© David Bosher

C’est quoi Panoramas ? Les créateurs du superbe festival morlaisien nous racontent son histoire

25 ans… Les artistes du fes­ti­val Panora­mas font bouger les corps dans la pénin­sule ouest de la France depuis un quart de siè­cle. For­cé­ment, les directeur et pro­gram­ma­teur que sont respec­tive­ment Eddy Pier­res et Joran Le Corre ont quelques anec­dotes à racon­ter, en voici quelques unes en atten­dant avril prochain.

Du 14 au 17 avril prochain, rendez-vous au SEW, lieu cul­turel majeur du cen­tre ville de Mor­laix sur les berges du port et au Lan­go, le parc des expo­si­tions de la cité du 29 (Fin­istère). Fidèle à sa ligne direc­trice de départ, la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val donne cette année encore un joli aperçu de ce qu’of­fre le paysage musi­cal français et notam­ment émer­gent avec des artistes comme Cheap House, KALIKA, Zinée ou encore Guy2Bezbar. Mal­gré tout, les artistes tech­no res­teront majori­taires dans la pro­gram­ma­tion : cul­ture “teuf à la bre­tonne” oblige on sup­pose… D’Irène Drésel à ascen­dant vierge en pas­sant par Nina Krav­iz, u.r trax ou Vital­ic, la pro­gram­ma­tion est promet­teuse pour célébr­er comme il se doit les 25 ans du festival.

Dans quelles con­di­tions le fes­ti­val a‑t-il été lancé ?
C’est une his­toire de copains tous orig­i­naires de Mor­laix. Nous voulions don­ner un coup de pro­jecteur sur notre ville et sur la scène musi­cale locale. La pre­mière édi­tion se déroulait dans les bars de Mor­laix avec une entrée à 10 francs pour assis­ter à l’ensem­ble des con­certs ! Pour l’anecdote : le nom de l’association qui organ­ise le fes­ti­val, WART, est lié à la créa­tion du fes­ti­val. Nous avions voulu organ­is­er une pre­mière soirée dans un ancien trans­for­ma­teur élec­trique réha­bil­ité en friche cul­turelle (som­maire­ment) mais le maire de la ville avait don­né un avis défa­vor­able un peu tar­di­ve­ment. Plutôt que de nous démo­bilis­er cela nous a motivé à nous struc­tur­er en créant l’association WART (WAR et ART : la guerre pour l’art). Nous étions très jeunes, nous n’avions pas con­nais­sance à l’époque de la sig­ni­fi­ca­tion du mot “wart” en anglais… Nous vous lais­sons chercher !

Quelle était l’idée de départ du festival ?
Un, et donc, des Panora­mas ! Nous souhaitions met­tre en avant la vital­ité de la scène locale sans restric­tion en ter­mes de gen­res musi­caux. Peu à peu, les musiques élec­tron­iques sont dev­enues pré­dom­i­nantes sur le fes­ti­val puisque nos goûts ont évolué vers ces musiques-là en par­ti­c­uli­er qui deve­naient, au même moment, plus main­stream. Ce sont aus­si des ren­con­tres et des claques musi­cales qui nous ont plus par­ti­c­ulière­ment ori­en­tés vers la tech­no : une soirée dédiée au label F Com­mu­ni­ca­tion, le pre­mier live de Vital­ic ou le pre­mier dj set de Jus­tice dans le grand ouest.

Com­ment étaient les débuts du festival ?
Au tout début le fes­ti­val accueil­lait 500 spec­ta­teurs, puis un peu plus sur la deux­ième édi­tion puis pen­dant quelques années entre 5 000 et 10 000 spec­ta­teurs. Nous avons décol­lé en 2012–2013 et affiché plusieurs édi­tions “sold-out” avant l’ou­ver­ture des portes avec plus de 20 000 fes­ti­va­liers. Pour nos 20 ans en 2017, nous avons dépassé les 30 000 spec­ta­teurs. À par­tir de cette époque-là, c’est un pub­lic très dif­férent qui s’est lit­térale­ment appro­prié le fes­ti­val : un pub­lic de kids plus féminin aus­si. Panora­mas est devenu un rendez-vous incon­tourn­able pour tous les jeunes du grand ouest et un véri­ta­ble rite de pas­sage au début du print­emps. Il faut dire que nous nous sommes beau­coup remis en ques­tion sur le for­mat de l’événe­ment : développe­ment des trans­ports en com­mun, poli­tique de préven­tion et actions de développe­ment durable notam­ment et nous sommes aus­si passé de 2 scènes à 3 puis 4 scènes. Nous avons créé un camp­ing au mois d’avril, c’é­tait osé mais cela a tout de suite cartonné !

Quel fut les pre­miers grands noms du festival ?
Les pre­miers groupes d’en­ver­gures que nous avons accueil­li sont peut-être les Rhinôcérôse, le Grand Popo Foot­ball Club (avec Ariel Wiz­man), Amon Tobin… Des icônes comme Brigitte Fontaine (mor­laisi­enne) mais aus­si Alain Bashung pour deux soirées mag­iques au théâtre à l’i­tal­i­enne du Pays de Mor­laix. Et puis il y a eu les rappeurs améri­cains RZA, Wu-Tang Clan, Method Man, Pub­lic Ene­my… Peu à peu nous avons pro­gram­mé de plus en plus de rap en com­plé­ment des musique élec­tron­iques et par­fois pris des risques sur des artistes encore peu plébisc­ités comme Stro­mae, Sexy Sushi, Salut C’est Cool, Loren­zo 

L’artiste que vous rêver­iez d’avoir à Panoramas ?
Daft Punk

 

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Quel est votre meilleur sou­venir du fes­ti­val ? Le pire ?
Le pre­mier pas­sage de Vital­ic au moment du mythique pre­mier EP “Poney” : une claque mon­strueuse autant pour les ama­teurs de tech­no que de rock ! Tout à coup, il venait réc­on­cili­er les teufeurs et les rockeurs, ce qui ne sem­blait pas gag­né du tout à l’époque ! 18 ans après son pre­mier pas­sage, il est encore là et fidèle à Panora­mas pour cette 25e édi­tion : respect !
Le pire était cer­taine­ment cette soirée hard­core métal en 2005 dans le grand hall du parc des expo­si­tions qui pou­vait accueil­lir jusqu’à 7 000 places… mais seule­ment 500 per­son­nes max­i­mum s’y était ren­du. En “tête d’af­fiche”, le groupe Kick­back qui insulte le pub­lic et descend dans la fos­se pour se bat­tre : ambiance de la loose ! Nous revoyons encore la tête de notre prési­dent d’as­so­ci­a­tion et la belle expli­ca­tion de texte avec le Maire de la Ville après le fes­ti­val qui avait reçu plusieurs let­tres de plaintes à l’is­su du concert !!


Votre meilleure ren­con­tre lors du festival ?

Panoramas

Affiche de la prochaine édi­tion du fes­ti­val Panoramas


Il y a telle­ment de ren­con­tres sur un fes­ti­val ! C’est dif­fi­cile à dire. D’autant que sou­vent nous avons ren­con­tré des artistes qui nous en ont fait ren­con­tr­er d’autres ou avec qui nous sommes devenu amis et/ou agent via notre activ­ité de book­ing WART TOUR. La venue d’Antoine de Caunes en 2018 pour son émis­sion La Gaule D’Antoine c’était sym­pa aus­si !
Même s’il n’est pas fan de musiques élec­tron­iques à la base, il a eu l’ouverture d’esprit de venir et a ter­miné déguisé en fleur à slamer sur le live d’Irène Dresel (autre artiste chou­chou du cat­a­logue WART). Elle sera d’ailleurs présente à nou­veau pour la soirée de clô­ture pour cette 25ème édi­tion du festival. 

Qu’est ce que ça fait d’avoir 25 ans ?
L’impression d’un étrange flash­back à l’o­rig­ine du fes­ti­val quand nous avions encore entre 17 & 19 ans à nos débuts ! 

Enfin, quels sont les pro­jets du fes­ti­val pour les années futures ?
Con­tin­uer encore 25 ans ! Tout en faisant évoluer le fes­ti­val au vu de notre implan­ta­tion de plus en plus prég­nante sur le ter­ri­toire du Pays de Mor­laix. Nous y avons créé un lieu cul­turel sur plus de 5 000 m² qui s’appelle le SEW (Sala­man­dre / Entre­sort et Wart, le nom des 3 asso­ci­a­tions fon­da­tri­ces) dans une anci­enne usine du centre-ville (la Man­u­fac­ture des tabacs de Mor­laix). À l’in­térieur, le pub­lic peut retrou­ver une salle de spec­ta­cle, des stu­dios, 3 ciné­mas, un bar, une librairie, un resto à venir… Bien sûr, on a des idées pour la suite. Nous y avions déjà exporté “Pano” à l’occasion de son édi­tion un peu excep­tion­nelle de 2021. Nous avions aus­si investi le parc d’un château à prox­im­ité du centre-ville : c’était cham­pêtre, famil­iale, super zen, fun et idéal à vrai dire pour ter­min­er le fes­ti­val. Nous avons plein d’idées et de sol­lic­i­ta­tions du genre pour la suite ! En atten­dant place à la 25ème édition ! 

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