Emma DJ : toujours plus de limites dépassées avec ce nouvel album

Emma DJ, boss du col­lec­tif parisien Fusion Mes Couilles, défriche tou­jours un peu plus les lignes trop tan­gi­bles de la club music parisi­enne. Son nou­v­el album PZSÅRIASISZSZ sur BFDM en est la preuve, presque inqual­i­fi­able, impul­sif, défini­tive­ment ovniesque.

Emilio alias Emma DJ fait par­ti de cette jeune généra­tion bien décidée à faire autre chose qu’une musique trop gen­rée et éti­quetée, à l’in­star des soirées Fusion Mes Couilles dont il est l’in­sti­ga­teur. Un pro­jet qui rompt avec les stan­dards bien trop étab­lis des soirées parisi­ennes, en appor­tant plus d’au­todéri­sion, plus de sou­p­lesse et de mys­tère, en témoignent ces soirées dans les ware­hous­es ban­lieusardes, où l’an­nonce se fait par bouche-à-oreille, dans la pure tra­di­tion des rave par­ties.

Lorsqu’il ne porte pas la cas­quette de DJ et de boss de Fusion Mes Couilles, Emma DJ fait des tapes, des EP et des albums. Sur PZSÅRIASISZSZ qui sort chez les Lyon­nais de BFDM (The Pilotwings, J‑Zbel, Simo Cell), les sonorités évolu­ent vers quelque chose d’en­core plus dis­tor­du et décousu par rap­port à ses dernières releas­es, Glob­al Phar­ma­ceu­ti­cal, King­dom Era puis l’EP Alvin avec VTSS (juin 2020). PZSÅRIASISZSZ est un ovni musi­cal bien qu’on y retrou­ve ce côté gab­ber, IDM et breaké chiné outre-manche, source d’in­spi­ra­tion pour Emilio. Il en dira sim­ple­ment : « Sur cette sor­tie, j’ai voulu sor­tir de ma zone de con­fort en m’inspirant de nou­veaux gen­res que je n’avais pas encore exploré, tout en gar­dant un univers sonore cohérent mal­gré les change­ments de styles ».

 

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Sor­tir de sa zone de con­fort, cela reflète bien l’é­tat d’e­sprit d’un garçon qui ne se pose pas trop de ques­tions quant à son proces­sus artis­tique, ce disque est un argu­ment de poids : « Rien n’a vrai­ment changé à vrai dire en terme de proces­sus d’enregistrement. Je dirais que celui-ci est peut-être plus ver­sa­tile que celui avec VTSS, mais c’est aus­si dû au fait qu’il y a plus de titres ». Emma DJ bidouille dans sa cham­bre tel un bed­room pro­duc­er en mélangeant les gen­res, livrant une musique instinc­tive et qu’il veut libre d’in­ter­pré­ta­tion : « Je préfère ne pas par­ler de ce pro­jet et laiss­er les gens percevoir la musique comme ils le veu­lent. À par­tir du moment où elle sort, la musique ne m’appartient plus ».

S’il peut faire preuve de détache­ment une fois l’œu­vre sor­tie, l’artiste ne reste pas moins habité, pos­sédé par ses machines en pleine pro­duc­tion : “Tout sort d’un coup, et après je ne pro­duis plus pen­dant un moment. C’est tou­jours par cycles”. Un état de transe néces­saire au ren­du de ces tapes hybrides et non-genrées qu’il préfère lâch­er en nom­bre, meilleure façon pour lui de s’ex­primer sou­vent sur long-format que sur maxi, pour­tant plus rare dans la musique élec­tron­ique : “Je trou­ve ça plus fun de boss­er sur des long-formats qui s’écoutent inté­grale­ment d’une traite plutôt que de boss­er sur un EP de trois titres avec des tracks clubs effi­caces”.

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