© Michael Voinis

D.KO Records, toujours d’attaque !

Emblé­ma­tique du renou­veau de la house française dans les années 2010, le label D.KO Records fête ses dix ans avec la volon­té de regarder déjà vers la prochaine décen­nie. Le label, qui a notam­ment révélé Mad Rey, Mézigue ou Paul Cut, veut con­tin­uer de s’ouvrir à d’autres styles, de nou­veaux artistes, et n’exclut pas de ne pas s’accrocher au for­mat vinyle.

Des KO” ou “déco” ?

 Après dix ans d’existence, il serait peut-être temps d’en avoir le cœur net. “En vérité, ça se prononce “déco”, comme “décon­nec­té”, explique Mud Deep, l’un des qua­tre fon­da­teurs de D.KO Records. C’est le surnom d’un pote, le nom du label est une dédi­cace. Mais on peut dire les deux”, concède-t-il en haus­sant les épaules, avouant que la plu­part des gens dis­ent ‘des KO et ne com­pren­nent même pas lorsqu’on dit ‘déco’ “. Comme Flabaire et Mézigue, réu­nis pour l’interview, il n’en prend pas ombrage et préfère en sourire. On ne sera pas sur­pris de notre côté d’entendre dans la genèse de cette appel­la­tion une his­toire de potes. Car l’histoire de D.KO, qui fête ce print­emps ses dix années d’existence à tra­vers une com­pi­la­tion et une tournée, c’est avant tout celle d’une bande d’amis pas­sion­nés de musique. 

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Tout démarre au milieu des années 2000, entre les murs du col­lège Pas­teur, à Paris, où Flabaire, Mézigue, Mud Deep et GGGG sont élèves (ils souhait­ent que l’on ne men­tionne pas leurs prénoms dans l’article). Hap­pés par la musique élec­tron­ique, ils ne tar­dent pas à se décou­vrir des goûts musi­caux en com­mun et à se lier d’amitié. On fai­sait des bat­tles de son sur iPod, se remé­more Mud Deep. On se chal­lengeait avec les morceaux qu’on trou­vait sur Inter­net, c’est comme ça qu’on partageait notre pas­sion.” C’est l’époque de la french touch 2.0, à laque­lle les qua­tre col­légiens n’échappent pas. Si tu étais ado en 2006–2007 en France, c’était dif­fi­cile de pass­er à côté d’Ed Banger, résume Flabaire, mais on était pas mal dans la french touch pre­mière généra­tion aus­si, les dis­ques de Roulé, Cry­damoure, Alan Braxe, DJ Fal­con. Puis on a glis­sé vers la min­i­male…”… et on est remon­té vers l’essence de cette musique, coupe Mézigue. Detroit, Chica­go, l’acid house, le mou­ve­ment rave. Quand on a décou­vert Under­ground Résis­tance, on était comme des dingues : ‘Waouh, en fait c’est ça l’origine du truc ! Il faut absol­u­ment dig­ger là-dedans.’ ” Rapi­de­ment, ils s’achètent des platines, draguent les vinyles plutôt que les MP3 et, vers 17 18 ans, com­men­cent à organ­is­er avec un cer­tain suc­cès leurs pre­mières soirées dans des bars, notam­ment à la Karam­bole. L’idée de trans­former leur col­lec­tif de DJs en label ne tarde pas à mûrir, alors que la bande de potes s’es­saye en par­al­lèle à la pro­duc­tion musi­cale. “La suite logique, pour Mud Deep. On s’est dit que ce serait bien d’avoir notre pro­pre plate­forme pour pou­voir dif­fuser notre musique. C’est comme ça qu’est venue l’idée de créer un label. En plus à ce moment-là, on a com­mencé à recevoir des démos qui nous plai­saient beau­coup.” Comme celle que celui qui ne se fait pas encore appel­er Mad Rey leur trans­met après une (…)

 

Retrou­vez la suite de l’ar­ti­cle dans le numéro 160 : Kid Francescoli / French 79, Mar­seille trop puis­sant ! Et les deux com­pi­la­tions ci-dessous :

 

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