Marvin & Guy au Big Love 2019. © Clémence Lesné

DJ-set dessiné, techno et gros palots : c’était le Big Love à Rennes

Un cou­ple de quadras se roulant d’énormes et indé­cents patins sur un banc de la Place du Par­lement de Bre­tagne, au grand dam de deux jeunes filles dégoûtées et prenant le soleil à côté des baveux… Yavait du love dans l’air ce week-end à Rennes. Mais le Big Love, le vrai, se cachait à quelques mètres de là, dans la micro-galerie Ping Pong, où deux illus­tra­teurs dessi­naient à vitesse grand V ce que leur inspi­raient les dis­ques sélec­tion­nés par la DJ Con­stance Ver­tov. Ça s’é­coute autant que ça se regarde, à part quelques coulées de posca ça bave beau­coup moins que nos amants du Par­lement, et on aurait bien ramené deux-trois planch­es, par­fois un poil coquines, dans notre valise – men­tion spé­ciale à cette petite dame accroupie sur une boule à facettes, inspirée, en toute logique, d’un titre dis­co. L’idée, excel­lente, vient du trio (deux artistes et une DJ donc) Piste 3, et sert d’amuse-bouche au fes­ti­val Big Love, qui fêtait sa cinquième édi­tion le week-end dernier dans dif­férents lieux de Rennes. Un petit Brastis (le Pastis bre­ton, oui oui) plus tard, direc­tion l’apéri­tif de cette pro­gram­ma­tion, une fin d’après-midi en extérieur et en accès libre au MeM, pour flân­er sur des palettes en bord de Vilaine, sur fond de DJ-sets house et dis­co par Gigs­ta et Ben­jamin Fröh­lich. Des goss­es partout, des planch­es de char­cu­terie, de doux rayons de soleil : jamais le label de Herr Fröh­lich, l’ex­cel­lent Per­ma­nent Vaca­tion, n’au­ra aus­si bien porté son nom.

Le beau Mag­ic Mir­ror. © Clé­mence Lesné

Mais c’est à 20 heures que le plat de résis­tance était servi : une soirée élec­tron­ique (payante, cette fois-ci) avec Théo Muller, Lauer, Chloé puis Mar­vin & Guy, sur la scène d’un Mag­ic Mir­ror, ces superbes chapiteaux démonta­bles et bardés de petits box­es où s’asseoir et pren­dre un verre – les Parisiens con­nais­sent bien le Cabaret Sauvage, les Ren­nais celui instal­lé au Tha­bor pen­dant le fes­ti­val Mythos et qui a donc démé­nagé ici, au MeM. Un superbe écrin pour ce Big Love et une soirée com­mençant tech­no, Théo Muller ayant le courage de ne pas retenir ses chiens à kicks mal­gré la foule encore clairsemée et le soleil qui brille dehors, et atteignant son apogée grâce au set de Chloé et un ultra-dansant (et fun!) “Take Your Lady” de Sworn Vir­gins, un de nos grands coups de cœur disco-house du print­emps signé chez DEEWEE, le label des Soulwax/2ManyDJs. Impa­ra­ble. Et ce n’est pas une petite de coupure de courant qui égratign­era l’en­t­hou­si­asme des Bre­tons dansants, prêts à créer leurs pro­pres strobo au flash de télé­phone quand toutes les lumières se sont éteintes d’un coup.

Le lende­main, les traits sont peut-être un peu tirés, la météo peut-être un peu bre­tonne (aka il pleu­vait des cordes non-stop), mais nos irré­ductibles Big Loviens étaient bel et bien présents sous la flotte, au Square de la Touche, pour le dessert du fes­ti­val : une après-midi (gra­tu­ite!) au line-up au poil, avec Luke Von West­en (par ailleurs pro­gram­ma­teur du fes­ti­val), Das­co, un Justin Strauss en excel­lente forme qui n’hésite pas à jouer acid avant la nuit tombée, et Opti­mo en bou­quet final funky, acid ou break­beat, jusqu’à minu­it – avec notam­ment ce titre, effi­cace, et puis surtout le très à propos“Could You Be Loved” de Bob Mar­ley repa­touil­lé pour l’oc­ca­sion. Humide, dansant et bon enfant : le love on vous dit.

Même pas peur de la pluie. © Clé­mence Lesné

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