Chronique : Sébastien Tellier — My God Is Blue

Il n’y a jamais de demi-mesure avec Sébastien Tel­li­er. Tant du côté du pub­lic qui l’adule ou le déteste avec la même fer­veur, que de l’artiste dont la paru­tion de chaque album est pré­texte à des con­cepts sans cesse plus déli­rants. Cette fois, Tel­li­er se réin­car­ne en chaman, fon­da­teur de l’Alliance Bleue, une sorte de franc-maçonnerie hip­ster. Évidem­ment, on n’y croit pas une seule sec­onde, mais c’est drôle, à l’image du teas­er “Pépi­to Bleu” qui a par­faite­ment joué son rôle.

Musi­cale­ment beau­coup moins ancré dans la cheesy dis­co 80’s que son prédécesseur Sex­u­al­i­ty (on ne s’en plain­dra pas), My God Is Blue, pro­duit fine­ment par Mr Flash, met surtout en avant les qual­ités vocales de ce nou­veau “fou chanteur” dont on igno­rait qu’il pos­sédât un tel cof­fre. Comme tou­jours avec Tel­li­er, les mélodies sont au rendez-vous avec par­fois un par­fum Polnar­eff du XXIe siè­cle (“My Posei­don”). L’orgie syn­thé­tique de “Against The Law” et ses étranges paroles sur les coif­feurs (?), la douceur mélan­col­ique de “My God Is Blue”, le groove vicieux de “Cochon Ville” sont autant de réus­sites d’un album bien moins déli­rant qu’il n’y paraît. À vos Pépi­tos ! (Patrice Bardot)

My God Is Blue (Record Makers/Barclay)

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