En direct de… Nuits Sonores 2015, épisode 3.

Les jours se suiv­ent mais ne se ressem­blent pas tant les décou­vertes sont nom­breuses : voilà com­ment décrire rapi­de­ment Nuits Sonores après ce troisième jour de festivités. 

La météo, capricieuse à souhaits a beau faire pleu­voir des trombes d’eau sur Lyon, le pro­gramme s’annonce radieux pour les technophiles. Et une fois n’est pas cou­tume, La Sucrière est la pre­mière étape de notre journée. Les fes­tiv­ités com­men­cent sur les cha­peaux de roue autour de la scène Curat­ed by John Tal­abot. Sur place Barnt s’occupe du warm-up et ambiance tran­quille­ment la foule. Son style min­i­mal­iste à l’extrême est par­ti­c­ulière­ment appré­cié, le pub­lic se masse rapi­de­ment face à la scène. En Dj set, son sens de la mélodie est aus­si appré­cia­ble que sur ses pro­duc­tions, il cul­tive l’art de faire beau­coup avec pas grand chose. Peu de pistes mais beau­coup d’é­mo­tions. Dans la salle voi­sine, Lena Wil­likens est déjà bien cam­pée der­rière ses platines. Aus­si sin­gulière que son com­pa­tri­ote, l’Allemande grat­i­fie le pub­lic d’un set éclec­tique allant de l’acid à la deep house en pas­sant par la tech­no et clôt même sa presta­tion sur un morceau épique, sorte de remix de May­hem. Signe de tal­ent, elle laisse le pub­lic en manque, nous compris.

Sur l’esplanade de la Sucrière, Awe­some Tapes From Africa fait oubli­er la morosité météorologique à grand ren­fort de rythmes africains. Pen­dant ce temps, le dis­cret Ricar­do Tobar se pro­duit sur événe­ment par­al­lèle organ­isé par Infiné Music à quelques cen­taines de mètres de là, en bord de Soane. Son set house mil­limétré nous con­forte dans notre déci­sion de le faire appa­raître dans notre numéro 82. 

La pluie est tou­jours aus­si forte et s’abriter devient alors une néces­sité. Retour donc à la case départ, La Sucrière où nous assis­tons à un spec­ta­cle peu com­mun : un con­cert de Niños Du Brasil. Un groupe tout à fait con­ceptuel qui a décidé de jouer du noise rock avec des instru­ments issus d’une Batu­ca­da brésili­enne. Orig­i­nal et extrême­ment effi­cace quand il s’agit de met­tre le feu à une scène, an pub­lic et en gros de tout cass­er. Un peu comme si le car­naval de Rio était organ­isé par des punks. Jouis­sif ! Au même moment,  John Tal­abot voy­ant son vol annulé, il décide de décaler son set d’une demi heure. Tant mieux pour nous, le choix entre le patron d’Hivern Discs et André Brat­ten, notre chou­chou Norvégien décou­vert à By:Larm en févri­er dernier aurait été cornélien. Grâce à Air France, tous deux nous réga­lent dans des styles bien dif­férents : tech­no glaciale pour l’un, house fil­trée pour l’autre. 

La nuit vient de tomber, la foule se déplace vers l’ancien marché de gros, lieu his­torique du main event des Nuits Sonores et trou­ve pour l’accueillir notre Dj Deep nation­al. Avec un set tech­no de 3 heures sans trop de relief, le frenchie nous pousse vers la halle 3 pour assis­ter au con­cert de Jes­si­ca 93, le one-man-band de Geoff Laporte signé chez Teenage Menopause et Music Fear Satan . Seul sur scène, il est l’auteur d’une per­for­mance post-punk des plus impres­sion­nantes. Assisté d’une sim­ple boite à rythme il enreg­istre tour à tour des boucles de gui­tare et de basse et joue avec, les empiles, les retires… Un spec­ta­cle apoc­a­lyp­tique fait de larsens et d’effets en tout gen­res qui nous met bien en jambes pour le set de Moody­mann. House, tech­no, funk, rap, Motown, comme à son habi­tude, l’homme de Détroit nous offre un set éclec­tique et attire à lui seul une bonne par­tie du pub­lic du fes­ti­val vers la Halle n°1. 

La suite est prise par le back to back événe­ment de la soirée : Carl Craig feat “Mad” Mike Banks. Comme prévu les deux légen­des de la scène tech­no orig­inelle de Détroit créent une qua­si émeute dans le pub­lic. Durant 3 heures, la joie et les débor­de­ments cohab­itent, cer­taines per­son­nes se sus­pendent même aux boules à facettes accrochées au pla­fond. Mais la véri­ta­ble bonne sur­prise a lieu au même moment du côté de la halle n°3. Arrivés par curiosité lors du sound­check de Pal­ma, nous ne décol­lons finale­ment pas du pre­mier rang durant l’intégralité de leur live. Nous ne con­nais­sions pas ce crew de lyon­nais à mi-chemin entre label et pro­mo­teurs et Djs mais ils fig­urent désor­mais sur la liste de nos bonnes décou­vertes. Avec une tech­no noire et onirique tein­tée de hard­core, ils nous ont séduits. Sans aucun doute notre coup de cœur du jour 3. 

A vous les studios !

 

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