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3 septembre 2020

Emma DJ : toujours plus de limites dépassées avec ce nouvel album

par Alix Odorico

Emma DJ, boss du collectif parisien Fusion Mes Couilles, défriche toujours un peu plus les lignes trop tangibles de la club music parisienne. Son nouvel album PZSÅRIASISZSZ sur BFDM en est la preuve, presque inqualifiable, impulsif, définitivement ovniesque.

Emilio alias Emma DJ fait parti de cette jeune génération bien décidée à faire autre chose qu’une musique trop genrée et étiquetée, à l’instar des soirées Fusion Mes Couilles dont il est l’instigateur. Un projet qui rompt avec les standards bien trop établis des soirées parisiennes, en apportant plus d’autodérision, plus de souplesse et de mystère, en témoignent ces soirées dans les warehouses banlieusardes, où l’annonce se fait par bouche-à-oreille, dans la pure tradition des rave parties.

Lorsqu’il ne porte pas la casquette de DJ et de boss de Fusion Mes Couilles, Emma DJ fait des tapes, des EP et des albums. Sur PZSÅRIASISZSZ qui sort chez les Lyonnais de BFDM (The Pilotwings, J-Zbel, Simo Cell), les sonorités évoluent vers quelque chose d’encore plus distordu et décousu par rapport à ses dernières releases, Global Pharmaceutical, Kingdom Era puis l’EP Alvin avec VTSS (juin 2020). PZSÅRIASISZSZ est un ovni musical bien qu’on y retrouve ce côté gabber, IDM et breaké chiné outre-manche, source d’inspiration pour Emilio. Il en dira simplement : « Sur cette sortie, j’ai voulu sortir de ma zone de confort en m’inspirant de nouveaux genres que je n’avais pas encore exploré, tout en gardant un univers sonore cohérent malgré les changements de styles ».

 

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Sortir de sa zone de confort, cela reflète bien l’état d’esprit d’un garçon qui ne se pose pas trop de questions quant à son processus artistique, ce disque est un argument de poids : « Rien n’a vraiment changé à vrai dire en terme de processus d’enregistrement. Je dirais que celui-ci est peut-être plus versatile que celui avec VTSS, mais c’est aussi dû au fait qu’il y a plus de titres ». Emma DJ bidouille dans sa chambre tel un bedroom producer en mélangeant les genres, livrant une musique instinctive et qu’il veut libre d’interprétation : « Je préfère ne pas parler de ce projet et laisser les gens percevoir la musique comme ils le veulent. À partir du moment où elle sort, la musique ne m’appartient plus ».

S’il peut faire preuve de détachement une fois l’œuvre sortie, l’artiste ne reste pas moins habité, possédé par ses machines en pleine production : « Tout sort d’un coup, et après je ne produis plus pendant un moment. C’est toujours par cycles ». Un état de transe nécessaire au rendu de ces tapes hybrides et non-genrées qu’il préfère lâcher en nombre, meilleure façon pour lui de s’exprimer souvent sur long-format que sur maxi, pourtant plus rare dans la musique électronique : « Je trouve ça plus fun de bosser sur des long-formats qui s’écoutent intégralement d’une traite plutôt que de bosser sur un EP de trois titres avec des tracks clubs efficaces ».

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