d’idées et de sollicitations du genre pour la suite ! En attendant place à la 25ème édition ! 

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