Chronique : Madlib & Freddie Gibbs — Piñata

Depuis la dou­ble claque admin­istrée par leur pre­mier EP com­mun (Thug­gin’, 2011), le duo com­posé de Madlib et Fred­die Gibbs n’a cessé de nous met­tre à genoux, en atten­dant de pou­voir nous abat­tre un mono­lithe sonore sur le coin du nez. Avec ses dix-sept morceaux et sa pile de fea­tur­ings triple A, Piña­ta con­tient un paquet de douceurs. Qui ne man­quent pas de révéler une cer­taine amertume.

N’oublions pas que Fred­die Gibbs, avec son passé de mal­frat, a autant de cen­til­itres de venin à aspir­er de ses blessures que de punch­lines à dégain­er. Madlib, lui, déroule sans trop d’efforts, et signe ici sa série de pro­duc­tions la plus cohérente, qui cir­cule quelque part dans la mélan­col­ie des 70’s. La scan­sion de semi-dément de Dan­ny Brown n’attendant que ce genre d’ambiances pour pro­duire du con­traste, le cast­ing marche, “High” est à plac­er par­mi les étoiles incon­tourn­ables de ce recueil. Vous y crois­erez égale­ment Raek­won, Mac Miller et Earl Sweat­shirt, entre autres, Gibbs restant maître de cette céré­monie qui hon­ore son flow un poil traî­nard, et très 90’s dans l’esprit. Les novices ont désor­mais de quoi pénétr­er dans le monde four­mil­lant de Madlib, quadra loin d’être endor­mi, et qui con­tin­ue à s’entourer des meilleurs MC. Son meilleur disque depuis Jaylib. (Math­ias Riquier)

Piña­ta (Madlib Invazion/Differ-Ant)

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