Chronique : Redshape — Square

S’il fait le buzz sur la planète tech­no depuis le milieu des années 00 en cul­ti­vant l’anonymat der­rière son célèbre masque rouge, Red­shape n’est pour­tant pas l’un de ces pro­duc­teurs sures­timés, oblig­és de jouer la surenchère esthé­tique pour sus­citer l’intérêt. Le Berli­nois a un réel tal­ent comme en témoigne sa longue discogra­phie et notam­ment The Dance Para­dox, son pre­mier album qui présen­tait en 2009 une tech­no post‐minimale sous influ­ence Detroit ten­dance Carl Craig et Berlin sauce Mau­r­izio. Square voit Red­shape élargir son champ des ­pos­si­bles, défrichant de nou­veaux ter­ri­toires. À ce titre, le morceau “Until We Burn” est sans doute le plus sur­prenant de tous : un dub élec­tron­ique déviant avec le MC Space Ape du label lon­donien Hyper­dub au micro. Expéri­men­tal encore un peu plus sur “Paper”, pièce de tech­no midtem­po métallique, sans oubli­er de jolis moments de bravoure down­tem­po et ­cli­ma­tiques — “Atlantic”, “Moods & Mice” et dans les nom­breux inter­ludes aérant l’album. Il reste aus­si un peu de place pour de la tech­no red­shapi­enne plus clas­sique, sur “It’s A Rain”, “Star­soup” et la ver­sion réar­rangée d’un titre déjà paru en 2006, “The Play­ground”, belle con­clu­sion d’un album exigeant et racé. (Nico­las Bres­son)

Square (Run­ning Back/La Baleine)

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