Arnaud Rebotini.

Électronique dans les collines de l’Ardèche Aluna Festival

Un soir, un genre. Pour la deux­ième année con­séc­u­tive, l’Ardèche Alu­na Fes­ti­val accueille une scène dédiée à la musique élec­tron­ique au coeur des collines ardé­chois­es. Dès le jeu­di, ce sont les sons métis­sés du per­cus­sion­niste Sha­di Khries qui enta­ment les fes­tiv­ités. Ses amis d’Acid Arab enchaî­nent avec un DJ‐set aus­si planant que puis­sant. Il souf­fle comme un vent chaud par­mi les fes­ti­va­liers grâce à l’électro mêlée aux sonorités ara­biques des Français. Au même moment, The Chem­i­cal Broth­ers com­mence son show avec laser au‐dessus du pub­lic, ani­ma­tions 3D éblouis­santes aux couleurs cri­ardes en fond de scène et bass­es per­cu­tantes. Les titres phares du duo s’enchaînent (Let For­ev­er Be”, “Hey Boy, Hey Girl”, “Block Rockin’ Beats”) pour don­ner vie à ce feu d’artifice visuel et sonore. Le lende­main, la scène prin­ci­pale est prise d’assaut par les pères français du hip‐hop. NTM a mis la fièvre à 20 000 per­son­nes durant deux heures. Non loin, la scène locale élec­tron­ique est à l’honneur avec le Lyon­nais SKUVT pour un moment entre tech­no et house. La soirée se clô­ture avec le Polon­ais Radikal Guru qui fait tourn­er les têtes avec un live dub ponc­tué de cuiv­res.

La Fraicheur.

Le same­di — et dernier jour du fes­ti­val — la var­iété française ren­con­tre l’électronique dans la pro­gram­ma­tion avec la présence de Patrick Bru­el et de La Fraicheur sur la même affiche (oui c’est pos­si­ble !). Pen­dant que IAM “Danse Le Mia” sur la grande scène, la Française basée à Berlin com­mence son set ravageur. Comme Per­rine (de son vrai prénom) nous l’a con­fié quelques heures plus tôt, elle s’inspire des éner­gies du pub­lic avant de bal­ancer chaque track. Les sons tech­no dis­til­lés avec ardeur com­mu­nient autant avec les fes­ti­va­liers que l’environnement bucol­ique du site. La danse est au rendez‐vous der­rière les platines, mais aus­si dans la foule ent­hou­si­aste. Nous ne faisons plus qu’un. Pour boucler ces trois jours, place à Arnaud Rebo­ti­ni qui débute son DJ‐set avec un extrait de la bande orig­i­nale de 120 Bat­te­ments par min­utes — qui lui a valu un César. Et bonne nou­velle, l’histoire entre l’homme des machines et le ciné­ma ne risque pas de s’arrêter là puisqu’il vient tout juste de ter­min­er deux autres bandes‐son, dont une pour la réal­isatrice Lou Jeunet. Revenons en Ardèche où le pub­lic de Lily Allen — dont le con­cert vient de se ter­min­er — se joint peu à peu à celui de Rebo­ti­ni. La foule s’agrandit face aux sons de plus en plus bruts du Français. On en ressort épuisé, mais heureux. Ce fes­ti­val (plutôt grand pub­lic) a su pro­pos­er cette année une scène élec­tron­ique où jeunes pouss­es et artistes con­fir­més se ren­con­trent au‐dessus du vil­lage du Ruoms.

Meilleur moment : les choré­gra­phies de La Fraicheur et son énergie com­mu­nica­tive
Pire moment : le retour vers le camp­ing après le pas­sage d’Arnaud Rebo­ti­ni

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