Ko Shin Moon, sur la scène de la Gaîté pour le tremplin 2020 / ©Rod Maurice

Comment ce tremplin peut faire décoller votre carrière (et comment le gagner)

Le Prix Société Pern­od Ricard France Live Music est un trem­plin incon­tourn­able de la scène française. Chaque année, à l’is­su d’une belle soirée de con­certs, il récom­pense un jeune tal­ent et lui offre la pos­si­bil­ité de lancer sa car­rière artis­tique. Mais ça veut dire quoi con­crète­ment gag­n­er ce prix pour un artiste ? Le duo français Ko Shin Moon, lau­réat 2020, nous racon­te com­ment ça s’est passé pour eux et vous donne quelques con­seils pour gag­n­er.

Avis aux jeunes artistes avec de grandes ambi­tions : les inscrip­tions pour le Prix Société Pern­od Ricard France Live Music 2021 seront clos­es le 18 octo­bre, soit ce dimanche. Depuis 2010, ce prix offre :

  • l’opportunité de se pro­duire aux con­certs organisés par notre confrère Gon­zaï et à des fes­ti­vals
  • d’être accom­pa­gné dans le finance­ment, la pro­duc­tion, la dif­fu­sion d’un EP et la réalisation d’un clip vidéo
  • des séances de coach­ing
  • un pres­sage vinyle chez Big­wax
  • un sou­tien matériel de Yama­ha Music et Line 6 à hau­teur de 2 000 €.

Par­mi les anciens lauréats, on compte les duos élec­tron­iques Ko Shin Moon et Dampa, le groupe de rock MNNQNS, qui a par la suite con­nu une ascen­sion ful­gu­rante jusqu’à sign­er sur le label bri­tan­nique Fat­Cat ; les groupes Fuze­ta, Two Bun­nies In Love, Colours In The Street, Lysis­tra­ta, etc. Pour espérer être le prochain sur cette liste, il faut :

  • envoy­er sa can­di­da­ture en ligne, accompagnée d’une vidéo et d’un morceau de sa pro­pre com­po­si­tion
  • être auto­pro­duit
  • résider en France métropolitaine.

Sinon, si vous n’êtes pas artiste, mais sim­ple­ment ama­teur de bonne musique, vous pou­vez vous join­dre au jury, en votant sur le site et en assis­tant aux con­certs des dix final­istes prévus à la Gaîté Lyrique en jan­vi­er 2021, si les con­di­tions san­i­taires le per­me­t­tent bien sûr.

Comment ça s’est passé pour vous, Ko Shin Moon ?

Ko Shin Moon

©Juli­et Casel­la

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présen­ter ?

L’idée de pro­fes­sion­nalis­er le pro­jet. De l’emmener sur un ter­rain dif­férent. L’accompagnement et le prix pro­posé est super intéres­sant, tech­nique­ment, logis­tique­ment et finan­cière­ment. Avant ça, on se débrouil­lait à deux, et on était arrivés à un point où on avait vrai­ment besoin de s’entourer pour avancer.

On était arrivés à un point où on avait vrai­ment besoin de s’entourer pour avancer.”

D’après vous, qu’est-ce qui vous a dif­féren­cié face aux autres can­di­dats ? 

Dif­fi­cile de répon­dre à cette ques­tion ! En toute hon­nêteté, on ne s’imaginait pas aller au bout, il y a telle­ment de pro­jets de qual­ité sur la scène actuelle. Peut-être la sin­gu­lar­ité de l’esthétique, le côté synth folk, glob­al et hybride. Le côté inclass­able qui vient du fait que l’on s’amuse à brouiller les fron­tières à la fois physiques, styl­is­tiques et tem­porelles via l’expérimentation, la col­lab­o­ra­tion, l’échange et la recherche. C’est aus­si peut-être la com­plic­ité que nous avons sur scène. Ou bien nos chaus­sures dorées… Les rela­tions ont aus­si été tout de suite fan­tas­tiques avec l’équipe du Prix Société Pern­od Ricard France Live Music. Et ça a dû bien jouer. Les paramètres qui jouent sur une sélec­tion auprès de l’équipe et auprès du pub­lic sont sub­tile­ment dif­férents. Pour l’équipe, on imag­ine que c’est intéres­sant d’avoir à la fois un groupe avec de l’expérience dans la musique, un groupe en qui ils peu­vent avoir con­fi­ance sur une col­lab­o­ra­tion intéres­sante, mais aus­si un groupe en réel besoin de développe­ment. On a un stu­dio de qual­ité dans lequel on passe l’essentiel de notre temps hors des scènes et dans lequel on a fait venir l’équipe. Ça a dû met­tre en con­fi­ance l’équipe sur les ambi­tions du groupe. On était donc un groupe en développe­ment, avec un accom­pa­g­ne­ment unique­ment sur la par­tie tournée. Du coup, la place de l’ac­com­pa­g­ne­ment du Prix Société Ricard Live Music était par­faite­ment adap­tée. Du coté du pub­lic, c’est légère­ment dif­férent, la ques­tion de ressen­ti a beau­coup plus de poids. Le vote qui va faire béné­fici­er au groupe lau­réat d’une aura par­ti­c­ulière met le pub­lic un peu dans une posi­tion de mécène. Ce qui compte c’est le pro­jet, et ce qu’on dégage sur scène. On est à 100 % impliqués dans notre musique, on adore encore plus lorsque c’est partagé sincère­ment avec un pub­lic et que ça marche. Le plus impor­tant devant un pub­lic, c’est qu’il sente qu’on joue pour lui et pas pour gag­n­er un prix.

Le plus impor­tant devant un pub­lic, c’est qu’il sente qu’on joue pour lui et pas pour gag­n­er un prix.”

Ko Shin Moon

©Rod Mau­rice

Et ce pub­lic à la Gaîté Lyrique, com­ment était-il ? Com­ment l’avez-vous con­quis ?

Le pub­lic était super récep­tif, c’était telle­ment chou­ette de jouer dans une salle de cette taille, pleine. Il faut aus­si soulign­er que l’accueil tech­nique était par­fait. Tout le monde a su nous met­tre en con­fi­ance, l’équipe du Prix, l’équipe tech­nique de la Gaîté Lyrique, et la bien­veil­lance du pub­lic. Trente min­utes de con­cert pour présen­ter une esthé­tique et accrocher un pub­lic, c’est vrai­ment pas évi­dent. Au final, se con­cen­tr­er sur l’efficacité d’un set con­den­sé, c’est vrai­ment une expéri­ence en soi. On a la chance d’avoir beau­coup de titres en stock et de pou­voir ori­en­ter notre set pour que ça soit rac­cord avec l’heure à laque­lle on joue. C’est super impor­tant de savoir pourquoi et devant qui tu joues, à quelle heure, dans quelle ambiance, et dans quel cadre esthé­tique. C’est un peu comme accorder un instru­ment avant de jouer.

Ce qui est vrai­ment bien avec l’accompagnement du Prix, c’est qu’il n’empiète pas sur l’essence esthé­tique et artis­tique du pro­jet, mais il donne des moyens con­crets, à la fois humains, tech­niques et financiers pour le men­er à bien.”

Ce trem­plin, qu’a-t-il apporté à votre car­rière ?

L’accompagnement nous a per­mis de struc­tur­er enfin notre pro­jet en tra­vail­lant avec une équipe com­plète. Un man­ag­er, un admin, un attaché de presse… Nous avons tra­vail­lé avec des parte­naires nou­veaux et des artistes avec qui nous souhaitions col­la­bor­er.

Si vous avez quelques con­seils à don­ner aux can­di­dats de cette année…

Il faut le faire. Ce qui est vrai­ment bien avec l’accompagnement du Prix Société Ricard Live Music 2021, c’est qu’il n’empiète pas sur l’essence esthé­tique et artis­tique du pro­jet, mais il donne des moyens con­crets, à la fois humains, tech­niques et financiers pour le men­er à bien. On n’a pas pu béné­fici­er de tout ce qu’on pou­vait avoir à cause de la Covid-19, mais allez y, fon­cez !

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