En direct d’Astropolis Hiver 2017

Astro n’a pas eu de bol cet hiv­er : Fac­to­ry Floor annule, DJ Stingray rate son avion, la com­pag­nie pro­posant les croisières de l’après-midi fait fail­lite… Autant d’événe­ments indépen­dants de la volon­té du fes­ti­val venant rac­cour­cir une pro­gram­ma­tion qui avait tout pour plaire. Mais Astro ne tient pas debout dans le vent brestois depuis plus de 20 ans pour rien : autour du fes­ti­val gravite une petite famille de fidèles, et eux n’au­raient man­qué l’ap­pel pour rien au monde. En tête ? Manu Le Malin, invité dès la toute pre­mière édi­tion d’As­tro, d’abord dans une rave clan­des­tine, puis l’an­née suiv­ante au parc des Expo de Lori­ent. On con­naît la suite : les organ­isa­teurs, peu sat­is­faits du lieu et plus habitués aux raves en plein air, ren­con­trent Christophe Lévèque, pro­prié­taire du château de Keri­o­let à Con­car­neau. Et le fes­ti­val de débar­quer dans la cour du manoir, sur­veil­lé par les gar­gouilles et le gran­it. Manu suiv­ra. Toute cette mytholo­gie, on la révis­era ven­dre­di soir, alors que le fes­ti­val accueil­lait l’avant-première de Sous le don­jon de Manu Le Malin, le docu réal­isé par Mario Raulin de Sour­dor­eille. Une mise en jambe par­faite, à coup d’hard­core, de tech­no et d’e­sprit rave, avant d’aller faire la fête avec Fati­ma Yama­ha, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un homme, néer­landais. Un live par­fait pour le début de soirée, avec une tech­no douce et toute en finesse. Beau­coup moins déli­cat, Funk­in­even régalera avec quelques tracks acid-techno. Mais l’événe­ment de la soirée sera famil­ial : Robert Hood et sa fille Lyric for­ment le duo Floor­plan, pour une mas­ter­class tech­no, house, voire dis­co, très car­rée. Rien ne dépasse, si ce n’est quelques notes de “I Feel Love” de Don­na Sum­mer, “The Bomb!” de The Buck­et­heads ou “Don’t You Want My Love ?” de Deb­bie Jacobs (ou plus exacte­ment cet edit), clas­siques par­mi les clas­siques… Qui se fre­donneront pen­dant tout le reste du week-end.

©Julio Ifi­ca­da

Le lende­main, shop­ping ! Le cen­tre d’art con­tem­po­rain La Passerelle accueille en effet une foire aux livres musi­caux (trustée par la mai­son d’édi­tion Le mot et le reste) et aux vinyles. De quoi trou­ver quelques petites per­les en zigza­guant entre les enfants venus danser avec Sour­dor­eille pour l’As­troboum, la teuf où on ne prend pas les goss­es pour des idiots fans de Vio­let­ta et où on leur passe du bon son – on en serait presque jaloux. Cela dit, au Quartz quelques heures plus tard, c’est aus­si la fête : Omar Souley­man enflamme la salle. Un quart d’heure de con­cert a suf­fi à se faire lever un tas de gens, qui danseront comme des fous jusqu’à la fin de la presta­tion du chanteur syrien ayant démar­ré dans les mariages. La recette est sim­ple certes (il chante en arabe sur de la Dab­ka mod­ernisée), mais hyper effi­cace quand on veut faire la fête.. Sans trop se pren­dre la tête. L’in­verse de Zom­bie Zom­bie en somme : le trio a livré comme à l’ac­cou­tumé un live psy­chédélique, porté par deux bat­ter­ies et les impro d’E­ti­enne Jaumet. Planant. On enchaîn­era ensuite avec Hele­na Hauff et un char­mant “D.K.” d’Adam Bey­er, remixé par Jes­per Dahlbäck (sor­ti sur son label Drum­code en 2000 déjà !). Elle va vite, très vite : dans les 160 BMPs, l’Alle­mande frôle la hardtech, con­cocte des enchaîne­ments courts et fait mon­ter de quelques degrés l’air de la Carène. De l’autre côté de la rue, à La Suite, s’af­fairent François K, Joe Claus­sell et Dan­ny Kriv­it, pour un B2B2B d’ex­cep­tion his­toire de fêter les 20 ans de la légendaire mai­son house Body & Soul. Mais la star du week-end, c’est The Dri­ver, aka Manu Le Malin quand il s’adonne à ses nou­velles amoures tech­no. Une intro tech­no, le nou­veau titre “Lis­ten” de Louisah­hh et Mael­strom sur RAAR… Et on perd le fil tant Emmanuel Dauchez nous emmène dans son univers de tech­no som­bre, ciné­matographique (on touche bien sûr plus à L’Ex­or­ciste qu’à Oui-Oui), et ce jusqu’à qua­tre heures du matin. Alors certes La Carène n’est pas son don­jon, mais Manu nous tout de même a embar­qué dans sa crypte, là où les murs ruis­sel­lent de sueur, où le sol colle de bière et où les pieds et les poings martè­lent en rythme. A Astro quoi.

Meilleur moment : observ­er Lyric Hood com­mencer à se lâch­er et danser sous les yeux ten­dres de son père.
Pire moment : Pas de croisière cette année… Snif…

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