En direct de l’Oasis Festival au Maroc

Viens à Mar­rakech, il y aura une piscine et Jeff Mills, voilà com­ment en quelques mots vous mar­quez l’Oasis Fes­ti­val en rouge dans votre agen­da. A cha­cun sa ren­trée et pour se remet­tre de celle-ci, un tour par la Ville rouge sem­ble par­ti­c­ulière­ment recom­mandé. Pour sa deux­ième édi­tion, l’évènement change de lieu (The Source) mais pas de con­cept. Une pro­gram­ma­tion à la hau­teur d’un fes­ti­val de plusieurs dizaines de mil­liers de per­son­nes, mais répar­tie sur deux scènes, au milieu d’un hôtel. Des grands noms, mais aus­si des ren­con­tres puisque c’est Jack Lang que l’on retrou­ve à l’entrée du fes­ti­val, après avoir croisé Jean-Louis Bor­loo à l’aéroport. Méfiez-vous des soirs de pleine lune. Nos pre­miers pas dans le fes­ti­val passeront par l’arène, une scène entourée de pier­res et de cac­tées sur laque­lle trône alors David August. Mais pour des sets de glad­i­a­teurs, con­traire­ment aux apparences, c’est bien vers la piscine qu’on se dirige et la force brute affichée par Bicep, puis Dixon.

The Are­na. Crédit : Yassir. 

Le lende­main, c’est peu dire que The Black Madon­na nous a retourné, c’était facile, on ne résiste pas à Lady Of Sor­rows. La gérante du club, de l’institution, Smart Bar à Chica­go peut bien nous dire qu’il lui arrive régulière­ment de se couch­er à 22 heures, son set disco-house nous a lui lancé pour con­tin­uer jusqu’au matin. Un exer­ci­ce facil­ité par le duo ital­ien de Tale Of Us, tou­jours aus­si pop et effi­cace et qui nous quit­tera sur un déluge de bass­es avant de laiss­er la place à Der­rick May. L’un des pères fon­da­teurs de la tech­no Made in Détroit prof­ite de la rampe de lance­ment, pour étir­er la nuit avec un set labyrinthique qui nous fera tenir jusqu’à 8h.

Hele­na Hauff. Crédit : Lah­cen Mellal

Rien de mieux sinon pour oubli­er le blues du dimanche soir qu’un début de soirée avec MCDE der­rière les platines, plus rares, ses sets sont aus­si plus effi­caces. On y entend aus­si bien un remix de Lar­ry Lev­an qu’un mélange soul-funk français avec “San­to Domin­go” de Crys­tal. Alors que le soleil est déjà couché et que les nageurs ont quit­té la piscine, Jen­nifer Car­di­ni rem­place Blawan au pied levé, ce qui a égale­ment pour effet de faire pass­er Hele­na Hauff sur la grande scène. On s’occupe de faire la liai­son avec le set de l’allemande, les deux DJs nous grat­i­fient de titres sem­blant nous amen­er dans un b2b à dis­tances, même si les sons ori­en­taux aurons fait pencher la bal­ance vers la française. Devant les cadavres de bouées et un pub­lic bien plus clairsemé que la veille, Hele­na Hauff passe la main à Jeff Mills sur la grande scène. Le sor­ci­er se charge de nous rac­com­pa­g­n­er à la porte en tra­ver­sant une forêt de rythmes poin­tus et aux sons abstraits venant se rejoin­dre har­monieuse­ment à l’aide de sa Roland TR-909. La légende sonne l’alarme avec “The Bells” et il est temps déjà temps de ren­tr­er. Au final, si une chose est sûre au sor­tir de cette deux­ième édi­tion du fes­ti­val, c’est qu’il y a défini­tive­ment une demande et un pub­lic pour de tels évène­ments sur le ter­ri­toire maro­cain. On s’en réjouit d’autant plus qu’on serait bien ten­té de rester, pour les accompagner.

Meilleur moment : Jack Lang, évidem­ment.
Pire moment : Quand le taxi vous dépose à 7 kilo­mètres du fes­ti­val car il ne con­nait pas l’adresse.

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