Confiné.e.s avec… DJ Cam

par Tsugi

Les musi­ciens sont comme tout le monde : blo­qués chez eux. On leur a demandé com­ment ils occu­pent leurs journées, pour en tir­er quelques recom­man­da­tions. Aujour­d’hui, c’est DJ Cam qui nous racon­te.

Récem­ment instal­lé à Nice, le mythique pio­nnier français de l’ab­stract hip-hop creuse son sil­lon entre trip-hop et jazz depuis les années 90. Son dernier disque, 90’s, rend hom­mage aux DJ et rappeurs de son enfance passée à New York, comme A Tribe Called Quest ou J Dil­la, avec douceur et nos­tal­gie.

Pro­pos recueil­lis par Olivi­er Per­not

Tu es où en ce moment ?

Chez moi, à Nice. C’est ma nou­velle ville et ma nou­velle mai­son depuis une semaine. Mon démé­nage­ment était prévu juste avant qu’on soit con­finé.

Quel est le livre que tu lis en ce moment ?

J’ai tou­jours qua­tre ou cinq livres d’avance et juste avant le con­fine­ment, j’ai acheté un livre absol­u­ment génial : Un automne de Flaubert d’Alexandre Pos­tel. Quelques temps après avoir écrit L’Education sen­ti­men­tale, Gus­tave Flaubert a décidé d’aller pass­er un automne en Bre­tagne, à Con­car­neau. Alexan­dre Pos­tel a repris toutes ses cor­re­spon­dances à cette époque pour racon­ter sa vie là-bas. C’est comme un jour­nal, mais romancé. L’histoire se déroule en 1875. C’est drôle et très vivant.

Un album que tu viens de redé­cou­vrir et que tu aimes écouter tran­quille­ment, en entier, instal­lé dans son canapé ?

C’est un album du trompet­tiste Fred­die Hub­bard, Mis­tral, que j’ai en pres­sage japon­ais (le disque n’est sor­ti qu’aux États-Unis, au Japon et au Por­tu­gal, ndr). Il y a des invités comme Stan­ley Clarke ou Paulin­ho Da Cos­ta, qui a fait des per­cus­sions sur les albums mythiques de Michael Jack­son. Cet album Mis­tral, qui date de 1981, est un disque de jazz funk très organique, qu’il faut vrai­ment écouter du début à la fin. Sa pochette est mag­nifique, et on voy­age, comme avec le livre sur Flaubert.

Un disque pour danser dans son salon ?

Ce n’est pas un album, c’est un cof­fret ! Je réé­coute en ce moment un super cof­fret boot­leg en cinq vinyles du Par­adise Garage (club new-yorkais de la fin des années 70, ndr). C’est le mix que Lar­ry Lev­an a fait pour la dernière soirée du club. Il joue des morceaux de Joe Smooth, Diana Ross, Gior­gio Moroder, Roy Ayers, Ado­nis, The Temp­ta­tions, MFSB, etc. C’est hyper bien mixé, ça te plonge dans l’ambiance et tu peux danser dans ton salon.

Un film à revoir, par­mi les clas­siques qui t’ont mar­qué ?

Il y a quelques jours, je dis­cu­tais avec un voisin du couvre-feu qui est mis en place à Nice. A 23h, inter­dic­tion de sor­tir. Cela m’a fait penser au film Grem­lins et m’a don­né envie de le revoir. Après minu­it, il ne faut pas don­ner à manger aux mog­waïs sinon ils vont se trans­former en grem­lins ! C’est un super film pour les enfants et les ados. C’est plein de naïveté et en ce moment, on a bien besoin de ça.

Un jeu à faire en famille ?

Je ne suis pas très jeu… mais je dirais Clue­do, comme je suis un grand fan de Colum­bo et des enquêtes poli­cières.

Un site Inter­net à fouiller ?

Je suis pas­sion­né de pêche à la mouche et je viens de décou­vrir un site ten­tac­u­laire, celui de la Fédéra­tion départe­men­tale de pêche des Alpes-Maritimes. Ce site est hyper bien fait, avec des cartes de tous les tor­rents, riv­ières et lacs sauvages. Avec plein de pho­tos, de forêts, de mon­tagnes.

Un plat que tu aimes cuisin­er ?

Je cui­sine vrai­ment très très peu. Ma femme est une cheffe excep­tion­nelle. Mais j’ai une spé­cial­ité, le poulet coco à la Thaï. Je le réus­sis pas trop mal.

Une activ­ité que tu aimes faire ces jours-ci ?

Comme je viens de démé­nag­er, je range énor­mé­ment, j’aménage. Cela me fait faire du sport en plus ! Sinon, je me suis occupé du jardin : j’ai coupé cer­tains arbres, des branch­es mortes.

Tu as envie de faire quoi en pre­mier à l’ex­térieur quand le con­fine­ment se ter­min­era ?

J’ai envie de pren­dre le tout nou­veau vélo que je me suis acheté récem­ment et me faire les 40 kilo­mètres de pistes cyclables qui lon­gent la mer. Là, je suis dans les starting-blocks.

Tu pré­pares quoi pour cette année ?

J’ai un nou­v­el album qui doit sor­tir en sep­tem­bre. Il est déjà prêt. C’est un disque très solaire, qui mélange musique brésili­enne et élec­tro. Il s’intitule Trop­i­cal Gyp­sy.

Qu’espères-tu que ce con­fine­ment va chang­er dans nos vies ?

J’espère qu’on va se calmer vrai­ment, qu’on va arrêter la sur­con­som­ma­tion, les bil­lets d’avions à 20 balles pour aller pass­er un week-end quelque part. Toutes ces choses absur­des. Il faut qu’on prenne le temps et qu’on se rap­proche de la nature. C’est pour ça que j’ai quit­té Paris, où tout le monde est speed, dans un flow énergé­tique démen­tiel, et que je me suis instal­lé à Nice.

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