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22 octobre 2013

Chronique : Julianna Barwick – Nepenthe

par rédaction Tsugi

Une jeune femme blafarde aux cheveux raides interminables qui porte des robes médiévales et s’entraîne à longueur de journées les yeux perdus dans son fond d’écran licorne à imiter le chant des sirènes. C’est un peu comme ça qu’on imagine Julianna Barwick et si ça peut prêter au ricanement c’est sans compter sur la magie sereine qui émane de ses enregistrements.

Son troisième album, Nepenthe, n’est pas une révolution par rapport aux deux précédents, Barwick donne toujours dans un genre d’ambient vocal élégiaque, empile des couches de voix évanescentes et ultra-réverbées, ne troublant cette quiétude que de quelques notes de pianos éparses ou d’autres instruments joués par ses nouveaux amis islandais de la bande à Sigur Rós (chez qui elle a enregistré cette nouvelle odyssée). Le nepenthès désignait chez Homère la boisson donnée à Hélène après son enlèvement pour lui faire oublier son pays natal. C’est tout l’effet de Julianna Barwick : elle nous fait oublier d’où l’on vient. Avec elle nos pieds décollent et on plonge sans s’en rendre compte dans un état de semi-conscience léthargique. On se demande même si en ressortant de ce cocon cotonneux la vie n’est pas un peu plus douce.

Nepenthe (Dead Oceans/Pias)

 

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